La bioéconomie - Julien Dugué (DGPE)

L’humanité fait aujourd’hui face à un double enjeu : diminuer sa dépendance au carbone fossile tout en assurant l'alimentation et les besoins primaires de 9 milliards d'habitants à l'horizon 2050. Les filières du vivant regroupées par la bioéconomie apparaissent comme une des réponses attendues. Julien Dugué, chargé de mission bioéconomie et bioproduits (Service Développement des filières et de l’emploi - DGPE) nous explique en quoi consiste cette filière et quels en sont les enjeux. Avec comme ligne de mire, la création d’une stratégie nationale bioéconomie par le MAAF, accompagné par les ministères de l'économie, de l'environnement et de la recherche.

La bioéconomie rassemble l'ensemble des activités de production et de valorisation des bioressources, menées dans un objectif de durabilité, pour la production de biens et de services. Avec près de 80% de la superficie métropolitaine consacrée à la production agricole ou forestière, la bioéconomie structure fortement la gestion et la physionomie des territoires français, et joue donc, et de façon historique, un rôle prépondérant dans la production de nos paysages et dans l'état et la gestion des milieux. Avec près de 2 millions d'emplois, elle représente 6,8% de la population active, dont une grande majorité dans les secteurs agricole et agroalimentaire. La bioéconomie produit la quasi-totalité de l'offre alimentaire et contribue partiellement au mix énergétique (environ 5% du bouquet énergétique national, et plus de la moitié de la production d'énergie renouvelable) et aux usages matériaux (contribution estimée entre 5 et 10% au mix matière de ces secteurs). Elle représente donc un secteur d'activité majeur dans les territoires et l'économie française.

L’importance de la bioéconomie est reconnue au-delà de nos frontières et fait aujourd’hui l’objet d’une forte attention par les pouvoirs publics. Ainsi, en 2012, la Commission européenne a proposé une stratégie européenne : « Innover pour une croissance durable : une bioéconomie pour l'Europe » avec notamment un partenariat public-privé dédié aux Bio-based industry. D’autres Etats-membres comme le Danemark, la Finlande, l'Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas ou encore le Royaume-Uni ont également mis en place des stratégies de structuration de leur bioéconomie.

En France, le MAAF est depuis longtemps engagé dans cette voie en soutenant de nombreuses filières comme le biocarburant et les biomasses forestières, mais l’objectif est aujourd’hui d’aller plus loin en mettant en place une stratégie nationale. Cette stratégie nationale bioéconomie vise ainsi à mieux coordonner ses politiques publiques, à créer des connexions entre les secteurs et à générer des projets à l'échelle des territoires. Les travaux engagés doivent permettre d'aboutir à un document finalisé d'ici mi-2016. Á terme, les enjeux de la bioéconomie sont de fournir des biens et des services issus de ressources renouvelables de façon durable en limitant les impacts sur l’environnement, de fournir des services éco-systémiques, de contribuer à relever le défi climat et valoriser les potentiels des territoires.

Infographie : La bioéconomie, une approche nouvelle pour des solutions durables

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