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FocusVET 2011 - Être vétérinaire aujourd’hui

Jean-Luc Angot : La science vétérinaire, une excellence française

22/03/2011

L’année mondiale vétérinaire met la France à l’honneur, car c’est dans notre pays que cette profession est née, en 1761, pour « guérir les maladies à bestiaux » et lutter contre la peste bovine. Quels sont aujourd’hui les métiers des vétérinaires ? Explications avec Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de l’alimentation au ministère de l’agriculture , et à ce titre chef des services vétérinaires.

©Min.Agri.Fr

Pourquoi choisir le métier de vétérinaire ?

Jean-Luc Angot : Ce métier offre une grande diversité de débouchés, praticien rural et canin bien sûr, mais aussi des fonctions dans les industries agroalimentaires et pharmaceutiques, la recherche, l’enseignement, et l’administration ! Les sciences vétérinaires sont passionnantes, fondées notamment sur le développement de l’analyse comparative et la démarche diagnostique. « La médecine de l’homme est utile à celle du cheval et réciproquement », expliquait déjà Claude bourgelat, écuyer et avocat du roi Louis XV, et créateur en 1761 de la profession de vétérinaire. Les écorchés de Fragonard symbolisent bien ce concept du continuum entre la médecine vétérinaire et la médecine humaine : au niveau anatomique, ils permettent de voir qu’un cheval et un homme, c’est pareil !

Quel est le lien entre santé des animaux et santé des hommes ?

J.L. Angot : Né pour soigner les animaux, le vétérinaire s’est peu à peu intéressé aux maladies transmissibles à l’homme (zoonoses), puis à celles transmissibles par le biais de l’alimentation. La notion de sécurité sanitaire de l’alimentation est née au xIxe siècle. Aujourd’hui 60% des maladies de l’homme sont d’origine animale, c’est dire l’actualité de la conception française originelle du lien santé animale/santé humaine ! Les vétérinaires jouent un rôle de préservation de la santé des hommes au travers de celle des animaux, en somme de santé publique. Les services vétérinaires sont reconnus par la banque mondiale comme un bien public international depuis 2001 et doivent, à ce titre, constituer une priorité en termes d’investissements publics. Les pays en développement sont aidés pour développer, voire mettre en place leurs services vétérinaires, sur la base de normes de gouvernance et de qualité fixées par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

En quoi la France est-elle un modèle en matière de santé publique vétérinaire ?

J.L. Angot : La France est reconnue pour la qualité de sa formation et pour l’excellence de son dispositif sanitaire dans lequel les vétérinaires jouent un rôle primordial. notre approche est globale : des contrôles sont effectués par les services vétérinaires sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. dans d’autres pays, agriculture et alimentation-santé sont cloisonnées, alors que la vision globale est importante ! Il est utile, lorsqu’on inspecte des viandes dans un abattoir, de savoir ce qui s’est passé au sein de l’élevage et durant le transport.

Comment s’organise la surveillance sanitaire ?

J.L. Angot : Grâce aux “sentinelles” que sont les vétérinaires et les éleveurs, notre organisation repose sur un réseau de surveillance très performant qui permet de détecter précocement les foyers de maladie et de réagir très rapidement. Sans oublier que lorsqu’on dépense 1 euro en prévention, il en faudrait 5 une fois la crise déclarée. et cette culture vétérinaire française s’exporte : elle est
reprise en partie au niveau communautaire ainsi que dans la politique de l’OIE, créée à Paris en 1924 et dont le directeur général, Bernard Vallat, est français.

Quels sont les enjeux de ce début de siècle ?

J.L. Angot : Les changements climatiques et la mondialisation des échanges font apparaître de nouvelles maladies. notre dispositif est performant, mais il doit s’adapter à ces nouveaux défis. C’est
tout l’enjeu des états généraux du sanitaire qui se sont tenus en 2010 et ont découlé sur un plan en 40 actions, dont la création d’une plateforme d’épidémiosurveillance pour renforcer encore le dispositif de prévention, la rénovation du mandat sanitaire des vétérinaires, le mode de gouvernance et la reconnaissance de la pratique de quelques actes vétérinaires par les éleveurs, en tant qu’infirmiers de leurs élevages (certaines vaccinations par exemple). Au niveau international enfin, les normes de qualité doivent être appliquées, dans la formation et la pratique, car n’oublions pas que dans certains pays un mauvais vétérinaire peut être un danger public…

Consulter notre focus consacré aux Etats généraux du sanitaire, en 2010

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