Inde

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

  • Puissance agricole majeure, l'Inde possède la 4e surface agricole au monde.
  • Si la part de l'agriculture dans le PIB est en baisse, passant de 30% en 1990-91 à 17,8% en 2014, l’agriculture demeure le premier employeur du pays (54% des actifs). Un peu plus de 600millions d’Indiens dépendent directement ou indirectement de ce secteur.
  • L’Inde est le premier producteur mondial de lait (avec paradoxalement une productivité laitière faible), et le second pour le blé, le riz, le coton, le sucre, le thé ou les fruits et légumes. De plus en plus présent sur les marchés mondiaux, ce pays est également le 1er exportateur de riz, de viande bovine et d’épices.
  • L’Inde doit nourrir 17,5% de la population mondiale avec moins de 4% des ressources mondiales en eau et 4% des terres agricoles. La sécurité alimentaire reste un enjeu essentiel dans un pays comprenant près de 190 millions de personnes en situation de sous-alimentation.
  • Au cours de l’année 2013, l’Inde a adopté la loi, dite Food Security Act, le plus grand programme de distribution alimentaire au monde, bénéficiant à près de 820 millions d’individus.
  • La productivité reste le talon d’Achille de ce secteur : des rendements faibles, une mécanisation peu développée, une taille moyenne d’exploitation très réduite, à peine supérieure à 1ha (1,16ha en 2011).
  • Au-delà de la dépendance à la mousson, qui contribue en moyenne à 80% des précipitations annuelles, l’agriculture indienne est susceptible d’être fortement affectée par les effets du changement climatique dans l’hypothèse d’une élévation de la température au-dessus de 2°C.
  • L’Inde se distingue par des droits de douane élevés (pour les produits agricoles, le droit moyen appliqué au stade du dédouanement est de 46,1% ad valorem) et de nombreuses restrictions à l’importation des produits agricoles et agroalimentaires.

Production agricole

  • L'Inde, géant démographique, politique et économique, mais aussi agricole

L’agriculture a un poids économique et social considérable. Près de 70% de la population vit en zone rurale. L’agriculture, qui reste le principal employeur du pays, concentre 54% de la force de travail. Sa contribution au PIB est cependant en diminution (17,8% en 2014 contre 30% en 1990- 91), ce qui traduit des gains de productivité inférieurs à ceux des autres secteurs de l'économie.

L’Inde possède la quatrième surface agricole mondiale. La surface agricole utile (SAU) est de 180,2Mha, dont 160 Mha cultivés, surface stable depuis quatre décennies. Son intensité culturale (deux cultures par an sur une même parcelle) est élevée (140,5%). Selon le dernier recensement (2013), l’Inde dispose du plus grand troupeau bovin du monde : 298,4millions de bovins (dont 105,3 millions de buffles).

Outre les produits animaux, la diversité des conditions agroclimatiques en Inde offre un potentiel pour la production tout au long de l’année d’une très grande variété de produits tempérés et tropicaux : céréales, oléagineux, protéagineux, canne à sucre, fruits et légumes, épices, thé, café, coton, etc..

En matière agricole, l'Inde est le premier producteur mondial en 2014/2015 de nombreux produits, notamment le lait (146Mt), les protéagineux (lentilles, pois chiches, etc.) (17,2Mt), les bananes (27Mt) le coton (6Mt) et les épices (6,1 Mt).

L'Inde est également le deuxième producteur mondial de riz (104,8Mt), blé (88,9Mt), sucre (28,3Mt) et thé (1,2Mt).

Néanmoins, les rendements de pratiquement toutes les cultures et des productions animales restent faibles, inférieurs à ceux des principaux pays asiatiques (28,7qtx/ha pour le blé, 23,9qtx/ha pour le riz et 1290L de lait/vache/an).

A cet égard, l’agriculture indienne est très majoritairement une agriculture familiale caractérisée par des exploitations de petite à très petite taille : 65% des exploitations auraient moins de 1ha et un grand nombre sont en économie de subsistance. Seules 4,5% d'entre elles exploitent plus de 4ha.

La croissance de la production agricole demeure très variable, en fonction notamment du régime des pluies de mousson. Après deux moussons favorables, en 2012/13 et en 2013/14, le taux de croissance du secteur agricole s’est établi respectivement à 5% et 4,6%. En revanche, à la suite de deux sécheresses consécutives, il s’est contracté de 0,2%, en 2014/15 et n’a atteint que 1,1% en 2015/16.

D’une manière générale, alors que l’Inde enregistre des taux élevés de croissance du PIB, le secteur agricole progresse à un rythme sensiblement inférieur. Au cours de la dernière décennie, l’écart de croissance entre le secteur agricole et les autres secteurs d’activités a conduit à un creusement des inégalités entre le monde rural et le monde urbain.

  • Un secteur agroalimentaire naissant et en forte croissance

En dépit d’un secteur agricole considérable, l’Inde reste un acteur marginal du point de vue de l’industrie agroalimentaire. La faible part de la production transformée dans quelques secteurs est révélatrice : 2,2% pour les fruits et légumes, 6% pour les volailles, 35% pour le lait. En moyenne, le taux de transformation des produits agricoles se situe autour de 35%, ce qui demeure bas en comparaison des autres pays émergents.

La demande intérieure de produits agricoles et agroalimentaires est cependant en forte hausse, à hauteur de 10% par an (en valeur). à la croissance démographique annuelle s'ajoute en effet l'accroissement d'une classe moyenne aux revenus plus élevés, dont les habitudes de consommation évoluent (moins de céréales, plus de lait, de viande et de fruits et légumes).

Pour répondre à ce besoin émergent, un fort développement des industries agroalimentaires est attendu dans les prochaines années. Il est cependant freiné par de multiples contraintes concomitantes : l’absence de structuration des filières agricoles, un circuit de commercialisation opaque faisant intervenir de nombreux intermédiaires, des infrastructures de transports mal adaptées, le manque d’équipements essentiels comme la chaîne du froid, les procédés d’emballage ou les capacités de stockage, ainsi que les obstacles à l'investissement direct étranger, particulièrement dans la grande distribution.

Le secteur le plus dynamique aujourd’hui est celui des produits laitiers avec une croissance annuelle de l’ordre de 15%, qui répond à une demande interne soutenue. Parmi les produits transformés, les produits laitiers constituent le deuxième poste de consommation des ménages (16% du budget alimentaire) après les céréales (31%). Ils constituent une des sources de protéines principales pour la population indienne dont une grande partie est végétarienne (environ 40%).

Les alcools constituent un autre segment des produits transformés dont la croissance est vigoureuse. L’Inde est aujourd’hui le troisième marché mondial des spiritueux en volume, après la Chine et la Russie. Au cours de la période 2005-2013, la taille de ce marché a crû à un rythme annuel moyen de 11%. Une expansion significative de ce marché est prévue à moyen terme puisque, au cours des 4 à 5 prochaines années, la population en âge de consommer légalement de l’alcool (25 ans révolus) devrait augmenter de 150 millions d’individus. Quant au vin, bien qu’il ne représente que 2% de la consommation de boissons alcoolisées, il connaît une augmentation annuelle de près de 15%. Estimée à 2,36 millions de caisses en 2013, la consommation de vin est concentrée à 90% dans les grandes villes et les zones touristiques, soit Delhi, Bombay, Goa et Bangalore.

Politique agricole

Depuis l'indépendance en 1947, la ligne directrice de la politique agricole indienne est la recherche de l’autosuffisance alimentaire. Les actions menées dès les années 1960 (révolution verte avec introduction d’engrais et de semences à haut rendement, plans d’irrigation et révolution blanche dans l’industrie laitière) ont permis d'augmenter fortement la production (triplement de la production céréalière depuis 1950) et ainsi de satisfaire la demande du pays, malgré une forte croissance démographique.

Le gouvernement joue un rôle prépondérant dans le fonctionnement, le soutien et la régulation du secteur. Il intervient par des subventions, d’enveloppes pour les investissements dans les infrastructures d’irrigation, par la fixation des prix (prix minimum de soutien pour les principaux produits agricoles de base) et par l’achat public de céréales pour la constitution de stocks de sécurité alimentaire.

La mise en oeuvre de cette politique se double d’un contrôle des exportations et des importations d’un certain nombre de produits agricoles. Les droits de douanes sont le principal instrument utilisé. Si des tarifs élevés protègent les productions domestiques (par exemple 60% pour le sucre et le lait en poudre), des droits nuls sont appliqués pour ne pas pénaliser les industries de transformation (soie brute ou coton) ou la consommation des ménages (huiles végétales et protéagineux). Il existe par ailleurs de nombreux produits dont l’exportation est interdite (les graines de légumineuses par exemple), soumise à licence ou contingentée.

Le budget fédéral 2016-17 consacré à l’agriculture et aux secteurs associés (soit l’agriculture, l’agro-alimentaire, le programme d’achat et de distribution alimentaire, la subvention aux engrais et les enveloppes pour l’irrigation) s’élève à 33,3Md€ et représente 12,6% du budget national.

Les principaux postes du budget agricole sont:

  • le programme de distribution publique alimentaire (17,9 Md€) ;
  • les subventions aux engrais (9,2 Md€) ;
  • le programme national de développement agricole (Rashtriya Krishi Vikas Yojana – RKVY) qui vise à renforcer l’engagement des États dans le secteur agricole par le cofinancement de projets (720 M€) ;
  • le programme d’aide aux projets d’irrigation (300 Md€).

Adoptée en septembre 2013, la loi relative à la sécurité alimentaire (Food Security Act) institue le plus vaste programme d’aide alimentaire au monde, bénéficiant à 67% de la population indienne (75% en milieu rural et 50% en zone urbaine), soit quelque 820 millions de personnes. Ce texte confère un droit uniforme et personnel à acheter 5 kg de céréales par mois au tarif subventionné de 0,04€/kg pour le riz, 0,026€/kg pour le blé et 0,013€/kg pour les céréales secondaires comme le millet. Ce dispositif prévoit également la distribution gratuite de repas pour les enfants jusqu’à 14 ans et les femmes enceintes. Destinée à éradiquer la faim en Inde, qui reste un défi majeur, la réforme repose sur l’achat, le stockage et la distribution de près de 62Mt de céréales. De ce point de vue, elle induit un subventionnement majeur au secteur agricole par l’intervention publique sur le marché aux prix de soutien (minimum support prices). Les valeurs de ces prix ont sensiblement augmenté au cours des dix dernières années (+126% pour le blé et +142% pour le riz entre 2004-05 et 2014-15), ce qui pose aujourd’hui le problème de la compatibilité de ce soutien avec les disciplines agricoles de l’Organisation mondiale du commerce.

L’amélioration de l’accès au crédit pour les agriculteurs constitue également un axe important du budget 2016-17 grâce au relèvement du plafond des crédits octroyés par les banques au secteur (119,4Md€) et à un système de bonification des prêts (subvention publique de l’ordre de 1,9Md€). L’Inde a d’ailleurs fondé sa politique agricole sur des services financiers aux producteurs tels que l'assurance récolte ou les micro-crédits, conçus comme des mécanismes de gestion des risques à la production.

En parallèle, plusieurs programmes sectoriels, qui visent à orienter la production, à développer les rendements, mais aussi à faire face à l’inflation alimentaire, ont été récemment lancés :

  • Le programme dit de « sécurité alimentaire » destiné à augmenter les rendements des céréales et des protéagineux (226 M€);
  • Le programme de développement de l'horticulture (216 M€).
  • Le programme national en faveur de l’élevage (168 M€).

D’une manière générale, l’activité d’élevage est comparativement très peu subventionnée. Les crédits du Department Animal Husbandry, Dairing and Fisheries s’élèvent seulement à 249M€.

La transformation des produits agricoles constitue une priorité du gouvernement. Un ministère de plein exercice est dédié aux industries agroalimentaires depuis 2014. Celui-ci est doté de crédits d’intervention spécifiques, encore modestes, qui atteignent 84M€. Des subventions visent à promouvoir les investissements dans les infrastructures, le domaine de la chaîne du froid, la modernisation des équipements de transformation agroalimentaire et l’amélioration de la qualité. Ces fonds soutiennent en outre la création de Mega Foodparks, centres multifilières de collecte, de stockage et de transformation des produits agricoles.

Le budget de la recherche agronomique indienne fait l’objet d’une attention particulière et connaît une progression régulière. En 2016-2017, il a cru de 18% par rapport à l’année dernière pour s’établir à 870M€. La « Vision 2030 » développée par l'ICAR (Indian Council of Agricultural Research) en explicite les enjeux (amélioration des ressources génétiques et développement des biotechnologies, gestion des ressources naturelles et du risque biologique, diversification de l'agriculture, transfert de technologies, management efficace de l'énergie et des sous-produits en agriculture, etc.). L'ICAR dispose de 100 instituts et centres de recherche affiliés et de 70 universités agricoles, avec un effectif total de 30000 chercheurs.

Au-delà de ces programmes, l'agriculture indienne devra faire face à des défis importants à l'avenir. En particulier, l'objectif de nourrir 230 millions de personnes supplémentaires en 2025 dépend directement de la capacité à intégrer dans ces politiques les enjeux environnementaux, en premier lieu la gestion durable de l'eau, la réduction de la dépendance aux énergies fossiles pour la production d'engrais et l'anticipation des effets du changement climatique. Pour préparer l’adaptation au changement climatique, le ministère de l’agriculture dispose d’une ligne budgétaire visant à financer les actions s’inscrivant dans les objectifs de la National Mission for Sustainable Agriculture (146 M€).

Enfin, l’Inde met en place une politique de développement rural très ambitieuse destinée à renforcer les infrastructures et à consolider l’emploi dans les territoires ruraux. En effet, pour faire face au creusement des inégalités entre monde rural et monde urbain et au sous-emploi des travailleurs agricoles comme des petits agriculteurs, le gouvernement a lancé un programme national de garantie d’emploi en milieu rural (Mahatma Gandhi National Rural Employment Guarantee Act) qui a pour objectif de fournir 100 jours d’emplois par an à toute famille rurale.

Echanges commerciaux

  • L’Inde et le commerce international de produits agricoles et agroalimentaires

L’Inde, bien que troisième producteur mondial de produits agricoles, est un acteur encore mineur du commerce international. Selon une logique d’autosuffisance, sa production agricole est d’abord orientée vers le marché intérieur. Ce constat évolue cependant peu à peu à la faveur du développement d’une politique d’exportation (levée des interdictions d’exporter et mise en place d’agences de promotion), qui s’appuie sur une plus grande diversification des produits exportés.

La part des exportations agricoles indiennes dans les exportations mondiales s’établit à 2,46% en 2014, mais elle est en progression sensible en comparaison avec le début des années 1990 où elle ne représentait que 0,8%. En 2013-14, la part des produits agricoles dans le total des exportations indiennes représentait près de 10,30%. En valeur, les exportations agricoles ont plus que doublé, passant de 15Md€, en 2010-11, à près 28,6Md€ en 2015. La structure des exportations se modifie également : les cultures traditionnelles d’exportation, à l’instar du thé (1,6% des exportations totales agricoles en valeur), du café (1,8%), du sucre (2,8%), des épices (6,2%) et des noix et graines (4,6%), sont surpassées par des filières aujourd’hui très dynamiques et qui n’étaient pas ou peu présentes sur le marché mondial il y a dix ans, comme la gomme de guar (4,5%), le riz (Basmati et non Basmati) (18,2%), les viandes et leurs dérivés (10,5%) ou le blé (3,6%). L’Inde figure aujourd’hui parmi les principaux acteurs du marché mondial des viandes bovines à travers l’exportation de viande de buffle, qui est devenue en peu de temps une véritable filière d’exportation. L’évolution des flux est considérable : les exportations ont cru de +176% en 10 ans entre 2004/05 et 2013/14.

A l’inverse, ce pays fait peu appel aux importations au regard de la taille de sa population. En 2015, la valeur des produits agricoles dans le total des produits importés par l’Inde est de 18,9Md€. Le profil des importations agroalimentaires indiennes se résume de la manière suivante : un volume faible, très peu de produits préparés et une concentration (64,5%) sur deux produits de base - les huiles végétales (7,35Md€ en valeur) et les légumes secs (1,37Md€).

L’Inde se distingue aujourd’hui par une position d’exportateur de produits agroalimentaires , avec en 2015 un excédent commercial de 9,7Md€, en diminution cependant par rapport à 2013-2014, en raison du contexte de baisse des prix agricoles et de repli de la demande mondiale ; l’origine indienne apparaît moins compétitive.Il n’est pas certain que l’Inde pourra maintenir intacte sa capacité d’exportation face à l'augmentation de la demande alimentaire intérieure due à l'explosion démographique.

  • Le commerce bilatéral

Les exportations françaises de produits agricoles et agroalimentaires vers l’Inde sont modestes, inférieures à 100 M€ en moyenne au cours des 5 dernières années.

Néanmoins la tendance actuelle de ces flux est nettement à la hausse. Au cours de l’année 2015, nos exportations agricoles et agroalimentaires ont totalisé 110M€. Il s’agit d’un record ; la meilleure année était précédemment 2011 avec 86 M€. Les postes «produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture» et des «produits des industries agroalimentaires » ont été en hausse respectivement de 286,1% et 69,2%. Cette performance s’explique en grande partie en raison de la bonne tenue de nos exportations de blé et de légumineux (pois) qui représentent 32 M€ contre 0,26 M€ en 2014. Classiquement, la composition des exportations françaises s’articule autour de quatre grands postes : les vins et spiritueux (16% en 2014), les produits laitiers (17%), l’alimentation animale (13%) et les céréales en incluant les protéagineux.

Le commerce bilatéral avec l’Inde est marqué par une balance structurellement défavorable à la France. Le solde était négatif, à hauteur de 463 M€ en 2014. Le déficit pour l’année 2015 est en recul, à 418 M€. En provenance d’Inde, la France importe principalement des huiles et graisses (33% du total en 2014) et des produits de la mer (28%) à l’échelle européenne, la balance a le même profil : l’Inde exporte en valeur 6 fois plus de produits agroalimentaires vers l’Europe que cette dernière vers l'Inde.

Au-delà de la protection tarifaire du marché agricole indien, ce déséquilibre des échanges s’explique par l’existence d'entraves non-tarifaires, qu'il s'agisse de réglementations restrictives appliquées à la plupart des fromages d’appellation, aux viandes, à la charcuterie crue, aux champignons ainsi qu'aux eaux minérales ou de procédures d’importations lentes et complexes.

L’accès au marché pour les vins et spiritueux concentre de nombreuses barrières. Outre les droits de douane, particulièrement élevés, s’appliquent localement une fiscalité et des règles restrictives (prohibitions dans certains États, licences, fixation de prix maximum, etc.). Combinés, les droits de douane et les taxes locales peuvent atteindre un équivalent ad valorem de près de 500%.

Principales implantations, agricoles et agroalimentaires, commerciales ou industriel les françaises en Inde : Axéreal, Berthoud, Ceva, Danone, Hubbard, Gell Fish, Igreca, In Vivo, IMV, Kuhn, Lactalis, Lesaffre, Limagrain, Louis Dreyfus, LVMH, Naturex, Nutrivita, Mane, Meilland, Moët Hennessy, Olmix, Pernod Ricard, Roquette, Royal Canin, Savencia, Serap, Sidel, Sersia, Sodexo, Soufflet, Vetoquinol, Vilmorin, Virbac.

Accords internationaux

  • L’Inde à l’OMC

Au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Inde fait partie du G33 de l’OMC, groupe des pays en développement (PED) « intermédiaires » dont l’objectif principal est, au nom du traitement spécial et différencié en faveur des PED, de maintenir une protection de leur marché agricole, mais également d’obtenir une meilleure prise en compte de la sécurité alimentaire. A cet effet, lors de la 9e conférence ministérielle de Bali, en décembre 2013, l'Inde et les pays du G33 ont obtenu une dérogation qui engage les États membres à ne pas attaquer devant l'organe de règlement des différends (ORD) les programmes de stockage public à des fins de sécurité alimentaire, qui iraient au-delà des plafonds admis (règle de minimis). En conditionnant son ralliement à l'Accord sur la facilitation des échanges, l'Inde a obtenu que cette clause de paix (peace clause) reste en vigueur jusqu'à ce qu'une solution définitive soit trouvée. L'objectif est de le faire à la prochaine conférence ministérielle de l'OMC en 2017. Lors de la 10ème conférence ministérielle de l’OMC à Nairobi, du 15 au 18 décembre 2015, l’Inde a plaidé en faveur de la poursuite du cycle de Doha sans modification du mandat initial. Par ailleurs, ce pays a demandé l’ouverture de négociations sur le mécanisme de sauvegarde spéciale au bénéfice des pays en développement.

  • L'Inde et la protection des Indications géographiques (IG)

L’Inde a mis en place un système de protection sui generis et compte, au 1er mars 2016, 261 IG enregistrées, portant majoritairement sur des produits non alimentaires. Dans le cadre de la négociation de son accord de libre-échange avec l’Inde, l’UE a également fait une demande d’enregistrement de 196 IG. Dans ce domaine, l'Inde a déjà accepté d'enregistrer deux IG françaises : Champagne en octobre 2010 et Cognac en 2011. Pour l’Inde, l'appellation Darjeeling (thé) est d'ores et déjà enregistrée et protégée en Europe depuis octobre 2011.

  • Une pause dans la négociation de l’accord de libre-échange UE – Inde

Le processus de négociation de l’Accord de libre-échange (ALE) entre l’Inde et l’UE, débuté en 2007, est gelé depuis l’été 2013. Initialement, cette pause dans la négociation s’explique par des contraintes de calendrier, en particulier le double contexte d’échéances électorales côté indien (nouveau gouvernement au printemps 2014) et côté européen (nouvelle commission à l’automne 2014). Mais elle résulte également de l’existence de points de blocage substantiels. Malgré la tenue du sommet UE-Inde, le 30 mars 2016, le projet d’ALE entre les deux parties n’est toujours pas formellement relancé.

Couvrant tous les secteurs économiques, y compris la libéralisation des services, les discussions continuent d'achopper sur des secteurs clé : le secteur automobile, les vins et spiritueux, les marchés publics ou encore les services bancaires.

  • Implication de l’Inde au sein des organisations internationales

Membre du G20, l'Inde a participé activement à la réflexion engagée sur l'agriculture par la présidence française en 2011. Dans ce cadre, ce pays a approuvé le plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l’agriculture. L'Inde souscrit globalement aux objectifs d'amélioration de la transparence et de l'information sur les marchés agricoles, ainsi que d’une meilleure coordination internationale en cas de crise. Elle est très attachée à l'augmentation de la production et de la productivité agricoles, notamment grâce à la recherche et au développement. D'une manière générale, au sein de la FAO, New Delhi fait de la lutte contre l'insécurité alimentaire et du soutien à l'agriculture familiale des thèmes prioritaires, ce qui légitime à ses yeux la mise en place de politiques agricoles volontaristes.

Par ailleurs, l’Inde s’investit davantage dans les autres enceintes internationales touchant les questions agricoles. Ainsi l’Inde a-t-elle réintégré officiellement sa place au sein de l'Institut International du Froid (IIF) depuis 2011. Le 12 juillet 2011, ce pays a officiellement adhéré à l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIv). Enfin, en 2012, l’Inde a accueilli à Bangalore la Commission Séricicole Internationale (CSI), dont le siège était auparavant basé à Lyon.

L’Inde est en outre membre des trois organisations normatives « soeurs », reconnues par l’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (Accord SPS) de l’OMC, à savoir la Commission du Codex alimentarius, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV).

  • L’Inde et la lutte contre le changement climatique

L’Inde est l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique. Avec un tiers du territoire exposé aux inondations, et 68% à la sécheresse, l’agriculture est certainement le secteur qui devrait être le plus affecté par le réchauffement climatique. Conscientes de ce risque, les autorités indiennes ont adopté en 2008 un plan d'action national sur le changement climatique qui a pour objectif de définir des « stratégies amenant l'agriculture indienne à être plus résiliente au changement climatique ». Cet objectif traduit une approche intégrée qui a l’ambition d’anticiper de manière systémique les conséquences liés au changement climatique. La logique d’atténuation des émissions de CO2 liées au secteur agricole (17,6% du total des émissions nationales en 2009) est néanmoins absente de ce programme.

Plus récemment, le gouvernement indien a initié deux chantiers emblématiques qui s’inscrivent également dans la lutte contre les effets du dérèglement climatique : d’une part, la mise en place d’une évaluation des sols dans chaque exploitation afin d’adapter en conséquence la fertilisation (initiative appelée soil earth card, lancée en février 2015) et, d’autre part, l’adoption d’une politique nationale d’agroforesterie (février 2014).

Enfin, dans le cadre de l’initiative « 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat », l’Inde est représentée à travers l’engagement de la BAIF Development Research Foundation, qui est l’une des plus grandes organisations non-gouvernementales au monde centrée sur l'agriculture et le développement rural. Créée à Pune (Maharashtra) en 1967 par un disciple de Gandhi - le Dr. Manibhai Desai- la BAIF a pour objectif de développer les zones rurales par l'amélioration des moyens d'existence des agriculteurs, la création d'emplois locaux et la promotion du développement durable.

Relations bilatérales

Les premiers échanges institutionnels dans le domaine agricole entre les deux pays remontent à près de 30 ans. Depuis lors, l’évolution de la coopération bilatérale a été marquée par trois étapes clé ayant entraîné des progrès significatifs :

- L’accord du 4 novembre 2003, toujours en vigueur, relatif à la coopération en matière d’agriculture, de pêche, de développement rural, de forêt et d’industrie agroalimentaire. Ce document a donné l’impulsion nécessaire à la tenue régulière des sessions du groupe de travail conjoint sur l’agriculture. Celui-ci est organisé alternativement à Paris ou à Delhi. La 7ème édition s’est tenue en janvier 2015 à Delhi ;

- La création en 2009 d'un poste de Conseiller régional pour les affaires agricoles auprès du Service économique régional au sein de l'Ambassade de France en Inde ;

- L’arrangement administratif entre le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt (MAAF) et le ministère de l’agroalimentaire indien, du 24 octobre 2012. Ce dernier vise à donner un relief particulier à la coopération technique dans le domaine agroalimentaire, secteur à fort potentiel en Inde (cf. expertise sur l’emballage, les processus de transformation, la qualité sanitaire des produits, etc.) ; Dans ce cadre, plusieurs projets de coopération sont menés actuellement. Ils ont été définis en fonction des besoins exprimés par la partie indienne et en cohérence avec l'expertise française :

  • Chaîne du froid

Priorité de l’Inde, le renforcement des capacités dans le domaine de la chaîne du froid répond à l’objectif français de lutter contre le gaspillage alimentaire. A cette fin, un accord a été signé en 2013 entre Cémafroid, représentant les entreprises françaises expertes en technologies de chaîne du froid, et le National Center for Cold Chain Development (NCCD). Chaque année, plusieurs dizaines de techniciens indiens, issus du secteur public ou du secteur privé, sont formés par Cémafroid en France ;

  • Coopération en génétique bovine

La BAIF Foundation conduit en lien avec l’INRA et la coopérative UCEAR (désormais Auriva) un projet d’expérimentation portant sur les races Tarentaise et Abondance, races introduites en Inde en 2009. Par ailleurs, le principe d’une coopération entre les autorités du Kérala et l'Institut de l'élevage français a été acté lors de la visite en France du ministre de l'élevage de cet État, en juin 2010. A cette occasion, un accord de coopération a été signé entre le Kerala Livestock Development Board (KLBD) et la Coopex Montbéliarde en vue d'une introduction pilote de la race française Montbéliarde. Cependant, ce projet est aujourd’hui bloqué en raison des restrictions sanitaires imposées par le gouvernement indien sur l’importation de semences bovines ;

  • Sécurité sanitaire des aliments

A l’occasion de la visite d’État en Inde du Président de la République, du 24 au 26 janvier 2016, l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) et la Food Safety and Standards Authority of India ont signé un accord qui pose les fondations d’une collaboration bilatérale scientifique centrée sur la sécurité sanitaire de l’alimentation. Cette coopération se traduira par des échanges entre les deux agences portant sur les méthodologies d’évaluation des risques, en particulier pour les produits laitiers, sur les pratiques de laboratoire et la méthodologie des études de l’alimentation totale ;

  • Recherche

Dans ce domaine, l’INRA conduit de nombreux projets de recherche en Inde : génétique bovine, gestion de l’eau à l’échelle d’une exploitation et d’un bassin versant dans le contexte du changement climatique, enjeux nutritionnels liés aux protéines végétales vectorisées. De nouveaux programmes communs sont en cours de définition dans le sillage du colloque organisé conjointement par l’INRA et l’Indian Council of Agricultural Research, du 9 au 11 mars 2015 à Delhi. Cet évènement a permis de rapprocher les deux instituts et d’identifier des travaux de recherche communs sur des thématiques clés, telles que le changement climatique, l’agro-écologie, la santé végétale, la sélection génomique, la sécurité alimentaire, la nutrition et la transformation alimentaire ; L’ensemble de ces thèmes étant défini dans les Métaprogrammes mis en place à l’INRA et au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) comme vecteurs des projets à l’international.

  • Enseignement

Le réseau « Inde» de la Direction générale de l’enseignement et de la recherche du MAAF contribue à des mobilités étudiantes significatives. Plus de 350 élèves ont effectué un stage en Inde entre 2010 et 2015. Ces flux seront renforcés par la mise en oeuvre, à partir de 2016, du Protocole signé le 6 novembre 2015 entre, d’une part, l’Université G. B. Pant, l’une des plus importantes universités indiennes dédiées aux sciences agricoles et vétérinaires, et, d’autre part, 10 établissements français.

Sources : Gouvernement indien, Banque mondiale, PNUD, MAAF, Ambassade de France en Inde,Unité Mixte d’Appui aux Relations Internationales (INRA-CIRAD).