IGP kiwi de l'Adour
03/01/2012
Pascal.Xicluna/Minagri.fr
Impossible de passer à côté. D’octobre à juin, le kiwi est présent sur tous les étals. Souvent associé à la Nouvelle-Zélande, ce fruit est aussi largement cultivé en France. Zoom sur une filière méconnue.

©Xavier.Remongin/Min.Agri.Fr
Dans le Pays de l’Adour (Landes), l’heure est à la récolte en ce début novembre. Paniers posés sur l’estomac, les cueilleurs se pressent pour ramasser les kiwis. « C’est un fruit qui réagit beaucoup aux impacts. Le kiwi est cueilli dur, ainsi il est moins fragile », explique Julien Pedelucq, producteur de kiwis et fils du pionner qui a introduit la culture du fruit en France. En effet, la production de kiwis dans l’hexagone n’existe que depuis une quarantaine d’années. Elle fut rendue possible par Henri Pedelucq, un ingénieur agronome parti effectuer son service militaire au Maroc. Une fois rentré en France, dans les années 70, il décide de se lancer dans la production de fruits exotiques : le kiwi, le fruit de la passion et le tamarillo. Seul le kiwi résiste au climat. « Les conditions dans les Landes sont idéales : des sols granitiques, un taux d’humidité dans l’air suffisant grâce au fleuve, l’Adour, et un climat tempéré », énonce le fils d’Henri Pedelucq. La production française de kiwi est très concentrée géographiquement avec les deux tiers du volume dans le Sud-Ouest dont 50 %en Aquitaine où se trouve le kiwi de l’Adour et 20 %dans le sud-est.

Le kiwi, ça pousse comment ?

Contrairement aux idées reçues, le berceau du kiwi n’est pas la Nouvelle-Zélande mais la Chine ! C’est une liane appelée Actinidia (la groseille de Chine), qui produit le fameux fruit vert. Les néo-zélandais ont été les premiers à s’y intéresser dans les années 50. Ils lui donnent le nom de kiwi à cause de sa peau brune et sa forme ronde rappelant l’oiseau du même nom. La liane portant les kiwis peut pousser de plus de 5 mètres en une année. A la manière de la vigne, elle est taillée pour optimiser la production et la plante se révèle très généreuse. Un plant peut donner jusqu’à 1 000 fruits cueillis à la main. La récolte se déroule généralement sur trois semaines, entre octobre et novembre. Les kiwis sont ensuite triés puis calibrés en station de conditionnement avant d’être conservés dans des réfrigérateurs. « Il est impératif de pouvoir lisser nos ventes sur plusieurs mois. Le kiwi peut mûrir très vite s’il n’est pas conservé au froid », précise Julien Pedelucq également président de la société internationale des kiwis des gaves (Sikig), une entreprise de commercialisation de kiwis.

 

Kiwi jaune ou kiwi vert?


En France, le kiwi vert (le Hayward) est le plus consommé. Et pourtant il existe d’autres variétés. Peu connu du consommateur, le kiwi jaune (le Gold) est même considéré comme plus savoureux !Il a la même taille que son cousin de couleur verte, mais sa forme est souvent plus allongée et sa chair de couleur jaune. On le reconnaît à sa peau, lisse et à son goût particulier, rappelant la mangue ou le fruit de la passion.

 

©Xavier.Remongin/Min.­Agri.Fr
Avec ses 40 années d’expérience, la France est devenue le 3° producteur européen de kiwis avec 75 000 tonnes vendues chaque année (le 1er producteur européen est l’Italie avec plus de 400 000 tonnes). La production de kiwis est aujourd’hui mondialisée. Un fruit produit en France n’est pas forcément consommé dans l’hexagone. Les kiwis de l’hémisphère nord (France, Grèce, Italie …) mûrs pendant l’hiver sont vendus de novembre à juin environ dans le monde entier. Ensuite, c’est au tour des kiwis de l’hémisphère sud (Nouvelle-Zélande, Chili …) d’être commercialisés. « Nous sommes une profession très organisée au niveau mondial. Régulièrement, nous avons une réunion entre tous les pays  », indique Jean-Marc Poigt, le président de l’association de promotion du kiwi de l’Adour.

Si aujourd’hui près d’un tiers de la production française de kiwis est exportée sur les marchés traditionnels européens, elle s’ouvre néanmoins au marché asiatique. « La population chinoise ne mange pas le kiwi pour son goût mais pour son apport en vitamines. Nous aimerions leur faire découvrir les saveurs du kiwi français », commente Julien Pedelucq. En 2012, l’entreprise commerciale de l’Adour, Sikig devrait en expédier 1 000 à 2 000 tonnes. Une aubaine pour ceux qui s’appellent entre eux « les kiwiculteurs ». « Mais attention, nous n’attaquerons jamais un marché par le prix mais par la qualité », souligne le président de l’association kiwi de l’Adour, en cela fidèle à la réputation d’excellence des produits agroalimentaires du sud-ouest.

 

Comment bien choisir son kiwi ?

A l’achat le kiwi est souvent dur. C’est normal car à température ambiante, il continue de mûrir. Au réfrigérateur, il se conserve deux à trois semaines. Attention à ne pas le mettre aux côtés de produits à la saveur trop prononcée, comme le fromage, car le kiwi prend le goût des aliments qui l’entourent. Pour qu’il murisse plus vite, Julien Pedelucq, producteur de kiwis de l’Adour, conseille de le mettre avec des pommes dans un compotier. En quelques heures, le fruit sera prêt à consommer.

 

©Xavier.Remongin/Min.Agri.Fr
Chiffres clés :

  • La France est le cinquième producteur mondial de kiwis avec environ 75 000 tonnes par an. La production de kiwis européenne représente 700 000 tonnes.
  • La Sikig fédère 170 producteurs du bassin de l’Adour pour une surface cultivée de 400 hectares (320 de kiwis verts et 80 de kiwis jaunes).
  • C’est en 1972 qu’a eu lieu la première récolte de kiwis n Europe, dans le bassin de l’Adour.

Le kiwi de l'Adour, une filière à découvrir

23/10/2012
D’octobre à juin, le kiwi est présent sur tous les étals. Souvent associé à la Nouvelle-Zélande, ce fruit est aussi cultivé en France, notamment dans le sud-ouest. Reportage dans l’Adour, où s’est développé une importante filière de production-conditionnement autour du kiwi local, bénéficiant d’une double certification IGP et label rouge.Voir le diaporama

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