LARREY, DESGENETTES ET
PERCY


chirurgiens de l'Empire (1802-1806)

A l'époque où le comte et la comtesse de Tessé prirent la résolution d'abandonner leur hôtel, Napoléon Bonaparte venait d'être proclamé empereur et Paris s'embellissait. Suivant le décret du 4 février 1805, un numérotage des maisons, rue par rue, remplaça dans la capitale l'incommode numérotage exis-tant, fait par quartier.

L'hôtel de Villeroy, où les Inspecteurs du Services de santé des armées de Terre allaient se retrouver en 1806, reçu en remplacement des n os 425 et 426, les n os 26 et 28 qu'il devait conserver jusqu'en 1853.

Aux membres de l'ancien Conseil de santé (Coste, Heurteloup et Parmentier) avaient été adjoints, pour compléter le nombre réglementaire de six inspecteurs généraux, trois chirurgiens illustres : Larrey, Desgenette et Perçy.

Portrait de Larrey au moment de s'embarquer pour l'Egypte

Le plus célèbre d'entre eux, Larrey, fut le véritable créateur de la chirurgie militaire.
Durant les campagnes du Consulat et de l'Empire, il assista, dit-on, à plus de soixante batailles rangées et de quatre cents combats. Intrépide au milieu des balles et des boulets, il

 

s'empressait auprès desblessés et, par sa création d'"ambulance volantes", il assurait à tous, pour la première fois depuyis que le hommes se faisaient la guerre, des soins immédiats. Pendant la campagne de Syrie, on l'avait surnommé "la Providence du soldat".

Créé baron après Wagram, Larrey devait suivre la Grande Armée en Russie, puis être blessé et fait prisonnier à Waterloo.

Dans l'intervalle des expéditions impériales, il se rendait chaque jour à l'hôtel de Villeroy pour discuter avec ses collègues les améliorations qu'il voulait apporter aux services de santé, leur communiquer les observations chirur-gicales qu'il avait recueillies sur les champs de batailles, examiner enfin les soldats blessés qui, à défaut de leur admission aux Invalides, demandaient un juste pension viagère.

Desgenettes s'inoculant la peste à Jaffa
L'inspecteur gé-
néral Desgenet-
tes
jouissait, aux armées, d'un po-
pularité presque égale. C'est lui qui en Egypte, bravait les at-
teintes de la
peste pour raffermir les courages ébranlés par ce fléau, allant jusqu'à s'inoculer en public la terrible maladie. Au général Bonaparte qui lui suggérait d'endormir pour toujours, en leur donnant de l'opium, les souffrances des pestiférés de Jaffa, il répodait :