Wilhem BORCEL

ambassadeur de Hollande (1726-1727)

Tandis qu'Antoine Hogguer louait au marquis de Collandre son hôtel de la rue de Grenelle, Charlotte Desmares remet-tait celui de la rue de Varenne, par bail du 25 avril 1726, et pour un loyer de six mille livres, à "Messire Wilhem Borcel", nommé, le 25 septembre précédent, ambassadeur en France de "Messieurs des Etats-Généraux et Provinces Unies".

En 1713 et 1714, les traités d'Utrecht et de Rastadt, qui terminaient la désastreuse guerre de succession d'Espagne, laissaient le trône à Philippe V, petit-fils de Louis XIV, mais ce jeune roi avait dû céder à l'Angleterre Gibraltar et Minorque, à l'empereur Charles VI les possessions italiennes de l'Espagne, et cette diminution de sa couronne le laissait ulcéré.

De son côté, l'empereur Charles VI, pour faire participer l'Autriche aux bénéfices du commerce maritime, avait fondé à Ostende une Compagnie des Indes Orientales et voulait protéger cette entreprise contre les jalousies de l'Angleterre.

L'Angleterre, dont l'Espagne était la seule rivale sur mer, voulut à la fois assurer sa conquête continentale et paralyser la tentative commerciale de l'Autriche. La France épuisée par une longue et malheureuse guerre, avait besoin de tranquillité. Sir Robert Walpole et le duc de Bourbon, premiers ministres des deux

 

pays, conclurent donc à Hanovre, le 5 septembre 1725, une alliance défensive, s'engageant à maintenir le traité d'Utrecht pendant quinze années.

Il importait que la Hollande adhérât à ce pacte, et, le 4 juin 1726, le ministre Fleury, successeur du duc de Bourbon, reçut avec satisfaction la visite de l'ambassadeur Borcel qui, installé dans la maison Desmares depuis le mi-mai, venait lui notifier la prochaine accession des Provinces Unies à l'alliance de Hanovre.

Moins d'un an après la première visite de Borcel à Versailles, une circonstance fortuite amena l'accomplissement, dans l'hôtel de la rue de Varenne, d'un acte diplomatique de grande portée qui fait du 31 mai 1727 la date la plus marquante de son histoire.

Navires

Poursuivant ses desseins, Philippe V avait mis le siège devant Gibraltar ; mais cette place se révélait imprenable, et, comme les flottes anglaises menaçaient de ruiner l'Espagne en la coupant de ses colonies, le roi se demandait comment il sortirait honorablement de sa téméraire tentative. Le cardinal de Fleury saisit l'occasion d'affirmer sa politique de paix tout en réconciliant l'Espagne avec la France : sous l'inspiration de l'Angleterre, il s'offrit comme médiateur entre les adversaires et l'on convint d'une "pacification générale" dont la France, l'Angleterre, l'Espagne,