L'ÉPOQUE MODERNE

De 1710 à 1789

Les impôts au XVIIème siècle

Ils ne cessent de s'alourdir pendant cette période et la part due en nature proportionnelle à la récolte se restreint au profit des prélèvements en monnaie.

- La dîme, créée par Charlemagne, oscille entre 3 et 12% selon les situations et sert en principe à la subsistance des prêtres, à l'entretien des bâtiments religieux, aux pauvres et au financement de la hiérarchie. Mais peu à peu c'est ce dernier poste qui devient majoritaire. Puisqu'il s'agit d'un prélèvement sur "les fruits de la terre", elle ne porte pas sur les prairies et les bois, sur les animaux de labour ni sur les arbres fruitiers dans les cultures et ce sont surtout les grains qui procurent la "grande dîme".


- Les taxes seigneuriales sont très variables, surtout prélevées en nature (champart, agrier, tasque...), peu élevées dans le Bassin Parisien et le Midi, très importantes dans l'Ouest, le Centre, l'Est et le Nord.

- L'impôt royal triple entre 1610 et 1640 puis double encore à la fin du siècle. S'y ajoute la gabelle avec l'obligation faite d'acheter 7 kg de sel par an et par habitant à partir de l'âge de huit ans.

Au total la charge fiscale varie de 12% à 40% du revenu agricole, décourageant tout investissement et incitant à la fraude.

 

La supprématie des pays du Nord

Cependant que la France se désintéresse largement des questions agricoles, les pays de la Mer du Nord (la Hollande, la Flandre) conçoivent une agriculture sans jachère, utilisant les engrais, avec une deuxième sole produisant navet, chou fourrager, chou-colza, carotte ou bettera-
ve. De plus leurs sols alluviaux très fertiles qui bénéficient des embruns, du varech, permettent une productivité accrue mais aucune information n'arrive en France, si ce n'est en Artois. La seule coopération technique avec les Hollandais ne se sera concrétisée que dans l'assèchement des marais du Poitou et de Flandre sous Henri IV.

L'influence des idées protestantes, l'esprit d'entreprise et la situation géographique favorable concourent à la suprématie économique, culturelle et technique de ces régions, dont les échanges commerciaux vont croissant, tout comme pour l'Angleterre : commerce du vin, des alcools, du sel d'abord, et aussi des produits venant du Nouveau-Monde tels le sucre de canne, le coton, le tabac, les bois exotiques.

En France, à part l'Artois, deux régions se détachent du lot et augmentent leur productivité ; les côtes de la Manche grâce à l'influence marine et aux apports d'algues, et l'Alsace qui cultive des sols alluvionnaires très riches.
Partout ailleurs, c'est la stagnation et un désintérêt à peu près total du pouvoir pour les questions agricoles jusqu'à Colbert et Vauban.