LE BAS MOYEN-ÂGE

De l'An mil à 1450

A l'avènement de Hugues Capet en 987, la France n'est qu'une mo-
saïque de fiefs
de toutes tailles.
Le pouvoir royal ne s'étend pas au-delà d'une bande de terre
allant de Compiègne au Nord à Orléans au Sud et les grands feudataires, Ducs et Comtes, se partagent le reste du territoire.

Mais après une période de flottement au XI ème siècle, et à partir de Louis VI (1108-1137), le pouvoir royal ne va cesser de s'affermir avec une lignée de grands souverains qui eurent tous de longs règnes :
Louis VII (1137-1180),
Philippe-Auguste
(1180-1223),
Louis IX dit Saint-Louis
(1235-1270)
et Philippe le Bel (1285-1314).

Dans ce contexte politique et culturel favorable , et peut-être aussi, comme le suggère l'historien E. Le Roy-Ladurie dans son " Histoire du climat depuis l'An Mil ", grâce à un optimum climatique entre 950 et 1250 , les campagnes et l'ensemble du pays vont connaître un essor sans précédent, en s'ouvrant aux influences extérieures et en faisant sauter les verrous d'une société féodale close et fermée sur elle-même.

 

La population estimée à 8 ou 9 millions d'habitants vers l'an mil, soit à peine plus qu'à l'époque gallo-romaine, atteindra son maximum de 20 millions au milieu du XIII ème siècle, à la veille de la guerre de Cent Ans.

Cette croissance démographique continue du Xème au XIIIème siècle est à mettre au compte des défrichements, d'une extension des cultures, de l'introduction de nouvelles techniques et enfin de la renaissance des villes et du commerce.

Défrichements et extension des cultures
Les nouvelles techniques

Depuis le Haut Moyen-Age, les riches se nourrissent surtout de viandes provenant de la chasse et de poissons, en surplus des denrées de base tandis que la majorité du peuple ne subsiste que grâce au pain, fait de blé, plus souvent d'orge ou de seigle, de méteil et de soupes ou bouillies.

Les rendements sont déplorables jusqu'au XIème siècle où l'on compte 48 ans de famine sur 73 ans.

Un moine décrit une famine en Bourgogne vers 1033 :
"Quand on se fut nourri de bêtes et d'oiseaux ; pour échapper à la mort, on rongeait des racines, on arrachait l'herbe des ruisseaux ; puis on en vint à manger de la chair humaine : les forts saisissaient les faibles ; beaucoup attiraient à l'écart des enfants, etc. etc..."