H5N8, les mesures de gestion renforcées
© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr

Un nouvel arrêté est paru au JO du 5 mai, qui fait passer le risque lié à l’influenza aviaire de «  modéré » à « négligeable ». Cette modification survient dans le contexte où la situation sanitaire continue à évoluer favorablement.

L’abaissement du niveau de risque vis-à-vis de l'avifaune sauvage en France ne signifie pas pour autant qu'il faut baisser la vigilance vis-à-vis du risque lié à l’influenza aviaire.

Pour en savoir plus, consulter l'Arrêté du 4 mai 2017 qualifiant le niveau de risque en matière d'influenza aviaire hautement pathogène.

Le respect des mesures de biosécurité

Au-delà du premier foyer et d'une contamination par la faune sauvage, mais également de proche en proche par une voie aéroportée - quand il s'agit de courte distance - le plus souvent la propagation du virus H5N8 est consécutive à des mouvements entre les différentes exploitations.

Ainsi, la stratégie de lutte mise en place par l’État contre l'influenza aviaire H5N8 ne pourra réussir que si les professionnels s'impliquent auprès des pouvoirs publics à respecter des mesures réglementaires strictes de biosécurité dans les exploitations.

Les opérateurs concernés :

  • les éleveurs sont les premiers acteurs de cette lutte
  • et tous les intervenants dans les élevages: les ramasseurs, les transporteurs, les vaccinateurs, les techniciens, les vétérinaires...

Les vecteurs de contaminations au-delà des personnes sont:

  • les véhicules,
  • les tenues professionnelles,
  • les caisses de transport,
  • la litière, le fumier, le lisier, les fientes,
  • les animaux,
  • les emballages souillés…

Les mesures que les intervenants doivent impérativement respecter, pour éviter la propagation du virus IA :

  • utiliser des tenues de travail propre ou à usage unique , des bottes désinfectées avant d'entrer dans les exploitations
  • se laver les mains et les bras avec du savon - pendant au moins 20 secondes et s'essuyer avec du papier à usage unique avant chaque entrée et sortie de l'exploitation
  • effectuer le nettoyage/désinfection complet des véhicules autorisées avant chaque entrée et après chaque départ d'une exploitation avec l'ensemble du matériel utilisé.

Les mesures que les éleveurs doivent impérativement respecter, pour éviter la propagation du virus IA :

  • interdire l'accès à toute personne extérieure à l'exploitation, si elle n'est pas nécessaire à son activité
  • exigez que les personnes et le matériel entrant dans l'élevage appliquent des règles de biosécurité strictes
  • interdire la circulation de tout véhicule extérieur ou l'introduction de matériel non dédié à l'exploitation.

Pour en savoir plus : Influenza aviaire : protégez vos élevages (PDF, 469.73 Ko)

En cas de suspicion: contactez immédiatement votre vétérinaire ou votre direction départementale en charge de la protection des populations.

Les mesures complémentaires de protection des élevages

Il est attendu de tous les détenteurs de volailles commerciaux ou non commerciaux :

  • le confinement des volailles et autres oiseaux captifs ou leur mise sous filet
  • la réduction des parcours de sorte que soit évitée la proximité des points d’eau naturel, cours d’eau ou mares.

Des dérogations aux mesures de claustration sont possibles pour les détenteurs commerciaux, pour des raisons de :

  • de bien-être animal,
  • de technique d’élevage
  • ou des contraintes liées à un cahier des charges répondant à un signe officiel de qualité: AOP, IGP, Label Rouge, bio et CCP.

Cette dérogation peut être accordée par la direction départementale en charge de la protection des populations dont dépend le détenteur sur la base de l’examen des raisons qui la motivent et d’une visite vétérinaire favorable sur l’application des mesures de biosécurité dans l’élevage.
 
Ces dispositions sont également applicables aux élevages de gibiers à plumes.

Il n’y a pas de dérogation possible pour les élevages non commerciaux. Ils doivent être systématiquement confinés ou protégés par des filets.

Les restrictions des rassemblements

Les rassemblements de volailles vivantes sont interdits, des dérogations sont néanmoins prévues et encadrées dans les cas où le risque de contamination par l’avifaune et le risque de diffusion du virus sont maîtrisés, sauf pour les palmipèdes.

Il peut ainsi s'agir de rassemblements d’oiseaux réputés élevés en volière et qui ne sont pas en contact avec les oiseaux sauvages.

Si les oiseaux concernés peuvent être en contact avec la faune sauvage, des dérogations sont possibles, sous réserve de respecter plusieurs conditions:

  • pas de contact directs ou indirects, pendant la durée du rassemblement avec des oiseaux sauvages
  • limitation des contacts entre les détenteurs ou d'autres mouvements humains
  • pas de présence simultanée de plusieurs détenteurs sur un même marché, ou 5 exposants maximum seront appréciés au regard de la maîtrise du risque
  • le nombre de volailles présentées doit être le plus limité possible

L'interdiction des lâchers d'oiseaux

Sont interdits les lâchers :

  • de gibier à plumes
  • de canard colvert
  • de pigeon.

Les lâchers de galliformes (notamment faisans et perdrix) peuvent être autorisés sous certaines conditions, tout comme l'utilisation des appelants.

Pour les lâchers, le détenteur s'engage :

  • au respect des conditions de biosécurité de l’arrêté du 1er août 2006
  • à favoriser les facteurs permettant un taux de prélèvement élevé (chasse)
  • à pratiquer les lâchers avec le maximum d’éloignement des zones de chasse du gibier d'eau visées.

Les mesures spécifiques pour la chasse au gibier à plumes

La chasse au gibier d'eau d'élevage (palmipèdes) est interdite, sans dérogation possible.

Pour les détenteurs d'appelants pour la chasse au gibier d'eau, leurs animaux ne peuvent être déplacés ni transportés afin d’éviter le risque de contamination des appelants ou de propagation de l’infection.

Des conditions de dérogation sont possibles pour les appelants.

Pour rappel, le maintien de ces conditions générales de dérogations est conditionnée à l’observation du respect des mesures de biosécurité définies précédemment que ce soit en zone d’élevage ou lors de la chasse. Pour en savoir plus: arrêté du 1er août 2016.