H5N8, les mesures de gestion renforcées
© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr

Le Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt,  sur la base d'une expertise de l'Anses, fait évoluer le 21 février 2017 la stratégie de lutte du virus contre l'influenza aviaire hautement pathogène mise en place dans le sud ouest de la France en renforçant les mesures dans les zones non encore stabilisées et plus particulièrement dans l'Ouest du département des Landes et le Nord des Pyrénées Atlantiques.

Dans la grande zone réglementée : Gers, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées

  • Les abattages préventifs étendus de 3 à  10 km
    • abattage des foyers confirmés ou en suspicion forte,
    • dans le périmètre de 1 km autour du foyer: abattage préventif de toutes les espèces de volailles sensibles (galliformes, palmipèdes) en plein air ou en claustration dans les élevages commerciaux et non commerciaux
    • dans le périmètre de 1 à 10 kms autour du foyer: abattage préventif de tous les palmipèdes élevés en plein air.

Pour en savoir plus sur les communes concernées : arrêté du 4 janvier 2017 modifié définissant les zones géographiques dans lesquelles un abattage préventif est ordonné

  • Des restrictions de mouvements élargies en zone de contrôle temporaire (ZCT)

Pour éviter la propagation du virus H5N8 dans les zones à forte densité d'élevage encore indemnes mais situées à proximité des zones instables, des mesures d'interdiction de mise en place de palmipèdes et de restriction de mouvements vont être prises par arrêté préfectoral sur l'ensemble du département des Landes et dans la partie nord des Pyrénées Atlantiques.

Liste des communes au 21 février 2017 (XLS, 35 Ko)

Dans les autres zones réglementées

  • Zones stabilisées du Sud-Ouest

Pour les gallinacées, la remise en place est d'ores et déjà possible dans les zones stabilisées.

Pour en savoir plus: Liste des communes où les gallinacées peuvent être remises en place au 23 février 2017 (XLS, 37 Ko)

  • Département de l'Ain

Plusieurs cas d’influenza aviaire hautement pathogène ont été détectés récemment dans l'avifaune sauvage (cygnes, oies, héron).

Les mesures de prévention pour éviter la transmission du virus aux élevages de volailles sont rappelées à tous les éleveurs ainsi qu'à tous les usagers en zones humides.

Dans ce contexte, le préfet de l’Ain, a mis en place une zone de contrôle temporaire (ZCT) à l'ensemble de la zone de la Dombes.

Pour en savoir plus : http://www.ain.gouv.fr/influenza-aviaire-situation-en-cours-a4095.html

La France en risque élevé

Pour rappel, depuis le 5 décembre 2016, suite à la détection de plusieurs foyers d'influenza aviaire hautement pathogène H5N8 dans des élevages du sud ouest et sur des oiseaux de la faune sauvage dans le Pas de Calais et en Haute Savoie, le ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt a décidé de relever le niveau de risque vis à vis de la maladie à "élevé" sur l'ensemble du territoire.

En raison de l'évolution rapide de la situation sanitaire en France et dans plusieurs pays européens et par la dynamique de propagation de ce virus, des mesures de protection renforcées sont mises en place pour :

  • les détenteurs de volailles commerciaux ou non commerciaux,
  • les détenteurs de gibiers à plumes,
  • et également pour toutes les personnes susceptibles d'être en contact avec des volailles: transporteurs, ramasseurs, vétérinaires...

Pour en savoir plus :

Le respect des mesures de biosécurité

Au-delà du premier foyer et d'une contamination par la faune sauvage, mais également de proche en proche par une voie aéroportée - quand il s'agit de courte distance - le plus souvent la propagation du virus H5N8 est consécutive à des mouvements entre les différentes exploitations.

Ainsi, la stratégie de lutte mise en place par l’État contre l'influenza aviaire H5N8 ne pourra réussir que si les professionnels s'impliquent auprès des pouvoirs publics à respecter des mesures réglementaires strictes de biosécurité dans les exploitations.

Les opérateurs concernés:

  • les éleveurs sont les premiers acteurs de cette lutte
  • et tous les intervenants dans les élevages: les ramasseurs, les transporteurs, les vaccinateurs, les techniciens, les vétérinaires...

Les vecteurs de contaminations au-delà des personnes sont:

  • les véhicules,
  • les tenues professionnelles,
  • les caisses de transport,
  • la litière, le fumier, le lisier, les fientes,
  • les animaux,
  • les emballages souillés…

Les mesures que les intervenants doivent impérativement respecter, pour éviter la propagation du virus IA :

  • utiliser des tenues de travail propre ou à usage unique , des bottes désinfectées avant d'entrer dans les exploitations
  • se laver les mains et les bras avec du savon - pendant au moins 20 secondes et s'essuyer avec du papier à usage unique avant chaque entrée et sortie de l'exploitation
  • effectuer le nettoyage/désinfection complet des véhicules autorisées avant chaque entrée et après chaque départ d'une exploitation avec l'ensemble du matériel utilisé.

Les mesures que les éleveurs doivent impérativement respecter, pour éviter la propagation du virus IA :

  • interdire l'accès à toute personne extérieure à l'exploitation, si elle n'est pas nécessaire à son activité
  • exigez que les personnes et le matériel entrant dans l'élevage appliquent des règles de biosécurité strictes
  • interdire la circulation de tout véhicule extérieur ou l'introduction de matériel non dédié à l'exploitation.

Pour en savoir plus : Influenza aviaire : protégez vos élevages (PDF, 469.73 Ko)

En cas de suspicion: contactez immédiatement votre vétérinaire ou votre direction départementale en charge de la protection des populations.

La remise en place des volailles

  • La remise en place des gallinacées

Cette remise en place est conditionnée :

  • à la stabilisation de la zone réglementée - qui comprend les zones de protection et de surveillance - qui intervient trois semaines après l'abattage du dernier foyer.
  • au respect des conditions suivantes qui évoluent en fonction des zones réglementées dans lesquelles se situent les exploitations concernées :

 dans la zone de surveillance :

  • les animaux doivent être en bâtiment à l'arrivée et ce pendant au moins 4 semaines
  • l'élevage de destination ne comporte que des gallinacées
  • le respect des mesures de biosécurité.

dans une ancienne zone de protection :

En plus des mesures ci-dessus indiquées, un dépistage des animaux 21 jours après leur mise en parcours doit être effectué.
 

Liste des communes où les gallinacées peuvent être remises en place au 23 février 2017 (XLS, 37 Ko)

Cette liste sera mise à jour régulièrement.

Carte correspondante au 23 février 2017

  • La remise en place des palmipèdes

Dans les départements non stabilisées: 31, 32, 40, 64 et 65

Interdiction de remise en place dans les zones réglementées.

Dans les départements stabilisées: 47, 79, 81 et 12

 Une fois les zones de surveillance levées, la remise en place des canetons est conditionnée :

  • à l'absence de lien épidémiologique entre ces élevages et les élevages de la zone non stabilisée,
  • à la mise en place des animaux en bâtiment à l'arrivée,
  • au dépistage des animaux 21 jours après leur mise en parcours doit être effectué,
  • au respect des règles de biosécurité.

Pour rappel, lors de la levée des zones de protection et de surveillance, les éleveurs devront respecter les règles de biosécurité de l'arrêté du 8 février 2016, pour remettre en place des palmipèdes :

  • capacité à gérer le gibier,
  • maîtrise de la biosécurité pour les moyens de transport,
  • respect effectif des bonnes pratiques par les équipes de ramasseurs,
  • en terme de densité animale : les éleveurs doivent respecter les conditions inhérentes à la réglementation environnementale en vigueur.

Mesures complémentaires de protection des élevages

Il est attendu de tous les détenteurs de volailles commerciaux ou non commerciaux:

  • le confinement des volailles et autres oiseaux captifs ou leur mise sous filet
  • la réduction des parcours de sorte que soit évitée la proximité des points d’eau naturel, cours d’eau ou mares.

Des dérogations aux mesures de claustration sont possibles pour les détenteurs commerciaux, pour des raisons de:

  • de bien-être animal,
  • de technique d’élevage
  • ou des contraintes liées à un cahier des charges répondant à un signe officiel de qualité: AOP, IGP, Label Rouge, bio et CCP.

Cette dérogation peut être accordée par la direction départementale en charge de la protection des populations dont dépend le détenteur sur la base de l’examen des raisons qui la motivent et d’une visite vétérinaire favorable sur l’application des mesures de biosécurité dans l’élevage.
 
Ces dispositions sont également applicables aux élevages de gibiers à plumes.

Il n’y a pas de dérogation possible pour les élevages non commerciaux. Ils doivent être systématiquement confinés ou protégés par des filets.

Restriction des rassemblements

Les rassemblements de volailles vivantes sont interdits, des dérogations sont néanmoins prévues et encadrées dans les cas où le risque de contamination par l’avifaune et le risque de diffusion du virus sont maîtrisés, sauf pour les palmipèdes.

Il peut ainsi s'agir de rassemblements d’oiseaux réputés élevés en volière et qui ne sont pas en contact avec les oiseaux sauvages.

Si les oiseaux concernés peuvent être en contact avec la faune sauvage, des dérogations sont possibles, sous réserve de respecter plusieurs conditions:

  • pas de contact directs ou indirects, pendant la durée du rassemblement avec des oiseaux sauvages
  • limitation des contacts entre les détenteurs ou d'autres mouvements humains
  • pas de présence simultanée de plusieurs détenteurs sur un même marché, ou 5 exposants maximum seront appréciés au regard de la maîtrise du risque
  • le nombre de volailles présentées doit être le plus limité possible

Interdiction des lâchers d'oiseaux

Sont interdits les lâchers:

  • de gibier à plumes
  • de canard colvert
  • de pigeon.

Les lâchers de galliformes (notamment faisans et perdrix) peuvent être autorisés sous certaines conditions, tout comme l'utilisation des appelants.

Pour les lâchers, le détenteur s'engage :

  • au respect des conditions de biosécurité de l’arrêté du 1er août 2006
  • à favoriser les facteurs permettant un taux de prélèvement élevé (chasse)
  • à pratiquer les lâchers avec le maximum d’éloignement des zones de chasse du gibier d'eau visées.

Mesures spécifiques pour la chasse au gibier à plumes

La chasse au gibier d'eau d'élevage (palmipèdes) est interdite, sans dérogation possible.

Pour les détenteurs d'appelants pour la chasse au gibier d'eau, leurs animaux ne peuvent être déplacés ni transportés afin d’éviter le risque de contamination des appelants ou de propagation de l’infection.

Des conditions de dérogation sont possibles pour les appelants.

Pour rappel, le maintien de ces conditions générales de dérogations est conditionnée à l’observation du respect des mesures de biosécurité définies précédemment que ce soit en zone d’élevage ou lors de la chasse. Pour en savoir plus: arrêté du 1er août 2016.