H5N8, les mesures de gestion renforcées
© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr

Le Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt,  sur la base d'une expertise de l'Anses, fait évoluer le 21 février 2017 la stratégie de lutte du virus contre l'influenza aviaire hautement pathogène mise en place dans le sud ouest de la France en renforçant les mesures dans les zones non encore stabilisées et plus particulièrement dans l'Ouest du département des Landes et le Nord des Pyrénées Atlantiques.

Dans la grande zone réglementée : Gers, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées

  • Les abattages préventifs étendus de 3 à  10 km
    • abattage des foyers confirmés ou en suspicion forte,
    • dans le périmètre de 1 km autour du foyer: abattage préventif de toutes les espèces de volailles sensibles (galliformes, palmipèdes) en plein air ou en claustration dans les élevages commerciaux et non commerciaux
    • dans le périmètre de 1 à 10 kms autour du foyer: abattage préventif de tous les palmipèdes élevés en plein air.

Pour en savoir plus sur les communes concernées : arrêté du 24 mars modifiant l'arrêté du 4 janvier définissant les zones géographiques dans lesquelles un abattage préventif est ordonné

  • Des restrictions de mouvements élargies en zone de contrôle temporaire (ZCT)

La ZCT préventive
Pour éviter la propagation du virus H5N8 dans les zones à forte densité d'élevage encore indemnes mais situées à proximité des zones instables, des mesures d'interdiction de mise en place de palmipèdes et de restriction de mouvements ont été prises par arrêté préfectoral.

Voir la liste des communes au 20 mars 2017 (XLS, 56 Ko)

La ZCT post levée de zones de surveillance
Pour éviter la résurgence de nouveaux foyers, lors des levées de zone de surveillance, une ZCT post levée de ZS est mise en place pour maîtriser les conditions de remise en place des palmipèdes.

Voir la ZCT post levée de ZS (XLS, 29.5 Ko)

Dans les autres zones réglementées

  • Zones stabilisées du Sud-Ouest

Pour les gallinacées, la remise en place est d'ores et déjà possible dans les zones stabilisées et dans les zones de surveillance levées.

Liste des communes où les gallinacés peuvent être remis en place au 29 mars 2017 (XLS, 89 Ko)

Carte correspondante au 29 mars 2017 (PDF, 70.42 Ko)

  • Département de l'Ain

Plusieurs cas d’influenza aviaire hautement pathogène ont été détectés récemment dans l'avifaune sauvage (cygnes, oies, héron).

Les mesures de prévention pour éviter la transmission du virus aux élevages de volailles sont rappelées à tous les éleveurs ainsi qu'à tous les usagers en zones humides.

Dans ce contexte, le préfet de l’Ain, a mis en place une zone de contrôle temporaire (ZCT) à l'ensemble de la zone de la Dombes.

Pour en savoir plus : http://www.ain.gouv.fr/influenza-aviaire-situation-en-cours-a4095.html

La France en risque élevé

Pour rappel, depuis le 5 décembre 2016, suite à la détection de plusieurs foyers d'influenza aviaire hautement pathogène H5N8 dans des élevages du sud ouest et sur des oiseaux de la faune sauvage dans le Pas de Calais et en Haute Savoie, le ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt a décidé de relever le niveau de risque vis à vis de la maladie à "élevé" sur l'ensemble du territoire.

En raison de l'évolution rapide de la situation sanitaire en France et dans plusieurs pays européens et par la dynamique de propagation de ce virus, des mesures de protection renforcées sont mises en place pour :

  • les détenteurs de volailles commerciaux ou non commerciaux,
  • les détenteurs de gibiers à plumes,
  • et également pour toutes les personnes susceptibles d'être en contact avec des volailles: transporteurs, ramasseurs, vétérinaires...

Pour en savoir plus :

Le respect des mesures de biosécurité

Au-delà du premier foyer et d'une contamination par la faune sauvage, mais également de proche en proche par une voie aéroportée - quand il s'agit de courte distance - le plus souvent la propagation du virus H5N8 est consécutive à des mouvements entre les différentes exploitations.

Ainsi, la stratégie de lutte mise en place par l’État contre l'influenza aviaire H5N8 ne pourra réussir que si les professionnels s'impliquent auprès des pouvoirs publics à respecter des mesures réglementaires strictes de biosécurité dans les exploitations.

Les opérateurs concernés:

  • les éleveurs sont les premiers acteurs de cette lutte
  • et tous les intervenants dans les élevages: les ramasseurs, les transporteurs, les vaccinateurs, les techniciens, les vétérinaires...

Les vecteurs de contaminations au-delà des personnes sont:

  • les véhicules,
  • les tenues professionnelles,
  • les caisses de transport,
  • la litière, le fumier, le lisier, les fientes,
  • les animaux,
  • les emballages souillés…

Les mesures que les intervenants doivent impérativement respecter, pour éviter la propagation du virus IA :

  • utiliser des tenues de travail propre ou à usage unique , des bottes désinfectées avant d'entrer dans les exploitations
  • se laver les mains et les bras avec du savon - pendant au moins 20 secondes et s'essuyer avec du papier à usage unique avant chaque entrée et sortie de l'exploitation
  • effectuer le nettoyage/désinfection complet des véhicules autorisées avant chaque entrée et après chaque départ d'une exploitation avec l'ensemble du matériel utilisé.

Les mesures que les éleveurs doivent impérativement respecter, pour éviter la propagation du virus IA :

  • interdire l'accès à toute personne extérieure à l'exploitation, si elle n'est pas nécessaire à son activité
  • exigez que les personnes et le matériel entrant dans l'élevage appliquent des règles de biosécurité strictes
  • interdire la circulation de tout véhicule extérieur ou l'introduction de matériel non dédié à l'exploitation.

Pour en savoir plus : Influenza aviaire : protégez vos élevages (PDF, 469.73 Ko)

En cas de suspicion: contactez immédiatement votre vétérinaire ou votre direction départementale en charge de la protection des populations.

La remise en place des volailles

Ce dispositif s'appuie sur l'avis de l'ANSES du 10 février 2017, qui précise les conditions de remise en place des volailles dans les zones réglementées H5N8

Deux stratégies distinctes selon les espèces.

Les conditions de remise en place des Galliformes :

  • Dans les zones de protection et de surveillance

Dans les zones de protection et de surveillance, la remise en place est possible lorsque la zone de protection correspondante est considérée comme stabilisée:

  • pas de nouvelle suspicion dans les 3 semaines suivant l'abattage du dernier foyer
  • absence de suspicion clinique en cours d’investigation
  • visites effectuées dans l'ensemble des exploitations commerciales de la zone de protection.

La mise en place des galliformes est cependant conditionnée au respect de certaines règles pour éviter de potentielles contaminations de ces élevages :

  • les animaux doivent être élevés en bâtiment dès leur arrivée pendant au moins 4 semaines
  • l'élevage de destination ne comporte que des gallinacés (pas de mise en place dans les élevages détenant ou ayant détenu des palmipèdes depuis le début de l'épizootie)
  • respect des mesures de biosécurité
  • pour la remise en place dans une ancienne zone de protection ou stabilisée: dépistage des animaux 21 jours après leur mise en parcours.

Liste des communes où les gallinacés peuvent être remis en place au 29 mars 2017 (XLS, 89 Ko)

Cette liste sera mise à jour régulièrement.

Carte correspondante au 29 mars 2017 (PDF, 70.42 Ko)

Les conditions de remise en place des palmipèdes suite à la levée des zones de surveillance

La mise en place de palmipèdes est possible lorsque toutes les zones réglementées sont levées.

Les zones de protection et de surveillance levées laissent place à une Zone de Contrôle Temporaire (ZCT).

Cette ZCT correspond aux communes des anciennes ZS, dans laquelle les mises en place sont conditionnées :

  • au maintien des animaux en bâtiments pendant minimum trois semaines,
  • la réalisation de prélèvements trois semaines après mise sur parcours s’il s’agit d’un ancien foyer
  • et le respect des règles de biosécurité fixées par l’arrêté du 08 février 2016 .
  • De plus l'éleveur s'engage à :

    • attester sur l'honneur du respect des règles de biosécurité pour la mise en place de canetons, Attestation sur l'honneur (ODT, 24.48 Ko)
    • gérer son lisier soit par assainissement sur site soit par enfouissement ; la capacité de stockage doit être suffisante au regard du nombre d’animaux mis en place 
    • maitriser la biosécurité pour les moyens de transports : circuits dédiés, cages dédiées, capacité de nettoyage et désinfection des caisses et camions 
    • respecter la densité d'animaux mis en place et ainsi se conformer aux conditions inhérentes aux autorisations dont ils disposent en matière de réglementation environnementale.

Attention: les densités d'animaux sur parcours observés cette année montrent que de nombreux éleveurs ont augmenté le nombre d'animaux très au-delà des autorisations accordées.

  • Les autres intervenants doivent également s'engager dans les élevages à respecter des bonnes pratiques afin d’éviter la diffusion du virus d'un élevage à l'autre.

Ces mesures s'appliquent dans toutes les zones où les remises en place sont possibles.

Liste des communes où les palmipèdes peuvent être remis en place au 28 mars 2017 (XLS, 27.5 Ko)

 

Les mesures complémentaires de protection des élevages

Il est attendu de tous les détenteurs de volailles commerciaux ou non commerciaux:

  • le confinement des volailles et autres oiseaux captifs ou leur mise sous filet
  • la réduction des parcours de sorte que soit évitée la proximité des points d’eau naturel, cours d’eau ou mares.

Des dérogations aux mesures de claustration sont possibles pour les détenteurs commerciaux, pour des raisons de:

  • de bien-être animal,
  • de technique d’élevage
  • ou des contraintes liées à un cahier des charges répondant à un signe officiel de qualité: AOP, IGP, Label Rouge, bio et CCP.

Cette dérogation peut être accordée par la direction départementale en charge de la protection des populations dont dépend le détenteur sur la base de l’examen des raisons qui la motivent et d’une visite vétérinaire favorable sur l’application des mesures de biosécurité dans l’élevage.
 
Ces dispositions sont également applicables aux élevages de gibiers à plumes.

Il n’y a pas de dérogation possible pour les élevages non commerciaux. Ils doivent être systématiquement confinés ou protégés par des filets.

Le devenir des animaux abattus

Les cadavres des volailles abattues dans le cadre de la lutte contre l'influenza aviaire sont expédiés vers des usines d'équarrissage, où ils sont transformés en farine par cuisson sous pression à très haute température.
Ces farines sont ensuite :

  • soit utilisées sous forme d'engrais,
  • soit incinérées en cimenteries.

Les farines sont exclues de toute utilisation en alimentation animale notamment comme nourriture pour chiens et chats.

Les restrictions des rassemblements

Les rassemblements de volailles vivantes sont interdits, des dérogations sont néanmoins prévues et encadrées dans les cas où le risque de contamination par l’avifaune et le risque de diffusion du virus sont maîtrisés, sauf pour les palmipèdes.

Il peut ainsi s'agir de rassemblements d’oiseaux réputés élevés en volière et qui ne sont pas en contact avec les oiseaux sauvages.

Si les oiseaux concernés peuvent être en contact avec la faune sauvage, des dérogations sont possibles, sous réserve de respecter plusieurs conditions:

  • pas de contact directs ou indirects, pendant la durée du rassemblement avec des oiseaux sauvages
  • limitation des contacts entre les détenteurs ou d'autres mouvements humains
  • pas de présence simultanée de plusieurs détenteurs sur un même marché, ou 5 exposants maximum seront appréciés au regard de la maîtrise du risque
  • le nombre de volailles présentées doit être le plus limité possible

L'interdiction des lâchers d'oiseaux

Sont interdits les lâchers:

  • de gibier à plumes
  • de canard colvert
  • de pigeon.

Les lâchers de galliformes (notamment faisans et perdrix) peuvent être autorisés sous certaines conditions, tout comme l'utilisation des appelants.

Pour les lâchers, le détenteur s'engage :

  • au respect des conditions de biosécurité de l’arrêté du 1er août 2006
  • à favoriser les facteurs permettant un taux de prélèvement élevé (chasse)
  • à pratiquer les lâchers avec le maximum d’éloignement des zones de chasse du gibier d'eau visées.

Les mesures spécifiques pour la chasse au gibier à plumes

La chasse au gibier d'eau d'élevage (palmipèdes) est interdite, sans dérogation possible.

Pour les détenteurs d'appelants pour la chasse au gibier d'eau, leurs animaux ne peuvent être déplacés ni transportés afin d’éviter le risque de contamination des appelants ou de propagation de l’infection.

Des conditions de dérogation sont possibles pour les appelants.

Pour rappel, le maintien de ces conditions générales de dérogations est conditionnée à l’observation du respect des mesures de biosécurité définies précédemment que ce soit en zone d’élevage ou lors de la chasse. Pour en savoir plus: arrêté du 1er août 2016.