Filière porcine : des exportations en hausse vers la Chine
© Xavier Remongin / Min.Agri.Fr
2016 aura été l'une des meilleures années de la filière porcine française. L'un des facteurs de ce dynamisme ? La Chine. Les exportations tricolores sont passées de 80 milliers de tonnes en 2015 à 140 milliers de tonnes en 2016, hissant la France au 8e rang des pays fournisseurs. Ces exportations représentent un quart de la production totale de la filière porcine française.

Le dynamisme est tel que l'interprofession porcine, Inaporc, a recruté un salarié chinois en 2012. Son rôle est multiple : il aide notamment les entreprises françaises à s'exporter, accompagne les missions d'inspections sanitaires chinoises et apporte un soutien aux exportateurs en cas de crises.

Pour Didier Delzescaux, le relationnel joue en effet un rôle prépondérant dans le développement et le maintien de l'export des produits français. Le recrutement de ce salarié a permis d'accélérer les exportations des entreprises françaises en Chine. Avant cela, il fallait en moyenne dix ans pour obtenir un agrément export : « Les Chinois sont très sensibles à la diplomatie économique ».

Des perspectives favorables au développement de l'exportation de produits porcins

Didier Delzescaux le confirme : « La production porcine a de nombreux potentiels ».

Tout d'abord, le e-commerce, qui est en plein essor. Les Chinois font de plus en plus leurs courses en ligne. L'occasion de mettre en avant les produits français. La France, avec l'appellation « produit en France » écrit en chinois, fournit un marqueur de qualité supplémentaire aux consommateurs. « Ce sera l'occasion de promouvoir le savoir-faire et la gastronomie française et de se démarquer des autres pays exportateurs », souligne le directeur d'Inaporc.

Une seconde piste de développement : la charcuterie. Ce secteur reste encore peu exploité et pour cause, les Chinois n'en mangent encore que très peu : « Parmi les 140 pièces de l'animal, ce sont surtout les abats qui sont exportés, comme les pieds de porc par exemple ».

Enfin, la Chine est un pays agricole dynamique qui pâtit d'une faible productivité, notamment dans le secteur porcin. Les exploitations se consacrent principalement à la culture du riz. « Quelques familles élèvent cinq ou six cochons dans leur cour mais ce modèle tend à disparaître au profit d'exploitations plus développées ».

Autant d'éléments favorables à une perspective de développement de l'export du porc sur le marché chinois.

Des facteurs qui aident à l'implantation des entreprises

Du fait de l'augmentation de la consommation de produits issus du porc, la production locale de la Chine ne suffit pas à couvrir les besoins de la population. En 2015, la filière porcine chinoise produisait 53 millions tonnes tandis que la consommation de porc s'élevait à 56 millions tonnes. Comment expliquer ce déficit ? « La Chine peine à suivre l'évolution de sa consommation. Il manque des surfaces destinées à la production de céréales pour la filière porcine ». Les acteurs français de la filière devront rester attentifs à l'évolution de la consommation et de la production chinoises de porc.

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