FAQ Clonage animal à des fins alimentaires

Clonage animal à des fins alimentaires

De quoi parle-t-on ?

Le clonage (clonage dit SNCT par transfert de noyau de cellules somatiques) est une technique d’amélioration génétique. Une copie génétique d’un animal est produite en remplaçant le noyau d’un ovule non fécondé (cellule-œuf) par celui d’une cellule somatique de l’animal que l’on cherche à cloner pour former un embryon. L’embryon est ensuite transféré dans l’utérus d’une mère porteuse, où il se développejusqu’à la naissance.
Le clonage ne crée pas un nouveau patrimoine génétique mais au contraire cherche à conserver le génome d’une cellule naturelle existante dont le patrimoine génétique, jugé intéressant, n’est pas retouché. Il ne s’agit donc pas d’une modification du patrimoine génétique mais d’une conservation par une technique qui s’inscrit dans la continuité des pratiques de sélection.
Le clone est un animal normal et sa progéniture, obtenue ensuite par reproduction sexuée (monte ou insémination artificielle), est un animal standard dont on a souhaité maîtriser le patrimoine génétique pour améliorer les performances zootechniques ou de résistance. Les descendants de clones sont des animaux standards, impossibles à différencier des autres.
Peu diffusée, la technique du clonage existe à l’état de recherche dans quelques unités en France et dans les États de l’Union européenne.

Quels sont les risques et les enjeux du clonage animal ?

L’ agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail(Anses) comme l’autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) ont rendu des avis collégiaux d’experts concluant à l’absence de risque alimentaire pour le consommateur. Le clonage ne pose donc pas de problème de santé publique.
Des questions de bien-être animal pour les animaux clonés ont été mises en avant s’agissant notamment des conditions de mise bas de clones.
Enfin, s’agissant d’une technique touchant au cœur du vivant et au patrimoine génétique des questions éthiques se posent légitimement. C’est pourquoi, compte tenu de l’ensemble de ces considérations auxquelles les Français sont légitimement attachés (bien être animal, problèmes éthiques potentiels, risque éventuel pour la biodiversité), le ministre de l’agriculture a souhaité que le sujet soit débattu sereinement dans un groupe d’horizons divers (administrations, associations, opérateurs …). Le Conseil National de l’Alimentation (CNA) a donc été consulté et a rendu un avis le 13 octobre 2008. Le refus majoritaire de cette pratique par les citoyens incite le CNA à conseiller un moratoire de cette technique pour la production d’aliments pour des raisons éthiques (notamment résonance avec la faisabilité du clonage humain), d’acceptabilité sociale et d’impact en terme d’image de la qualité des aliments, mais non pour des raisons sanitaires. Lire l’avis du CNA

Quelle est la position des pouvoirs publics ?


Compte tenu des questions de bien-être animal (notamment conditions de mise bas de clones) et des questions éthiques sur cette technique touchant au patrimoine génétique - et donc au coeur du vivant - la France a demandé, au niveau européen, la mise en place d’un moratoire couvrant les clones et leurs produits, ainsi qu’un dispositif complet et ambitieux permettant la traçabilité et l’étiquetage des denrées issues des descendants de clones. Elle rejoint, en cela, la position exprimée par le Parlement européen qui s’est fait l’écho des préoccupations légitimes des citoyens et consommateurs.
Les discussions européennes sur le clonage, initiées dans le cadre de la révision du règlement sur les “nouveaux aliments”, n’ont pour l’heure pas permis d’aboutir à un accord. La position française est cependant maintenue et sera réitérée dans le futur avec le souhait d’une réouverture rapide de nouvelles discussions à l’échelle européenne.

Deux propositions de directives spécifiques au clonage ont été proposées par la Commission fin 2013 et sont en cours d’examen au niveau européen.
Elles concernent les ruminants, les porcs et les chevaux et visent à interdire les activités de clonage des animaux élevés ou reproduits à des fins agricoles, la mise sur le marché d’animaux clonés et des clones d’embryons, ainsi que des denrées alimentaires obtenues à partir d’animaux clonés, et y compris leur importation.
C’est sur cette base que les discussions ont débuté.

Dans l’attente, les denrées alimentaires obtenues à partir d’animaux clonés sont couvertes par le règlement (CE) n°258/97 sur les nouveaux aliments (« novel food »)  : ceux-ci ne peuvent être mis sur le marché qu’après autorisation faisant suite à une évaluation des risques sanitaires.
Aucune autorisation n’a été donnée à ce jour.

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