Europe, forteresse sanitaire alimentaire
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© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr
Bactérie, dioxine, pesticides interdits… Un contrôle sanitaire défaillant d’un pays tiers à l’un des postes frontaliers de l’Europe, et c’est l’ensemble des états membres qui renforcent leurs contrôles. Reportage au Service d'inspection vétérinaire et phytosanitaire (SIVEP) de Roissy, où sont réalisés les contrôles vétérinaires et phytosanitaires de marchandises d’origine animale ou végétale qui atterrissent quotidiennement en provenance des pays tiers.

Un battement de cils d’une E.Coli dans une viande contrôlée à l’aéroport de Vilnius et c’est l’ensemble des postes frontières européens - près de 20 000 fonctionnaires - qui reçoit l’alerte ! Les lots de viande provenant du même établissement sont alors systématiquement analysés lors des 10 arrivages suivants…

« Nous avons une véritable politique harmonisée européenne en matière de contrôle sanitaire. Le scandale de la viande avariée au Brésil (mars 2017) en est une belle illustration : la décision rapide et collégiale de renforcer les contrôles de viandes en provenance du Brésil illustre la grande collaboration entre services. Grâce au logiciel Traces, l’ensemble des analyses effectuées par les différents postes frontières européens est mutualisé » observe Thierry Badin de Montjoye, chef du Poste Frontalier du Sivep de Roissy Charles-de-Gaulle.

L’inspecteur vétérinaire est l’un des 26 fonctionnaires veillant ici, dans leur bâtiment collé aux gigantesques hangars frigorifiques de l’aéroport, à la sécurité sanitaire des aliments et des végétaux importés. Près de 20 000 contrôles sont réalisés chaque année à Roissy, principal point d’inspection aux frontières (PIF). En France ils sont 200 fonctionnaires, agronomes ou vétérinaires à surveiller les 28 points d’entrée communautaire (PEC) et PIF français où arrivent l’ensemble de la marchandise d’origine animale ou végétale en provenance des pays tiers.

Analyse documentaire, visuelle, voire prélèvements pour analyses

Aujourd’hui, François Jacquet, vétérinaire inspecteur, contrôle un lot de viande de cheval originaire du Canada qui vient d’atterrir. Armé d’un couteau - d’un anorak - et d’un scotch, il inspecte les quatre palettes de viande sous vide. Il réalise un premier contrôle documentaire, vérifiant que la marchandise respecte des garanties sanitaires apportées par le pays tiers qui exporte, puis vérifie, à l’intérieur des cartons, que l’identité des lots soit bien conforme à ce que mentionne le certificat.

Certains lots, définis aléatoirement, sont prélevés et envoyés dans un laboratoire agréé pour subir une analyse microbiologique et de contaminants… En 2016, 1 400 lots ont été analysés (200 sur la base de soupçon, 73 sur les contrôles renforcés, 1127 sur base aléatoire)

Contaminations biologiques, chimiques, dioxine, PCB, cadmium, plomb… La liste d’éléments indésirables dans l’alimentation européenne est longue.  Et les résultats très encourageants ! D'après les statistiques nationales du SIVEP, « en 2016, le nombre de produits contrôlés à l’échelle nationale a légèrement augmenté pour un taux de non-conformité en légère baisse par rapport à l'année précédente ».

Reportage au service d'inspection vétérinaire et phytosanitaire de Roissy

Interdiction du diméthoate – la réactivité du SIVEP

Depuis l’arrêté 0099  paru au JO le 27 avril 2017, les inspecteurs agronomes du SIVEP réalisent le contrôle systématique des cerises en provenance des pays tiers qui autorisent des produits phytopharmaceutiques contenant la substance active diméthoate en traitement des cerisiers … « Nous avons la liste des pays utilisant le diméthoate pour lutter contre un insecte ravageur des cerises et contrôlons alors systématiquement les lots de ces provenances. Quelques jours après la parution de cette interdiction au Journal officiel l’an passé en 2016, on a ainsi bloqué un lot de cerises provenant de Turquie, pays autorisant l'utilisation du diméthoate. Une fois que les importateurs prennent connaissance de ces interdictions, ils ne se risquent plus à importer des marchandises en France et l’on ne reçoit plus de genre de lots ».

Lire notre article "La France suspend les importations de cerises traitées au diméthoate"