Et si la solution climat passait par les sols ?

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Find the 4‰ Initiative : Soils for Food Security and Climate

 

<h2><span class="media_embed"><iframe allowfullscreen="true" class="player" frameborder="0" height="288" mozallowfullscreen="true" scrolling="no" src="http://webtv.agriculture.gouv.fr/player-html5-c13b287232941d30c7e9047e73f47226.html" webkitallowfullscreen="true" width="512">L&amp;#39;initiative 4 pour 1000 - Mathias Ginet</iframe></span></h2> <h2><span class="media_embed"><iframe allowfullscreen="true" class="player" frameborder="0" height="288" mozallowfullscreen="true" scrolling="no" src="http://webtv.agriculture.gouv.fr/player-html5-92929fbc55e69c857c8593ff33b9c726.html" webkitallowfullscreen="true" width="512">L&amp;#39;initiative 4 pour 1000 - Mathias Ginet</iframe></span></h2> <p><span class="media_embed">Mathias Ginet est chargé de mission changement climatique - 4 pour 1000 au bureau mondialisation et sécurité alimentaire (DGPE). Il présente l&amp;#39;initiative 4 pour 1000 lancée par le ministère en charge de l&amp;#39;agriculture dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et la conférence Paris COP21.</span></p>

A l’occasion de la 3ème conférence scientifique internationale sur l’agriculture face au changement climatique, Stéphane le FOLL a annoncé le 17 mars 2015 à Montpellier, le projet de recherche international 4 pour 1000. Encore méconnu, ce concept de 4 pour 1000 a été élaboré par des chercheurs de l’Inra pour restaurer la fertilité des sols tout en piégeant en même temps des gaz à effet de serre.

Leur calcul est simple : les sols constituent au niveau mondial le premier stock de carbone biologique - si l’on exclut les océans et les roches sédimentaires. En captant du CO2 de l’air via la photosynthèse, une plante absorbe du carbone. Si cette plante se décompose dans le sol, elle lui restitue son carbone sous forme de matière organique. Le sol s’enrichit alors de carbone, et devient plus fertile. Si l’on augmente ainsi la matière organique des sols agricoles chaque année de 4 pour mille (4g pour mille grammes de carbone stocké dans les sols) on serait capable de compenser l’ensemble des émissions annuelles de gaz à effet de serre produits par la planète. En outre, l’augmentation du taux de matière organique dans les sols est également bénéfique en termes de biodiversité et de capacité de rétention d’eau dans les sols, ce qui est important en période de sécheresse. Les scientifiques s’accordent pour dire que le potentiel de stockage est énorme. C’est un constat général dressé à l’échelle mondiale qui évolue ainsi en fonction de chaque pays. Il faut donc sans plus attendre permettre « au vivant » de jouer un rôle d’amortisseur climatique en stockant du carbone. L’agriculture et la sylviculture constitueraient un élément majeur de la solution climatique mondiale.

Révolutionnaire, ce concept remet en question le modèle agricole dominant et ses pratiques conventionnelles. Dans la continuité du projet agro-écologique, il doit s'accompagner d'un changement de nos modes de production et de notre rapport à la nature. C’est le sens de la démarche "produisons autrement" qui trouve une traduction concrète dans la loi d’avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt adoptée en 2013. Ce serait une erreur de penser qu’un objectif chiffré aussi petit est facile à atteindre de même que penser que la méthode est simple à mettre en œuvre. Il est nécessaire que de l’agriculteur au chercheur, chacun se sente concerné et que chacun ait les moyens de s’entraider et d’œuvrer ensemble.

Pour augmenter le stockage de carbone dans les sols agricoles, les chercheurs préconisent notamment l’amélioration des techniques de fertilisation, la couverture permanente des sols, l’agroforesterie... Recenser et transmettre tous ces moyens pour augmenter la capacité de "piégeage" du carbone par les sols nécessite la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés : c’est l’objectif du programme international de recherche 4 pour mille.

Ce programme associera des chercheurs du monde entier : l’Inra, le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique (CIRAD), l’université de Colombia (Etats-Unis), l'université de Wageningen (Pays-Bas) et d'autres instituts de recherche au Danemark et en Afrique du Sud.

Productions des champs et des bois seront alors considérées comme de véritables pompes à carbone efficaces, sobres en énergie et créatrices de valeur, d’emplois et qui contribue à la sécurité alimentaire !

Le projet « 4 pour 1000 » , à l’interface des enjeux climatiques et de sécurité alimentaire, devra s’articuler, en France, dans l’Union européenne et à l’international, avec les différentes politiques publiques qui impactent l’agriculture et la forêt (politiques foncières, agricoles, énergétiques, etc.).

Il y aura d’ici 2050 plus de 9 milliards d’individus sur la planète. Pour nourrir chacun d’entre eux, il nous faudra produire plus et mieux et accroître encore de 60 % la production alimentaire comme le souligne la FAO. Compte tenu de nos modes de vie, de consommation, et de production, pouvons-nous encore penser qu’un tel défi soit à notre portée ? Ou faut-il se résigner à une course effrénée au gaspillage des ressources naturelles que l’on ne peut plus considérer comme inépuisables ?

Plus nous protégerons la planète, plus nous apporterons une réponse aux plus vulnérables, à ceux qui aujourd'hui souffrent de famine ou de malnutrition. L’Union Européenne s’est fixée comme objectif de réduire d’au moins 40% d’ici à 2030 par rapport à 1990 les Gaz à effet de serre ne signifie rien, si nous ne faisons pas l’effort de préserver dès maintenant la terre, l’eau et les organismes vivants qu’elles abritent.

L’enjeu de la 21ème conférence sur les changements climatiques ou COP21 de Paris au mois de novembre 2015, nous invite à faire de ce programme de recherche, une contribution majeure à l’Agenda des solutions, un moteur de changement pour l’agriculture à l’échelle planétaire. Dès lors, il requiert la mobilisation de financements internationaux en provenance du secteur public et du secteur privé.

 


Les émissions de gaz à effet de serre en quelques chiffres

Les rapports successifs du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat) ont montré que les gaz à effet de serre (GES) émis par les activités humaines sont responsables du changement climatique qui menace l’équilibre de la planète. Le GIEC recommande ainsi de limiter la hausse des températures à 2°C

Pour y parvenir, l’Europe s’est ainsi engagée, à réduire d’ici à 2030 d’au moins 40% ses émissions de GES par rapport aux émissions de 1990.

Aujourd’hui, 24 % des émissions mondiales de gaz à effets de serre sont imputées aux secteurs agricoles et forestiers. L’agriculture, qui est émettrice de gaz à effet de serre, doit avant tout être considérée comme une solution aux dérèglements climatiques. Le formidable potentiel de séquestration du carbone des sols a conduit le Ministre, en lien avec la recherche française et internationale, à proposer le programme « 4 pour 1000 » : un taux de croissance annuel du stock mondial de carbone des sols de « 4 pour mille » permettrait d’absorber et de stocker l’équivalent des émissions anthropiques annuelles de CO2, soit 75 % des émissions de gaz à effet de serre.