Ensemble pour préserver le patrimoine agricole basque
Ci-après crédit
©Xavier.Remongin/Min.Agri.Fr
À Itxassou (Pyrénées atlantiques), le GAEC Haranea produit du porc, des piments d’Espelette et des volailles. Son credo ? Préserver l’agriculture locale et le patrimoine gastronomique basque. Pour réussir ce pari, le Gaec s’est engagé avec trois fermes voisines en GIE, dans une démarche de circuits courts. Il remporte le prix de la "démarche collective" des trophées de l’agriculture durable 2014.

« Faire découvrir les produits basques y compris aux basques eux-mêmes »

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Depuis 1997, le GIE Basaburu rassemble les produits de 4 fermes du quartier d’Itxassou. Yahourts, fromages, légumes, poulets, jambon basque... ils sont servis dans un panier en bois de châtaigner et livrés à un réseau de 250 familles. Équipé d’un ordinateur et d’une banque réfrigérée, le camion de livraison permet de préparer les paniers au fur et à mesure et de commercialiser ces produits fermiers.

« S’être regroupés a permis d’élargir la gamme des produits du panier. Nous voulions préserver l’agriculture locale, quitte à aider d’autres agriculteurs à s’installer à Itxassou » explique Christian Aguerre, un des fondateurs du GIE. Le Gaec Haranea est l’un des pionniers de cette démarche de commercialisation groupée. Le panier lui permet découler la moitié de sa production et d’embaucher un salarié. Depuis 2009, deux associés - Gilles Billaud et Martine Bouquerot - ont rejoint Christian avec un maître mot, la diversification.

« En voyant le désert de la biodiversité agricole, j’ai eu envie de faire découvrir le patrimoine des produits basques, y compris aux basques eux mêmes » explique Christian. Fidèle à sa philosophie, il produit une espèce locale de mais « le Grand roux basque » - environ 500 kg par an- qu’il transforme sur place en polenta et en farine. Il élève aussi des porcs Kintoa, une race de porcs du pays basque qui a failli s’éteindre.

Commercialiser les produits du terroir
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Les rangées de piment s’étendent sur les collines, en contre bas de la ferme à la charpente rouge. Les allées sont binées et plantées d’herbe. « Cela retient le sol en cas de pluie et évite les projections de terre sur les piments » précise Gilles. Ce sont près de 10 000 pieds qui sont plantés ici chaque année, à partir des graines des récoltes précédentes. Cela représente une production annuelle de 500kg de poudre de piment d’Espelette en AOP bio. Poudre, gelée et cordes de piments frais, Gilles prépare en réalité les 3 produits de l’AOC. Les premiers piments rouges sont près à être ramassés : la récolte a lieu de la mi-août jusqu’à la fin novembre.

Martine quant à elle, élève en plein air près de 7000 volailles par an : des poulets, des poules pondeuses et autres canards Kriaxera, une race locale. Ils trouvent en picorant le sol du parcours, à l’abri des jeunes pommiers, un complément alimentaire naturel à l’aliment distribué et débarrassent ainsi les arbres fruitiers de leurs parasites. L’azote est en contrepartie récupéré par les racines des arbres. Ce sont des pommiers de variétés locales comme la pomme à couteau acidulée « Uztail gorri ».