#EGalim : Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs
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Pascal Xicluna / Min.agri.fr

« Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs ». Cet atelier centré sur la valeur est co-présidé par François Eyraud, directeur général des « produits frais Danone », et Serge Papin, président directeur général de l’enseigne Système U.

Les sujets abordés

À l’approche de la conclusion, les participants de l’atelier ont retenu une série de priorités en cohérence avec les ateliers 6 et 7 dont les sujets sont parfois contingents :

  • le développement souhaitable de la contractualisation pour lier l’amont et l’aval des filières (la formalisation de cette contractualisation) ;
  • la définition de clauses de base au sein des filières comme critères utiles à la contractualisation (durée, volume, qualité, mécanismes de prix…) ;
  • la question des prix (coût de production et prix de revient). Se doter d’indicateurs précis qui puissent guider les opérateurs ;
  • rôle de l’Observatoire français des prix et des marges en lien avec les indicateurs fournis par FranceAgriMer. Collecte et analyses des données qui pourraient être valorisées et servir de critères d’évaluation ;
  • l’articulation et l’équilibre à trouver entre médiation et arbitrage ;
  • l’information donnée aux professionnels et aux grand public sur la valeur.

Pour François Eyraud, « les participants de l’atelier ne peuvent pas être d’accord sur tous les points, mais l’essentiel est qu’il y ait une meilleure connaissance et compréhension entre les différents acteurs. Cela signifie que chacun soit en mesure de faire des concessions et d’assumer les différentes prises de position pour créer une dynamique positive. Il ne faut pas laisser les agriculteurs dans une situation compliquée, ce n’est pas soutenable ni pour eux, ni pour les filières, ni pour le consommateur ».

Serge Papin : « Pour moi, les EGA doivent servir à changer l’état d’esprit par le dialogue. C’est la première fois que je note une telle qualité de dialogue entre toutes les parties prenantes qui se respectent, ce qui ne signifie pas que tout le monde est d’accord. Ces échanges de bonne tenue devraient inspirer ce qui peut se passer après la fin des ateliers. Il y a un partage : les prix agricoles payés aux producteurs sont insatisfaisants, tout le mode le reconnaît. Nous misons sur un projet de réconciliation avec l’ensemble des filières qui se traduira par un contrat innovant. Nous allons vers un compromis sur ce contrat qui doit être encore amandé. La priorité est d’obtenir un contrat qui relie l’ensemble des parties et qui inverse la construction du prix en partant du producteur ».

Les parcours des co-présidents

À la tête des produits frais depuis cette année, François Eyraud a construit une grande partie de sa carrière chez Danone. Il a commencé dans le groupe au Mexique en 1986. Après un passage chez Pepsico Snack France en 1988, il revient chez Danone. En 2002, il en devient le directeur commercial Mexique, puis directeur général de la logistique en Argentine avant de partir dans la division eaux comme directeur général en Argentine en 2008. Depuis 2013, il occupait le poste de directeur général de Bonafont au Mexique.

Né de la fusion entre BSN et Gervais Danone en décembre 1972, Danone est surtout le fruit de la rencontre entre deux personnalités, Daniel Carasso et Antoine Riboud. Un management différent redéfinissant la responsabilité de l’entreprise a été mis en œuvre pour donner naissance du double-projet économique et social de Danone. Depuis le groupe a considérablement développé ses activités à l’étranger : alors que Danone réalisait 70% de son chiffre d’affaires en Europe occidentale en 1996, en 2013, 60% des ventes proviennent des pays émergents.

Avec plus de 100 000 salariés à travers le monde entier, Danone est aujourd’hui :

  • leader sur le marché des produits laitiers frais,
  • le n°2 mondial des eaux (en volume),
  • le n°2 mondial en nutrition infantile,
  • le n°1 européen en nutrition médicale.

Serge Papin est le président-directeur général de Système U, depuis 2005. Après avoir entamé sa carrière comme manutentionnaire à l’Intermarché Fontenay-le-Comte, il rejoint le groupe Système U Ouest comme promoteur des ventes à la centrale Loire-Atlantique des Unico en 1976, où il se charge de la création du service communication en 1981.

Au poste de président-directeur général du groupement coopératif Système U, Serge Papin a piloté le lancement de la démarche « sélectionné par vos Magasins U de Loire-Atlantique », ayant pour vocation de « soutenir les producteurs et les emplois locaux » qui compte près de 51 magasins U de Loire-Atlantique et 36 fournisseurs locaux, pour 84 produits. Sous sa gérance, les produits U cherchent à devenir de plus en plus éco-compatibles. En 2012, il se voit récompensé du Trophée de l'excellence bio.

Système U est une coopérative de commerçants de grande distribution français. Avec 10,2% de parts de marché au 31 décembre 2013, il s'agit du 6e distributeur alimentaire en France, après les groupes Carrefour, Auchan, Leclerc, Casino et Intermarché. En 2016, ils comptaient 1 575 point de vente.