#EGalim : Faciliter l’adoption par tous d’une alimentation favorable à la santé
Crédit ci-après
© Xavier Remongin / Min.Agri.Fr

Dominique Voynet, inspectrice générale des affaires sociales, préside l'atelier « Comment faciliter l’adoption par tous d’une alimentation favorable à la santé ? ». Un thème à la croisée de 3 sujets fondamentaux pour ces États généraux que sont l’alimentation, la santé et l’environnement.

À ce sujet elle souligne : « Le calendrier de ces ateliers sur des sujets aussi lourds, est très serré, ce qui fait le président est le gardien du temps pour que chacun puisse s’exprimer et que personne n’ait le sentiment d’avoir été négligé et sa parole non entendue. La difficulté sur un sujet qui associe alimentation et santé est que les parties prenantes sont nombreuses, avec des niveaux d’information sur les données scientifiques et les pratiques très hétérogènes. Il faut avoir un moment de formation collective pour que chacun ait le même niveau d’information sur tous les sujets (état des consommations nutritionnelles, état de santé de la population liée à cette consommation, l’évolution des pratiques de la grande distribution,…).

Nous allons parler de la qualité nutritionnelle et la prochaine fois ce sera sur la constitution du prix et la manière dont on peut en faire bouger les paramètres lorsqu’on compare de tels éléments à la qualité pour savoir si le partage de la valeur ajoutée est équitable. Il y aura aussi une séance sur l’information aux consommateurs , sur leur formation aux questions sanitaires. Le sujet des contaminants est traitée dans l’atelier 8. Mais on voit aussi qu’il est également difficile de parler de nutrition sans évoquer l’alcool. La question des DOM a également été identifiée. Ce sont des sujets qui relèvent de l’expérience de chacun, traités dans des situations et des territoires très différents (des représentants d’associations à la grande distribution).

Parmi les déterminants de la santé alimentaire, deux points sont fondamentaux :

  • L’hétérogénéité des territoires avec des différences d’espérance vie
  • Les modes d’alimentation et la question sociale qui peut entraîner des maladies (diabète hypertension,…)

D’autres enjeux  pourront être approfondis, notamment en s’appuyant sur le Conseil National de l’Alimentation ».

Le parcours de Dominique Voynet

Dominique Voynet est inspectrice générale des affaires sociales depuis le 17 avril 2014. Retour sur les combats qui ont forgé l’ancienne ministre de l’aménagement du territoire et de l’Environnement du gouvernement Jospin.

En 1985, elle devient médecin anesthésiste. Elle est élue à la tête des Verts de Besançon. Elle est aussi présente sur plusieurs fronts, écologiques, sociaux et syndicaux.

Plus jeune ministre du gouvernement et première ministre verte de l’histoire de la République française, Dominique Voynet s’attache à faire valoir ses idées ; quelques mesures phares symbolisent son action : elle participe très activement aux négociations du protocole de Kyoto, fait voter la loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire, fait imposer un moratoire européen sur les OGM, et adopte un plan national de lutte contre le changement climatique.

En mars 2008, elle devient une des rares femmes à diriger une ville de plus de 100 000 habitants et reste maire de Montreuil jusqu’en 2014 . Elle est enfin l'une des rares personnalités politiques françaises à avoir siégé dans les trois chambres parlementaires : Assemblée nationale, Sénat et Parlement européen.

Les travaux s’engagent sur l’actualité de la publication du rapport nutrition santé rendu publique et dont le contenu peut nourrir la réflexion et sur le discours du président de la République à Rungis. Mettre un terme à la glissade des prix, tout en hissant la production à un niveau de qualité supérieur en partageant les efforts des différents acteurs impliqués font partie des points retenus.

La place de la santé dans les États généraux de l'alimentation est donc essentielle. Les inégalités sociales et territoriales sont préoccupantes. Le coût collectif d’une alimentation qui ne garantit pas la santé de nos citoyens est évalué à plus d’1 milliard d’euros. Les enjeux à traiter au sein de l’atelier ont été ainsi identifiés.

  • L’alimentation est un sujet du quotidien, très différent de la notion de nutrition. Un enjeu essentiel consiste à définir une alimentation propre à la santé : la recherche d’un bien-être physique, psychique et social en cohérence avec la définition de l’OMS.
  • L’amélioration de l’ensemble des séquences, mieux produire, mieux transformer, mieux distribuer, et mieux consommer qui ont un impact sur les travaux de l’atelier.
  • La nécessité de définir une culture commune de l’alimentation qui prenne en compte la diversité des modes de vie selon les territoires, les générations et les catégories socio-professionnelles, avec la volonté de rétablir la confiance et de réduire les inégalités sociales.
  • Mettre en place une gouvernance de l’alimentation au niveau national et territorial pour assurer la cohérence de l’action entre les ministères les différents acteurs
  • Améliorer la formation des personnels de santé, l’information du consommateur notamment à travers l’étiquetage et plus généralement l’éducation à la santé.

Il est enfin nécessaire d’approfondir la question du prix de l’alimentation dans le budget des ménages. De même que la place particulière des DOM en dépit de leur éloignement géographique. Enfin, la question de l’alcool et des compléments alimentaires doit faire l’objet d’une analyse.