Ecoantibio : réunion de travail sur l’antibiorésistance avec les CVO (SIA 2014)

« Je suis très heureux et satisfait d’accueillir ce type de réunion sur l’antibiorésistance à l’échelle européenne, car l’Europe a pris le leadership par rapport aux autres continents dans ce domaine » indiquait Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, en ouvrant la rencontre qui s’est tenue entre les CVO [1] au Salon international de l’agriculture le 27 février 2014. Et la France est moteur dans ce domaine depuis plus de dix ans.

© Patrick.Tallon/Min.Agri.Fr
De gauche à droite, devant les CVO : Loïc Evain, sous-directeur des affaires sanitaires européennes et internationales, Spiridon Doudounakis (Grèce), président du groupe des CVO, Patrick Dehaumont, DGAL, le ministre, Jean-Luc Angot, DGAL adjoint et CVO pour la France, et Alberto Laddomada, chef de la santé animale à la Commission européenne.

« Nous avons organisé cette rencontre informelle avec les
CVO [1] des différents Etats-membres de l’Union européenne [2] et un représentant de la Commission européenne pour partager nos expériences sur toutes les questions relatives à la lutte contre l’antibiorésistance » souligne Patrick Dehaumont, directeur général de l’alimentation. « L’objectif est d’échanger entre nous sur cet enjeu majeur de santé publique animale et humaine pour avoir la meilleure efficacité individuelle et collective ».

Le moment est bien choisi alors que la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt est en discussion au Parlement : dans son titre 3, elle s’intéresse justement à la question des intrants en élevage, et notamment les antibiotiques, pour lutter contre l’antibiorésistance.

Qui sont les CVO ?
Les « Chief Veterinary Officer » (CVO – Chefs des services vétérinaires) coordonnent les services vétérinaires d’un pays. Ces services sont chargés de réglementer et d’assurer l’application des règles en matière de santé animale et de sécurité sanitaire des aliments notamment. La fonction existe dans tous les pays du monde.
Le réseau des CVO se réunit dans le cadre européen ou mondial très régulièrement. Il permet d’harmoniser les règles de lutte en matière de sécurité sanitaire des aliments, des maladies animales, des zoonoses (maladies animales transmissibles à l’homme), de mettre en place les règles de reconnaissance entre pays en matière de sécurité. Ce travail est extrêmement important pour les échanges dans le domaine agroalimentaire.

« L’idée directrice est de faire un bilan des mesures d’ores et déjà mises en œuvre par les Etats-membres et de travailler à leur coordination au niveau européen » souligne Jean Luc Angot, DGAL adjoint et lui-même CVO pour la France. « Les CVO travaillent souvent ensemble et se connaissent très bien, notamment les CVO européens. Nous avons profité de l’opportunité du SIA pour les inviter à Paris et leur permettre de mieux appréhender les spécificités agricoles et agroalimentaires françaises. »

Ambiance d’échanges très ouverte


Cette réunion « informelle », les organisateurs le soulignent, s’est déroulée dans une ambiance d’échange très ouverte et dans un cadre détendu. « Je pense ce type de réunion très important » indique Christianne Bruschke, CVO des Pays Bas. « Je discute beaucoup avec la France sur le sujet de l’antibiorésistance car les Pays-Bas ont des plans très stricts de réduction des antibiotiques. Il est important que les objectifs soient très clairs. Certains pays ne sont pas de cet avis et les échanges que nous avons eu ce matin les aident à une prise de conscience. Les situations sont très différentes selon les pays et la réunion a permis de parler, discuter, faire comprendre les objectifs de chacun. Pour moi aussi, les choses sont plus claires : je vois mieux que nous vivons les mêmes choses en France et aux Pays-Bas. Nous avons les mêmes problèmes et il est très utile de partager nos réflexions ».

De son côté Spiridon Doudounakis, directeur des services vétérinaires grecs et CVO, joue un rôle particulier. Son pays préside l’Union européenne en ce moment et il est président du groupe des CVO. Il a participé à ce titre à l’organisation de la réunion avec les autorités françaises. « Notre réunion informelle est importante car elle permet de donner les orientations de la procédure pour les prochains mois dans le domaine vétérinaire. Elle nous permet de choisir ensemble les orientations dans ce dossier de l’antibiorésistance. Nous avons de très bonnes relations avec l’OIE et tous les collègues français du ministère de l’agriculture. Nous avons eu de nombreux échanges et nous continuerons lors de la prochaine réunion organisée en Crête le mois prochain ».

Partager les initiatives

« Dans les fréquentes réunions des CVO à Bruxelles l’antibiorésistance a été abordée plusieurs fois. Mais nous n’avons jamais le temps de l’examiner à fond. C’est la première fois que chacun des pays présents autour de la table s’exprime. C’est une très bonne chose : nous voyons que chaque pays prend des initiatives dans ce domaine, et il est très important de les partager pour étendre celles qui réussissent et écarter celles qui ne donnent pas satisfaction » reprend JL Angot. « Nous avons demandé à la Commission de réaliser un inventaire de ce qui est fait, et de faciliter les échanges de pratiques. L’Europe est très bien placée dans la lutte contre l’antibiorésistance et il faut qu’elle soit pro-active sur ce sujet au niveau mondial. Alberto Laddomada, le chef de la santé animale à la Commission (DG Sanco), a bien compris qu’il y a une adhésion de la majorité des Etats-membres à cette idée ».

[1] Chief veterinary officer – Chef des services vétérinaires européens

[2] Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Estonie, Grèce, Finlande, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays Bas, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Royaume Uni, Suisse et Portugal

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