Du gazon à foison grâce au grounds manager
Thomas Ovadia en train de tondre le gazon d'un terrain d'entrainement.
©PSG
Absorption des chocs, roulement du ballon, rebond de ballon… et gazon. Quel est le point commun ? Le grounds manager ou gestionnaire des sols. Son savoir-faire ? Entretenir les pelouses pour permettre aux joueurs d’exprimer au mieux leurs qualités footballistiques et d’offrir des moments de grâce aux spectateurs. Ici, avec Thomas Ovadia, 29 ans, c’est sur les terrains d’entraînement du Paris Saint-Germain Football Club (PSG) qu’on découvre ce métier.

Depuis son arrivée au club,  il y a près de deux ans, Thomas travaille au côté de l’orfèvre de la pelouse, l’anglais Jonathan Calderwood. Il gère avec son équipe, composées de sept personnes, les terrains d’entraînement du club "le Camp des Loges". Avant, comme la majorité des autres jardiniers, il a fait ses armes dans le golf. « J’ai une formation pour l’entretien des terrains de golf mais aussi des autres terrains sportifs. » Thomas a effectué toute sa scolarité en alternance, du BEPA Jardins espaces verts, au Bac pro Travaux paysagers au lycée agricole de Vire. Puis un CS de maintenances des espaces sportifs qu’il a poursuivi par une formation responsable technique en aménagement d'espaces sportifs (RTAES) à Tecomah. Il a achevé son cursus par la seule Ecole de Greenkeeper* de France. Celle-ci se trouve au lycée agricole de Dunkerque. « Les techniques sont les mêmes mais ce qui change c'est l’importance des dégâts. Il y a beaucoup plus d’impacts pour le football, donc il y a besoin de plus de travail de remise en état. Il faut imaginer 22 paires de pieds qui foulent le gazon ». Le travail quotidien de Thomas et de son équipe permet d’offrir aux joueurs les meilleures conditions de jeu.

POrtrait de Thomas Ovadia, assistant groundsmanager au club du PSG (Paris Saint-Germain)
Technicité et passion du gazon

Au PSG, Thomas s’occupe de la bonne conduite des terrains, de la gestion du programme de fertilisation des terrains, des traitements fongicides et des aérations. Il doit tout mettre en œuvre pour que les terrains soient toujours dans des conditions optimum pour une équipe de football professionnelle et répondre à leurs attentes. La qualité de la pelouse influe sur le jeu des footballeurs et est donc cruciale. Le gazon, c’est le fruit de son travail : « On travaille sur du vivant. Il faut sans cesse améliorer la qualité de la pelouse. Mon travail est une passion. Je fais juste ce que j’aime ! » Ses missions : soigner la pelouse en la remettant en état, la nourrir en la fertilisant avec de l’engrais et en l’arrosant, la protéger en la recouvrant, la bichonner en la tondant…

Pour Thomas, la pelouse « ce n’est pas juste un sol et de la terre. Il y a de la technicité et de la technologie derrière ». Il raconte : « On n’est pas juste des "pousses tondeuses". Le gazon d’un stade doit répondre à de nombreuses exigences techniques qu’impose les Fédérations françaises et internationales de Football. » Car la hauteur du gazon influe sur la vitesse du jeu « plus il est tondu ras, plus les mouvements des joueurs sont aisés. La pelouse c’est aussi l’outil de travail des joueurs. On cherche la stabilité du sol, une bonne densité racinaire. Un sol trop lourd peut entraîner des blessures. Ici, nous travaillons avec un gazon résistant. » La hauteur de la pelouse n’est pas un détail, elle se joue au millimètre. « C’est entre 18 et 30 millimètres. La pelouse du PSG pousse de 5 à 7 mm par jour » explique Thomas. Le groudsmanager travaille en collaboration avec le pôle performance des joueurs « on va définir avec eux la souplesse du terrain en fonction de l’enjeu du match et de la fréquence des rencontres. Cela a un impact direct sur les muscles des joueurs si le terrain est trop souple ou très ferme. Çela permet également aux joueurs de moins se fatiguer ».

« Il est de notoriété publique que les terrains anglais sont les meilleurs au monde. Grâce à Jonathan Calderwood et à son enseignement, nous aussi on joue dans la cour des grands ! » conclut Thomas.

« Centre d'entraînement Ooredoo (ex "Camp des loges") :

La surface totale engazonnée est de 24 446 m². Elle inclut les terrains de football sur une superficie totale de parcelle de 28 888 m², soit presque 85%.


*Le greenkeeper ou intendant de terrain se définit, en théorie, comme le responsable technique d'un golf : il organise le travail des jardiniers et gère le budget relatif à l'entretien du parcours. Néanmoins, dans la pratique, bon nombre d'intendants de terrains, employés sur de petites structures, assument simultanément les fonctions de jardinier, de mécanicien et de fontainier.

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