Deuxième conférence nationale "Produisons autrement" le 2 avril 2014 au Conseil économique, social et environnemental (CESE)

Le2 avril 2014 a eu lieu la seconde conférence « Produisons autrement », l’occasion pour le ministre Stéphane Le Foll de mettre en lumière les 103 candidats retenus par l’appel à projets « Mobilisation collective pour l’agro-écologie » et financés par le CASDAR. Tout comme la conférence du 18 décembre 2012, cette journée d’échanges était à l’image des projets avec une diversité de territoires, de structures et d’acteurs représentés. Tous ont choisi le collectif pour concilier performance économique et environnementale...

Table ronde n°1 : Performance économique

Comment est-il possible de maintenir voire développer le revenu en améliorant la performance environnementale ?

En Franche-Comté, Fabrice Cuenot, agriculteur en polyculture élevage et Gilles Schellenberger, ingénieur de la Chambre d’agriculture du Doubs Belfort ont présenté l’objectif de leur GIEE : parvenir à l’autonomie fourragère. 37 agriculteurs sont concernés. Pour réussir, ils mettent en place une boite à outils pédagogique pour « lutter contre le campagnol, favoriser la biodiversité et être en phase avec les trois AOC Comté, Mont d’or et Morbier ».

Le collectif de Poitou-Charentes lui, utilise notamment les techniques culturales simplifiées (TCS) pour atteindre l’autonomie protéique. Sa première motivation ? Baisser les charges et améliorer la performance technique. Les agriculteurs ont alors choisi detravailler ensemble pour mutualiser les charges et acquérir du matériel de pointe (bineuse avec assistance GPS). Pour eux, la clé de la réussite est le maintien d’un équilibre entre les deux « E » du GIEE.

Table ronde n°2 : Importance de l’accompagnement

Quel rôle et quelles formes prend l’accompagnement dans la construction du projet puis son déploiement ?

L’animateur doit faire en sorte que les agriculteurs ne soient pas noyés dans une multitude de partenariats qui leur feraient perdre la maîtrise du projet. De plus, le rôle de l’animateur va au-delà d’un simple compte rendu de réunions, il fait le lien entre les parties prenantes.Le maillage partenarial passe aussi par les acteurs publics territoriaux. Dans le Cher, des collectivités territoriales comme le Conseil général, ont une place privilégiée dans l’accompagnement. Toutefois, ils ne sont pas moteurs mais partenaires.

Table ronde n°3 : Filières territorialisées

Quel bénéfice du producteur au consommateur et quel intérêt pour les territoires ?

En Poitou-Charentes, des temps d’échanges sont organisés pour recréer du lien entre le citoyen rural et les agriculteurs. Les « consomm-acteurs » jouent un rôle primordial dans la valorisation des produits et dans la reconnaissance des pratiques respectueuses de l’environnement sur un territoire. C’est la consommation responsable que les porteurs de projet souhaitent mettre en avant.

Table ronde n°4 : Mobilisation des aides et partenariats possibles

Quelle peut être la diversité des aides et la pluralité des acteurs du projet ?

En Limousin, Jouanny Chatoux, agriculteur bio, vice-président des Jeunes agriculteurs témoigne de son expérience originale : il a eu recours à un financement participatif des citoyens.

Autre exemple de GIEE, le collectif SCA voie d’Héraclès s’appuie sur l’Agence de l’eau et le Conseil général du Gard qui participent à la rémunération d’un chargé de projet. A cela, s’ajoutent des aides plus classiques comme celles pour la conversion à l’agriculture biologique.

Ces deux témoignages montrent que les acteurs ont recours à des sources de financement variées, en fonction de leurs partenaires.

A la fin de la table ronde, Dominique Tremblay, vice-président de la commission économie en charge de l’agriculture au Conseil régional des Pays de la Loire apporte le témoignage d’une collectivité territoriale. En effet, les collectivités peuvent financer divers types de projets. Ainsi, le Conseil régional Pays de la Loire apportera 350 000 € d’aides directes à 6 projets non retenus par le CASDAR.

Table n°5 : Lien avec l’enseignement agricole

Quelles synergies peuvent être développées avec les lycées et établissements d’enseignement agricole?

Daniel Sintes, directeur du lycée agricole de Pamiers en Midi-Pyrénées était présent à la table ronde ainsi que Godfrey Browne, directeur du lycée agricole Le Paraclet (Finistère) et Pierre-André Fostier, étudiant en BTS. Cette table ronde a permis d’introduire le colloque "enseigner à produire autrement : le défi de la recherche et de l’enseignement agricole" qui était organisé le lendemain.

Retrouvez la journée du 2 avril 2014 en vidéo :

- Introduction par Catherine Geslain-­Lanéelle, Directrice Générale
des Politiques Agricole, Agroalimentaire et des Territoires (MAAF)

- Film : En route vers les GIEE

- Film:Un autre regard, l’exemple de la Coopérative Nature aux Pays-­‐Bas

- Table ronde 2

- Table ronde 3

- Table ronde 4

- Table ronde 5

 

Consultez le programme
 

Quelles aides mobilisables pour les actions des GIEE?


L’engagement et la démarche des lauréats de l’appel à projets « mobilisation collective pour l’agro-écologie » financé dans le cadre du Programme National de Développement Agricole et Rural (PNDAR) démontrent que partout où la volonté des hommes et les atouts des territoires se rencontrent, des initiatives sont possibles pour faire évoluer les systèmes de production en combinant et en renforçant leur performance économique et environnementale. Ces hommes et ces femmes représentent la nouvelle voie pour nos agricultures et nos territoires et illustrent pleinement le potentiel des futurs groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE).

En savoir plus sur le projet agro-écologique pour la France

Voir le reportage "Au coeur de l’Ardèche verte, des agriculteurs ont choisi le collectif"

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