Des brassées de fleurs entre les rangs de vigne
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© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr
Viticulteur dans le Gaillac, Pascal Pelissou réduit sa consommation d’intrants et soigne ses sols en les couvrant d’une multitude d’espèces. Témoignage.

« La terre coulait. Tous les deux ou trois ans, nous prenions pelles et remorques et nous la remontions. Un jour, j’ai convaincu mon père d’arrêter le labour. C’était il y a dix ans. Depuis, même nos sols très sableux et pentus ne bougent plus, il n’y a plus d’érosion, l’eau ne nage plus dans nos vignes » témoigne Pascal Pelissou, viticulteur à Brens, sur le vignoble de Gaillac.

Dès octobre, lorsque ses 62 hectares de vignes sont au repos, Pascal Pelissou couvre ses sols de plantes. Il sème un mélange de sept espèces (féveroles, vesce, pois fourrager, seigle, orge, navette, phacélie…) qui enrichissent naturellement le sol en carbone et en azote. Au printemps, le viticulteur les détruit mécaniquement. Grâce à ce couvert, ce mulch de protection, il réduit ses désherbants et son temps passé à travailler le sol.

Un GIEE pour enrichir les sols en carbone

Membre du réseau de fermes Dephy - Ecophyto depuis 2010, Pascal Pelissou s’investit dans des formations sur le sol, la vigne et ses ravageurs. « Enherber nos sols réduit l’utilisation d’intrants et augmente la fertilité du sol : c’est le paquet global sol ! Dans le sillage des fermes Dephy, nous avons créé un GIEE sol. Le groupement a acheté du matériel en commun pour implanter et détruire les couverts… Nous avons aussi un rôle de vulgarisation de ces techniques de protection du sol via des journées de formations!»

En 2008, ils sont deux sur l’AOC de Gaillac à enherber leurs vignes. Aujourd’hui, une cinquantaine de vignerons, soit près de la moitié du vignoble, a rejoint la démarche.

« Augmenter naturellement le carbone dans le sol grâce à l’enherbement est une pratique qui mélange environnement, agronomie, économie… et esthétique ! Au printemps, nos vignes sont couvertes de fleurs, c’est un plaisir de les regarder ! Les vignerons ont toujours eu une approche très terroir de leurs sols et ils s’intéressent maintenant de près à la composante biologique de la fertilité du sol, l’évolution de la population de lombrics, de champignons et bactéries. »

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