Dans l'Oise, Yves Chéron élève des agneaux à haute valeur environnementale

Entre forêts et plaines verdoyantes, dans l’Oise, Yves Chéron cultive des céréales et des betteraves. Il élève surtout des agneaux de race « Ile-de-France qu’il vend directement aux particuliers. A chaque vente, il prend soin de coller une étiquette verte sur sa marchandise : « agneau issu d’une exploitation certifiée à haute valeur environnementale (HVE) ». C’est en décembre 2012, que l’exploitation d’Yves Chéron a obtenu la certification HVE, une première en polyculture-élevage -c’est à dire qu’elle atteint le troisième niveau, le plus élevé, du dispositif de certification environnementale des exploitations agricoles.

Qu’ils soient vendus entiers pour un mechoui ou vivants pour désherber les jardins, depuis que l’exploitation d’Yves Chéron est certifiée HVE, les moutons intéressent davantage les riverains. Avec près de 400 ventes d’agneaux par an, la HVE est un bon moyen pour cet agriculteur de communiquer ses engagements environnementaux à sa clientèle.

«  Je ne me suis pas réveillé un matin en pensant à la HVE » explique t-il. En effet, ce sont avant tout des questions économiques qui ont poussé cet éleveur ovin à réduire ses intrants. Il dépensait près d’un tiers du produit de ces ventes en pesticides...

" Effectuer un traitement sur le rang est plus long que de prendre le pulvérisateur surtout lorsque l’on commence "

Puis le Parc naturel de l’Oise-Pays de France a proposé un diagnostic environnemental aux exploitations agricoles de son territoire. Yves Chéron a saisi l’opportunité d’évaluer son exploitation au regard du cahier des charges de la certification environnementale HVE. Plutôt bon élève, il a facilement rempli les critères liés à l’eau et aux infrastructures agro-écologiques (présence sur l’exploitation de haies, bosquets, mares,...) mais butait sur la partie phyto...

Déterminé, l’éleveur a repensé sa démarche en participant à un groupe régional Ecophyto organisé par la Chambre d’agriculture de Picardie. L’objectif pour ces quinze agriculteurs : réduire au maximum l’usage des herbicides. Il a ensuite développé de nouvelles techniques.

Agro-écologie
Grâce à un système de binage sur le colza, avec un traitement localisé sur le rang, il utilise trois fois moins de produits phytosanitaires qu’il n’en utilisaitauparavant pour le même objet. Cela lui permet de combiner performance environnementale avec performance économique. Pour mettre en place cette technique, cet éleveur ovin a investi dans une bineuse autoguidée à 12 rangs. Il a, en conséquence, adapté ses pratiques et plante désormais en ligne.

« Effectuer un traitement localisé sur le rang est plus long que de prendre le pulvérisateur surtout lorsque l’on commence » précise t-il. Un investissement humain qui est à relativisé. Car lorsqu’il compare ses résultats financiers avec ceux des autres agriculteurs du centre de gestion, ils sont supérieurs ! Le tout est de ne pas se focaliser sur les rendements...

Économiser l’azote est aussi un des leviers utiliser par Yves Chéron. L’agriculteur a mis en place une culture intermédiaire piège à nitrates (CIPAN), un mélange de moutarde et de féverole. Ce mélange absorbe les nitrates présents dans le sol en fin d’été et à l’automne et évite ainsi leur entraînement vers les eaux. Il limite également les coûts de fertilisation en restituant l’azote qu’il stocke à la culture suivante. La CIPAN lui permet de capturer plus de 30%de l’azote apporté.... « L’agronomie est une discipline qu’on ne mettait plus en pratique  » avoue l’agriculteur.

Vidéo : Reconnaître et valoriser les pratiques, la certification environnementale