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La politique nationale de conservation des ressources génétiques forestières

24/03/2014


La France est à l’origine de la première conférence ministérielle pour la protection des forêts en Europe (Strasbourg, 1990), au cours de laquelle les Etats européens se sont engagés à mettre en place une politique de conservation des ressources génétiques forestières (résolution S2), engagement réaffirmé en 2004, lors de la conférence interministérielle de Vienne, dans le cadre d’une politique de gestion forestière durable (résolutions V4 et V5).

L’inventaire national des ressources génétiques forestières

Le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt a réalisé le premier inventaire des ressources génétiques forestières présentes sur le territoire français (Métropole et Outre-mer) qui constitue le premier état des lieux des connaissances sur les forêts de France
Ce rapport est constitué de 12 tomes : Consulter le rapport

La politique nationale de conservation des ressources génétiques forestières

Historique
Suite à la conférence de Strasbourg, le ministère de l’agriculture et de la pêche a mis en place dès 1991 une Commission des ressources génétiques forestières (CRGF), qui travaille sur la diversité génétique des principales espèces de la forêt française (chêne sessile, hêtre, sapin pectiné, épicéa commun, pin sylvestre, pin maritime...) ou sur des espèces disséminées, rares ou en disparition (pin de Salzmann, peuplier noir, orme, noyer royal...).

Il s’agit de caractériser la diversité génétique et les capacités d’adaptation aux stress thermiques et hydriques des différentes espèces, tout en définissant une politique de conservation des écotypes les plus remarquables. Une base de données nationale, tenue par l’IRSTEA, recense des unités conservatoires situées sur le territoire métropolitain (principalement en forêt publique) pour les collections in situ, et en pépinières conservatoires de l’Etat pour les collections ex situ. Les unités conservatoires in situ doivent faire l’objet d’une sylviculture adaptée, précisée dans un manuel dont la rédaction a été confiée au Conservatoire génétique des arbres forestiers de l’ONF (unité mixte INRA Orléans/ONF).

Les activités de conservation des ressources génétiques forestières ont été inscrites en 2006 dans le plan d’action forêt de la stratégie nationale pour la biodiversité, puis de nouveau validées en tant que mesures prioritaires par le COMOP Forêt du Grenelle de l’environnement. Un important programme d’inventaire et de caractérisation de la diversité intraspécifique des espèces forestières est réalisé sous l’égide de la CRGF, qui doit éclairer le ministère de l’agriculture et de la pêche sur les priorités de conservation à définir au niveau national. La CRGF fait notamment appel aux compétences de l’IRSTEA, d’AgroParisTech, de l’INRA, de l’ONF, du CIRAD, du FCBA, du Conservatoire botanique des Pyrénées et de France-Nature-Environnement.
- Président de la commission : François Lefèvre (INRA Avignon)
- Secrétariat de la commission : assuré par Eric Collin (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA).

La France participe par ailleurs au financement d’un réseau scientifique paneuropéen EUFORGEN. Celui-ci définit pour une trentaine de pays une méthodologie commune et une stratégie de conservation des ressources génétiques forestières à l’échelle paneuropéenne (de l’Irlande au Caucase).

Documents pour la gestion des unités conservatoires

Bases juridiques pour l’admission des unités conservatoires ex-situ et in-situ

Stratégies nationales par essence forestière

Plaquette

  • Les espèces d’arbre en Guyane française : inventaire de l’IRD
    Le ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, chargé de la forêt, a demandé à l’IRD (UMR AMAP - Herbier de Guyane, basée à Cayenne et à Montpellier) de réaliser un inventaire de la multitude d’espèces arborées présentes en Guyane. Ce travail exceptionnel, réalisé en 2009 sous la coordination de Jean-François Molino, a permis d’identifier 1581 espèces indigènes, dont 117 morphoespèces, à comparer aux 75 espèces forestières indigènes présentes en France européenne. Ces travaux vont conduire à la description de nouvelles espèces pour la Guyane, voire pour la Science. Cette liste n’est qu’un état des lieux provisoire. Il faut s’attendre à le voir s’allonger dans les années à venir.

Bilan quantitatif :
- 1127 espèces ont été observées et mesurées par l’équipe de l’IRD, dont 1089 sur des parcelles d’inventaires botaniques d’arbres. Parmi ces dernières, 123 ne sont représentées que par un seul individu parmi les 75 000 recensés, et 771 par moins de 5 individus. A l’opposé, 174 sont représentées par plus de 100 individus, dont 34 par plus de 500 et 11 par plus de 1 000 individus.
- 86 espèces ne sont pas représentées à l’Herbier de Guyane, 110 autres le sont par un seul échantillon, tandis que 46 espèces le sont par plus de 100 échantillons.
- 61 espèces ne sont connues que de Guyane. Il est pour l’instant bien sûr impossible de se prononcer sur l’aire de répartition des 117 morphoespèces recensées.

Fiches techniques européennes EUFORGEN par essence forestière :

Contribution de la CRGF au débat national sur la stratégie d’adaptation des forêts françaises :

Activité de la FAO dans le domaine des ressources génétiques forestières :

Ressources génétiques forestières : des solutions pour la gestion durable des forêts

Liens utiles

  • Consulter le site de la Conférence Ministérielle pour la protection des forêts en Europe Forest Europe