Conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) sur 5 molécules classées comme cancérogènes « probables » ou « possibles » : qu’en est-il ?
27/03/2015

Le 20 mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a publiéles conclusions d’un groupe de travail de 17 experts sur l’évaluation de la cancérogénicité de cinq substances organophosphorées. Elles sont le fruit de la revue des publications scientifiques disponibles. Elles classent les cinq substances comme cancérogènes "probables" ou "possibles" pour l’Homme.

©Xavier.Remongin/Min.Ag­ri.Fr

Parmi les cinq substances citées, 3 sont déjà interdites en France et en Europe. Il s’agit du diazinon, du tetrachlorvinphos et du parathion.

Les conclusions classent le malathion comme cancérogène « probable » chez l’Homme. Cet insecticide a été utilisé essentiellement de manière dérogatoire, notamment en Guyane, pour faire face au chikungunya, qui était résistant à tous les autres insecticides. Depuis l’annonce du CIRC, l’utilisation de ce produit a été suspendue, et les agences sanitaires vont être amenées à se pencher sur la question de savoir ce qu’elles devront préconiser en cas de nouvelle épidémie face à l’inefficacité d’autres produits.

La dernière substance pointée par l’étude est le glyphosate, herbicide dont la production est la plus importante en volume dans le monde. Ce dernier fait actuellement l’objet d’une réévaluation européenne à laquelle l’ANSES est partie prenante.L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)devra, ensuite, réévaluer toutes les préparations contenant du glyphosate utilisables en France.

Le Ministère chargé de l’agriculture poursuit le travail autour de la réduction de l’usage des produits phytosanitaires, grâce au plan Ecophyto, et ce dans le but de protéger la santé des utilisateurs et des citoyens. La réduction du recours aux herbicides a été d’ailleurs identifiée comme une priorité de la nouvelle version du plan Ecophyto, qui sera publiée à l’été 2015.

De façon plus générale, ces conclusions constituent un signal qui conforte le Gouvernement dans sa mobilisation pour réduire les expositions aux substances chimiques les plus préoccupantes.

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