Co-farming : des start-ups dans le pré
Pascal Xicluna / Min.agri.fr
La transformation digitale du paysage agricole aura contribué au rapprochement des exploitations au-delà de leur proche voisinage. En seulement quelques clics, il est désormais possible de prêter son tracteur, d'échanger ses parcelles, de partager ses pratiques ou ses erreurs. Le but ? Faciliter la circulation des actifs et des savoirs pour une meilleur compétitivité du monde agricole.

L’agriculture vit avec son temps et n'échappe pas au modèle de l'économie collaborative éprouvé dans les secteurs du logement (Airbnb) et des transports (Uber). Depuis quelques années, des agriculteurs "startuppeurs" ont tissées des réseaux de partage dans tout le territoire.

« En 2008, les cours des céréales ont chuté en dessous de leur prix de revient. Pour réduire nos charges, nous avons décidé de louer deux tracteurs de notre Cuma à un chantier de construction d'autoroute », raconte Jean-Michel Lamothe, agriculteur et fondateur de Votremachine.com. Comme sa consœur WeFarmUp, cette plate-forme de mise en relation entre professionnels permet aux agriculteurs et au Cuma de rentabiliser leur matériel en le louant tout en garantissant la transaction.

Autre exemple, Echangeparcelle.fr permet d'échanger une ou plusieurs parcelles éloignées contre un champ plus proche de son exploitation. Pour Idriss Aouriri, fondateur de Laballeronde.fr, un site d'achat et de vente de fourrage en ligne, « l'agriculteur de demain échangera au quotidien des biens et des services en ligne ». Des services ou des conseils précis comme le propose déjà Agrifind, une plate-forme d'échange de compétences agricoles qui offre aux agriculteurs la possibilité de partager leurs expertises de terrain.

Dans un secteur où le collaboratif se forge par la géographie, l'avenir du « co-farming » réside dans la puissance d'intermédiation du web et son potentiel d'interaction.