Chaire de biosécurité en élevage de volailles : 3 questions à Isabelle Chmitelin
21/10/2016
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Isabelle Chmitelin est docteur vétérinaire, directrice de l'École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT).

Comment définir la biosécurité en santé animale ?

La biosécurité peut se définir comme l’ensemble des mesures nécessaires pour protéger les élevages de l’introduction de nouveaux agents infectieux (biosécurité externe). En cas de contamination avérée, les mesures de biosécurité visent à réduire la propagation de ces agents à l’intérieur de l’élevage (biosécurité interne). Au-delà des grands principes, la mise en œuvre effective des recommandations par les professionnels est le véritable enjeu. L’émergence d’influenza aviaire à virus H5 hautement pathogènes, qui a débuté en novembre 2015, questionne notamment les pratiques de biosécurité.

Quelle est la particularité du Sud-Ouest au regard du récent épisode influenza aviaire ?

Dans le paysage international, l’aviculture française se distingue par la très grande diversité des espèces et l’importance des filières sous signe de qualité. Ces productions originales sont particulièrement représentées dans le grand Sud-Ouest, correspondant à une grande partie des territoires des Régions Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Languedoc-Midi-Pyrénées. Sur ces territoires s’opère 75% de la production nationale de palmipèdes gras, ce qui correspond à 28 millions de canards produits chaque année. Les productions sous signes officiels de qualité sont très représentées et sont marquées par un très fort ancrage territorial : l’IGP « Canards à foie gras du Sud-Ouest » représente par exemple 90% de la production du Sud-Ouest. Les élevages de palmipèdes, dans ce contexte territorial, sont exposés à des risques sanitaires très spécifiques et la crise aviaire impose de repenser la maîtrise sanitaire de la production des palmipèdes, pour sécuriser durablement cette filière.

Quelle est la force du projet porté par l'ENVT ?

L’axe prioritaire du projet sera l’étude des leviers permettant de concilier la recherche du meilleur statut sanitaire et la préservation des modes de production très représentés dans le Sud-Ouest (plein air, diversité des espèces, unités de petite taille). L’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse propose de porter une action d’appui scientifique et pédagogique en biosécurité aviaire, sous forme d’une « chaire », en s’appuyant sur le partenariat avec les pouvoirs publics, nationaux et locaux, et les organisations professionnelles. L’objet de la chaire de biosécurité aviaire sera de contribuer à la formation et la recherche en biosécurité en aviculture, en intégrant leurs interactions sanitaires avec les animaux des basse-cours et l’avifaune sauvage. Toutes les espèces avicoles sont concernées et une attention particulière sera portée aux palmipèdes en raison de leur rôle central dans l’épidémiologie de l’influenza aviaire.
 

À propos de l’École nationale vétérinaire de Toulouse

L’École nationale vétérinaire de Toulouse est la plus ancienne grande école toulousaine. Créée en 1828, elle participe à la formation d’un quart des vétérinaires français, futurs cadres de haut niveau à profil scientifique, appelés à relever les enjeux de santé et bien?être animal mais aussi les grands défis de la santé publique actuels et futurs. Au-delà de la formation initiale et continue des vétérinaires, elle est engagée dans de nombreux Masters couvrant des domaines variés.

Connue pour son action en appui aux territoires ruraux du grand Sud-Ouest et sa forte implication dans le domaine des politiques publiques en lien avec la santé animale, l’ENVT développe une dynamique de partenariats qui contribue activement à son rayonnement national et international.

Elle développe ses activités de recherche au sein de sept unités, en partenariat avec l’INRA et l’INSERM, et publie environ une centaine d’articles scientifiques originaux ou de synthèse, par an, dans des journaux internationaux de rang A. Les projets scientifiques internationaux auxquels elle participe lui offrent une vision globale de la santé publique vétérinaire, essentielle à la compréhension, en particulier, de l’émergence de nouvelles maladies infectieuses pour l’animal et pour l’homme. Dans le domaine des sciences animales, l’ENVT contribue activement au transfert des connaissances vers les professionnels, les entreprises et la Société par ses activités de conseil et d’expertise. Les activités de recherche bénéficient directement à la formation des étudiants, en leur permettant un accès facilité aux dernières données acquises de la Science.

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