Brainstorming autour de la future PAC pour les jeunes agriculteurs
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© Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr
Mardi 18 octobre 2016, la fondation Euractiv a organisé un débat sur la PAC et l’avenir des jeunes agriculteurs. Fin août, le ministre avait réuni ses homologues européens à Chambord pour évoquer les conséquences du Brexit et l’avenir de la PAC qui fait comme il l’a rappelé « partie intégrante du projet européen ». Au moment où l’on constate que seulement 6 % de ceux qui s’installent en Europe ont moins de 35 ans, l’Union et la France mènent une réflexion préparatoire aux arbitrages de l’après 2020, censée répondre à la situation des jeunes agriculteurs et encourager leur installation.

Et ce n’est pas parce que la France se situe au-dessus de la moyenne européenne avec 9 % de jeunes agriculteurs, qu’elle n’essaie pas d’anticiper l’avenir de son agriculture comme le souligne Pierre Bascou de la Commission européenne. Sa place de leader européen au contraire, lui confère une responsabilité d’autant plus forte. Mais comme le rappelle Jérémy Decerle, président de Jeunes agriculteurs, il est indispensable de s’entendre dans l’Union sur la définition de ce que l’on considère comme « jeunes actifs ».

Vient ensuite l’environnement dans lequel celui qui s’installe devra évoluer : l’accès aux financements, la question de la transmission des exploitations, l’accès aux services publics en zone rurale rendent le métier plus ou moins attractif. Ces considérations sont forcément contingentes des politiques d’encouragement que les gouvernements peuvent faire pour soutenir leur agriculture, car elles finissent par peser sur le revenu disponible et les choix de vie, comme l’analyse Claude Cochonneau vice-président de l’APCA.

Interpellé sur les réponses apportées par le ministère de l’Agriculture, Julien Turenne, chef du service compétitivité et performance environnementale, a insisté sur les outils mis en œuvre dans la loi d’avenir que ce soit pour améliorer l’aide aux financements et l’accès au foncier. Car dans le système qui domine nos usages en France, c’est en début de carrière que le jeune agriculteur est amené à capitaliser le plus. Une situation difficilement soutenable quand on est confronté à la volatilité des marchés et à l’instabilité des revenus. Il est donc important de ne pas laisser s’engager ceux qui débutent leur carrière, dans des situations à risques, sans que la question du portage financier et du projet ne soit bien cadrée.

Enfin, si le verdissement de la PAC est perçue par tous les acteurs comme une transition utile vers des modèles plus résilients, il est nécessaire aux yeux de tous de faire confiance aux agriculteurs pour accompagner la transition écologique. Même dans un environnement économique concurrentiel de plus en plus dur, on ne saurait évaluer la plus value d’une exploitation à l’aune du seul critère de rentabilité économique. Et sans opposer performance économique et environnementale, sans rompre cet équilibre, tous s’accordent sur la nécessité de définir un modèle européen auquel l’agriculture pourrait s’identifier.

Car ne pas marquer d’ambition pour notre agriculture reviendrait à terme à condamner les acquis de la PAC. A l’abandon progressif des aides couplées, on n’a pas encore substitué d’autres systèmes qui permettraient de garantir les revenus. Certains militent pour que les aides du 1er pilier soient plus attractives et plus adaptables. Mais l’urgence serait plutôt de compléter la boîte à outils des mécanismes de gestion des risques, à commencer par les revenus. Une volonté confirmée par le sénateur Franck Montaugé à l’origine d’une proposition de loi visant à expérimenter un instrument de stabilisation des revenus pour palier leur instabilité.

C’est en apportant des réponses concrètes sur toutes ces questions, que notre agriculture restera performante.