A Bordeaux Sciences Agro, le numérique éducatif n’est plus virtuel !
18/11/2013
08242_139.jpg
©Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr
L’école d’ingénieurs Bordeaux Sciences Agro s’est engagée dans le numérique éducatif il y a 8 ans. Bilan provisoire : beaucoup de temps investi mais des résultats prometteurs, et un retour enthousiaste de la majorité des étudiants !

Aujourd’hui mardi 25 février au salon international de l’agriculture, l’enseignement agricole est à l’honneur sur le stand du ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. Au programme, entre autres, de cette journée : l’innovation dans les établissements.

L’école d’ingénieurs Bordeaux Sciences Agro s’est engagée dans le numérique éducatif il y a 8 ans. Bilan provisoire : beaucoup de temps investi mais des résultats prometteurs, et un retour enthousiaste de la majorité des étudiants !

Le numérique à l’école, rêve ou cauchemar ? Ni l’un ni l’autre sans doute : les nouvelles technologies ne changent pas le rôle de l’école mais elles induisent de nouvelles pratiques pédagogiques. Une petite révolution qui, dans l’enseignement agricole, concerne autant les lycées que les écoles de l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, les pionniers d’hier sont là pour montrer la voie, les réussites et les écueils à éviter. Parmi eux : Bordeaux Sciences Agro, qui s’est lancée dès 2007 dans l’aventure du numérique éducatif.

Dans cette école d’ingénieurs, 99 % des étudiants en première année disposent d’un ordinateur portable personnel. La question n’est donc pas l’accès à l’outil lui-même : il s’agit d’utiliser les technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (les fameuses TICE !) pour tenter de gommer les différences de niveau entre les étudiants. Le choix de l’école : combiner cours en classe et cours TICE à distance dans les mêmes modules. Comme l’explique le directeur des études Jérome Steffe, « il n’y a aucun module 100 % à distance, les étudiants sont toujours accompagnés par l’enseignant. »

Travailler chacun à son rythme

 

Le gros avantage des TICE ? Ils permettent une certaine individualisation du rythme de formation : chaque étudiant peut décider à quel moment il souhaite travailler un exercice, y passer plus de temps au besoin. Mais il y a quelques règles à suivre : « Chaque cours TICE doit s’accompagner d’une auto-évaluation. De plus, il ne doit pas être découpé de la même façon qu’un cours en classe, car tous les étudiants ne vont pas travailler les contenus dans le même ordre.  » Un gros travail d’adaptation des cours pour les enseignants : la première année, un cours de six heures peut prendre plusieurs semaines à créer. Et on ne fait pas semblant : « Mettre un PDF sur une plate-forme pédagogique à destination des étudiants, ce n’est pas faire un cours TICE !  » Les outils sont variés, et au choix de l’enseignant (outils d’animation ou d’écriture, powerpoint avec explications orales, PDF enrichis de vidéos…).

 

Les cours à distance apparaissent dans l’emploi du temps, au même titre que les cours en présence. Une précaution pour éviter un écueil : « Il ne faut pas charger la mule ! Un professeur qui voudrait profiter des cours TICE pour faire ce qu’il n’a pas le temps de faire en classe aurait tout faux !  »

Aujourd’hui 19 modules de l’école sont faits partiellement à distance. A la fin d’un de ces modules (suivi par 100 % des effectifs, un score que peu de cours classiques en amphi atteignent !), les étudiants ont répondu à une enquête anonyme : 84 % d’entre eux pensent que les séances sont efficaces, et 86 % que leur durée est adaptée à l’emploi du temps. Accompagnés par la cellule TICE de l’école, un tiers des enseignants s’est mis au numérique éducatif. Pas encore la majorité, mais pour ceux-là, les bénéfices sont indéniables : « Les TICE ne règlent pas tous les problèmes mais on remet à flot des étudiants qu’on n’aurait pas pu récupérer autrement.  » Pour une école, n’est-ce pas là l’argument le plus convaincant ?

Jérôme Steffe a raconté cette expérience le 6 novembre 2013, lors du séminaire des directeurs des établissements publics locaux d’enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA), à Paris.

En savoir plus sur Bordeaux Sciences Agro sur le site de l’école.

 

Voir aussi