Bleu-Blanc-Coeur, le retour aux sources
©Xavier Remongin/Min.Agri.Fr.
Les progrès agronomiques et les avancées scientifiques modifient le contenu de notre assiette. Les produits Bleu-Blanc-Cœur en sont un exemple. En Bretagne et Normandie, près de 4 000 agriculteurs adhèrent à cette association qui préconise une alimentation animale basée sur l’herbe et les graines de lin oléagineux. L’objectif ? Produire du lait, des œufs et de la viande plus riches en oméga-3.

Tout en préparant les rations de graines de lin qu’il va donner à ses vaches rousses aux grands yeux bordés de noir – on aura reconnu la race Parthenaise – Dominique Levrard, 46 ans, explique son implication dans la charte Bleu Blanc Cœur : « Les grandes idées naissent parfois de choses très simples : beaucoup d’observation, un peu d’intuition, et quelques déductions. Et quand cet ensemble est validé scientifiquement, cela fonde une vraie démarche. » Il poursuit : « Ce qui m’intéresse, c’est la reconnaissance, la validation de pratiques empiriques autour de la chaîne alimentaire. Cela redonne du sens à notre métier de paysan ! »

Des viandes plus riches en Oméga-3

Pour cet éleveur installé dans la Sarthe, à St-Denis-d’Orques, la prise de conscience date de presque vingt ans. Un agriculteur de ses voisins, qui produit du beurre pour sa consommation personnelle, fait un constat : le beurre fabriqué au printemps et en été, lorsque les vaches se nourrissent d’herbe, de trèfle, de luzerne, de lin, a davantage de goût, sa couleur jaune est plus appétissante, il est facile à tartiner, même en sortant du réfrigérateur. En revanche, le beurre produit l’hiver, alors que l’alimentation des bêtes consiste en des tourteaux de maïs-ensilage, a peu de goût, il est très clair, presque blanc et durcit considérablement. De là à supposer que la saveur des aliments est directement liée à l’alimentation animale, il n’y a qu’un pas. Les travaux scientifiques de Pierre Weill, aujourd’hui président de Bleu Blanc Cœur, valident ces observations : les viandes et produits laitiers issus d’animaux nourris de lin ou de luzerne sont beaucoup plus riches en Oméga-3, et pauvres en Oméga-6, ce qui s’avère bénéfique pour le taux de cholestérol, et donc pour la prévention des maladies cardio-vasculaires. Et en plus, c’est bien meilleur dans l’assiette ! Il nourrit ses animaux de graines de lin, entières, cuites, à haute teneur en Oméga-3. Un petit surcoût de production, compensé par un prix de vente un peu plus élevé, et une garantie de qualité. Ainsi, les vaches sont engraissées plus longtemps que chez un éleveur conventionnel.

Au Docteur Mano, micro-nutritionniste de nous expliquer l’intérêt d’un bon équilibre entre oméga 6 et oméga 3 : «  L’élément qui a le plus changé dans notre alimentation en 50 ans est la quantité d’oméga 6 par rapport à celle d’oméga 3. Il est passé de 5 à 22 alors que notre corps requiert un rapport de 5 pour être en bonne santé. Les oméga 6 ont une propriétés pro-inflammatoire alors que les oméga 3 réalisent un effet anti-inflammatoire. Cela influe sur notre santé et entraîne un excès de masse graisseuse.  »

Plus d’infos sur le site Bleu-Blanc-Cœur

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