Arbres et réchauffement climatique : que se trame t-il dans nos forêts ?
La forêt se trouve au cœur des préoccupations climatiques dans une année marquée par la 14ème édition du Congrès Forestier Mondial à Durban du 7 au 11 septembre et la COP 21 qui se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochain.

Infographie: la forêt en France

 

Les effets visibles du réchauffement climatique sur nos forêts

 

En France, le changement climatique est visible. Les températures ont augmenté de 0,9C° en un siècle, ce qui a naturellement des conséquences sur nos forêts. L’augmentation des températures provoque un allongement de la période de végétation. Ainsi, les arbres grandissent aussi bien en diamètre qu’en hauteur et ceci particulièrement dans les forêts de montagne. On constate par exemple une augmentation de croissance de l’épicéa dans les Alpes du Nord et en Auvergne, ainsi que celle du sapin blanc des Vosges. Cependant, le changement climatique ne présente pas que des avantages. Les arbres se retrouvent également confrontés à des attaques parasitaires, à des risques d'incendie et à des risques de tempêtes toujours plus nombreux avec l’accroissement des températures.

 

Une gestion durable pour atténuer les effets du réchauffement climatique

 

Toutefois, les arbres ne subissent pas uniquement les conséquences du réchauffement climatique, ils permettent aussi d'en atténuer les effets, grâce aux rôles qu'ils jouent à différents niveaux. En effet, les arbres ont la capacité de capter le CO2 atmosphérique. Les forêts constituent donc un formidable puits de carbone : un mètre cube de bois stocke une tonne de CO2. Le carbone est ainsi stocké en forêt dans les arbres et dans les sols forestiers. Le bois est également stocké pendant de nombreuses années dans différents matériaux (maison en bois, meubles et objets divers en bois,…). Lorsque l'on utilise le bois dans la construction, à la place de l'aluminium ou de l'acier par exemple, on économise des énergies fossiles qui servent à les fabriquer. Cela diminue en conséquence les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Enfin, le bois présente une autre qualité dans la mesure où celui-ci contribue également au développement des énergies vertes en tant que combustible. La loi sur la transition énergétique et la croissance verte, récemment adoptée le 18 août 2015, prévoit d'augmenter la part des énergies renouvelables dans le modèle énergétique français d’ici 2030. Une des solutions pour y parvenir est de mobiliser de la biomasse, essentiellement issue des écosystèmes forestiers. Il est donc important de mobiliser davantage de bois, et principalement du bois d'œuvre, tout en s’inscrivant dans la gestion durable des forêts.

 

Grâce à l’expansion des forêts françaises en surface, la ressource forestière est présente. À nous de savoir correctement l’exploiter et la mobiliser pour réussir la transition énergétique et la valorisation du matériau bois.

 

L'exemple de la Guyane

Suite aux engagements pris par la France dans le cadre du protocole de Kyoto, de réduire ou compenser ses émissions de gaz à effet de serre, la France doit régulièrement rendre compte du bilan de ses émissions. Ainsi l’IGN, en partenariat avec l’ONF, le soutien du ministère de l'Agriculture et du ministère de l'Ecologie, a mis au point en 2014 une méthode pour qualifier à la fois l’état et l’évolution du l’occupation du sol guyanais dont la forêt représente 96% du territoire.

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