Apprendre à goûter dès le plus jeune âge
©Rébecca Pinos/Min.agri.fr
Et si l’on apprenait à manger comme on apprend à lire ? C’est un peu le principe des classes du goût, initiées dans les années 70 par le spécialiste de l’éducation au goût Jacques Puisais, et relancées en 2010 dans le cadre du Programme national pour l’alimentation (PNA).

L’idée ? Former les enseignants à une méthode d’éveil sensoriel pour qu’ils puissent apprendre aux enfants à mieux déguster les aliments. Cette année, le ministère de l’alimentation et celui de l’éducation nationale ont ainsi mis en place la formation à cette méthode pour 90 enseignants et infirmiers scolaires, dans 6 régions pilotes (Nord, Ile de France, Bourgogne, Centre, Réunion et Alsace). Et dès la rentrée prochaine, le dispositif sera étendu à l’ensemble du territoire national, comme annoncé lors d’un colloque sur l’éducation au goût des jeunes organisé au ministère de l’alimentation les 27 et 28 janvier.

Voir l’interview de Jacques Puisais en marge du colloque

Constituées de 8 séances d’éducation au goût et au fait alimentaire d’1h30, ces « classes du goût » permettent aux enfants de CE2 de mieux se connaître grâce à un travail sur les 5 sens mis en jeu lorsqu’ils consomment un aliment : le goût bien sûr, mais aussi la vue, le toucher, l’odorat, et même l’ouïe (le craquant d’une pomme par exemple). Un apprentissage concret et ludique qui stimule leur envie de goûter des aliments nouveaux et même initialement aversifs, comme les produits amers : l’essentiel est de leur donner l’envie de découvrir le pamplemousse, le plaisir de déguster des endives, ou celui de reconnaître des herbes aromatiques. « Cette approche sensorielle permet à chaque élève d’exprimer ses émotions et ses ressentis », explique Pascale Briand, directrice générale de l’alimentation, précisant : « Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, et en ce sens, ce type d’approche permet de valoriser les élèves en difficulté scolaire et développer leurs compétences psychosociales  ».

Au-delà de l’aspect sensoriel, les enfants sont aussi sensibilisés aux produits des terroirs et au patrimoine alimentaire français, avec une attention particulière sur les produits sous signe de qualité (AOC, Bio, Label Rouge...). L’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) participe d’ailleurs à la formation des enseignants sur ce point. Et pour parfaire la connaissance des petits, les séances peuvent être enrichies d’interventions dans les classes d’agriculteurs, de pêcheurs, d’aquaculteurs, d’industriels, de bouchers, de boulangers, etc... De quoi éveiller la curiosité des enfants, et pourquoi pas, susciter des vocations !

Voir aussi