Antibiorésistance : Vétagro Sup livre son mode d'emploi
Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon (VetAgro Sup)
©Alain.Clergerie/Min.Agri.Fr
Pour la santé humaine comme pour la santé animale, l'antibiorésistance est un défi majeur du XXIe siècle. Enquête à VetAgroSup Lyon, l'une des quatre écoles qui forment les vétérinaires de demain.

Si l’emploi d’antibiotique n’a rien d’automatique, apprendre à les prescrire est en revanche systématique à VetAgroSup Lyon. Dans cet établissement supérieur, l’antibiorésistance est une préoccupation constante qui fait partie intégrante de tous les parcours de formation et ce dès la première année. Futurs ingénieurs agronomes et vétérinaires, tous sont confrontés quel que soit le niveau de formation à ce qui est désormais considéré comme un véritable enjeu de santé publique.

Des élèves vétérinaires dans une salle de classe.
Et c’est d’ailleurs ce qui fait la spécificité d’un tel établissement comme le reconnaît son directeur Stéphane Martinot : « On essaie de faire évoluer les comportements et de sensibiliser particuliers et éleveurs à l’idée que la prise d’antibiotiques ce n’est pas seulement le respect d’un protocole de soin. C’est bien en amont qu’il est nécessaire d’éduquer les utilisateurs ». La lutte contre l’antibiorésistance répond à un double enjeu. Faire de la prévention, dès la conduite d’élevage en veillant à ce que les installations soient conçues pour empêcher toute épidémie et insister sur l’importance de la vaccination. Ensuite, si l’on est contraint d’avoir recours à un traitement, il faut veiller à l’utilisation raisonnée du médicament et connaître la réglementation qui l’accompagne.

Dans les zones à risque, ingénieurs agronomes et vétérinaires travaillent de concert sur le terrain avec les éleveurs. Réfléchir à un mode d’organisation de l’exploitation, c’est déjà anticiper la manière dont on pourra gérer une crise : « Formaliser une problématique à chaque étape de l’enseignement est donc indispensable, à partir du diagnostic jusqu’aux solutions préconisées. Ce qu’on cherche c’est un regard croisé du vétérinaire qui ne se focalise pas uniquement sur le traitement de la pathologie et de l’ingénieur agronome qui doit avoir conscience des risques et des conséquences engendrés par une maladie ». C’est toute une chaîne de responsabilité à bâtir.

 Il n’y a jamais de solution miracle mais des réponses adaptées qui tiennent compte à la fois de la santé de l’animal et de son environnement. Et pour ce qui est de l’élevage, c’est moins la taille de l’exploitation qui est en cause que l’attention portée au bien-être animal. Comme tout être vivant, un animal soigné sans stress développe moins de pathologies. L’intérêt de l’éleveur est donc de veiller au respect de tous ces paramètres : c’est non seulement un gage de réussite pour la qualité de sa production mais aussi une économie réelle sur le coût de revient.

Cette spécificité dans l’approche pédagogique fascine les Américains qui ne considèrent pourtant pas l’antibiorésistance comme un enjeu de santé publique : ceci explique aussi pourquoi VetAgro Sup est un des seuls établissements européen à être accrédité outre-atlantique.

L'enseignement vétérinaire français, c'est :

  • 2 560 étudiants
  • Un taux net d'emploi de 95,2%
  • 4 écoles nationales vétérinaires (l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort, l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, L'Ecole nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l'alimentation Nantes-Atlantique - ONIRIS, et l'Institut d'enseignement supérieur et de recherche en alimentation, santé animale, sciences agronomiques et de l'environnement -Vetagro Sup campus vétérinaire de Lyon)

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