Andresy : la culture du petit-déjeuner
Mise en pot de la confiture.
©Xavier Remongin/Min.agri.fr
Créée en 1952 dans une région de vergers, l’entreprise familiale de confiture Andresy a su au fil du temps consolider son marché tout en restant fidèle à ses modes de fabrication traditionnels. Une telle stratégie s’avère plutôt efficace.

« Il faut faire savoir ce qu’on fait », assène Laure Cassan la directrice dynamique de cette PME de 62 salariés qui ouvre volontiers les portes de son atelier familial des Yvelines. Et ce qu’on fait dans cette entreprise ne doit rien au hasard. Normes obligent, on ne pénètre dans la zone de production qu’après avoir revêtu blouse, charlotte et bottes appropriées où l’on veille scrupuleusement au respect de l’hygiène, un gage de qualité évident pour cette entreprise engagée par ailleurs dans une démarche de Responsabilité sociale. Et que dire de sa fierté de pouvoir même revendiquer le label d’Entreprise du Patrimoine Vivant, une distinction rare dans le secteur de l’alimentation qui lui permet de soutenir la comparaison avec Lenôtre ou le Plaza Athénée.

Andresy fabrique et commercialise de manière traditionnelle 50 % de sa production en marque propre, mais elle sait aussi utiliser ou inventer des recettes de confitures pour d’autres clients, parfois même prestigieux, à la demande. Si l’abricot, la fraise ou l’orange « corse » restent les fruits les plus prisés par le consommateur, un vrai travail de recherche et de développement approprié au goût du client est mené pour chacun d’entre eux. Une telle souplesse permet de travailler autant pour les grandes marques de distribution, que pour l’épicerie fine ou l’hôtellerie de luxe. La réussite tient d’abord au fait que l’on garantisse au consommateur l’origine française des fruits, encore plus importante aux yeux de l’entreprise, que le « fait en France ». Notre gastronomie à la française jouit en effet d’une image flatteuse, dans laquelle Andresy se fond aisément, ajoutant au sucre de canne, les meilleurs fruits qu’elle trouve sur le marché, dont certains sont des IGP que la fabrication empêche cependant de mentionner. Le client lui, choisit la taille, la forme du pot et son étiquetage, mais peu importe le chaudron pourvu que la sensation du goût soit préservée.

Un goût précisément très lié aux habitudes alimentaires qui depuis ces dernières années, évoluent aussi vite en France que dans toute l’Europe. Si le petit déjeuner tend à perdre la place que les générations d’antan lui accordaient, il reste encore associé au bien être, à la santé et au plaisir. Une image très sensible chez les clients étrangers qui représentent 14 % de la clientèle à l’export et que l’entreprise compte bien doubler dans les années à venir. Car c’est bien en répondant au mieux à ces critères de plus en plus plébiscités, qu’Andresy parvient à garder ses débouchés. Etre présent du Maroc à la Thaïlande en passant par la Californie ou le Canada est bel et bien une prouesse pour une entreprise de cette taille qui revendique autant la qualité de ses recettes que les matières premières utilisées à leur fabrication. C’est aussi l’histoire de ces « petites parisiennes confiturières », récit réactualisé de ces batelières de Conflans qui séduit le nouveau consommateur et dont la promotion est assurée grâce aux réseaux sociaux. Les modes et les circuits de distribution évoluent, la recette reste fidèle à l’image d’antan.