Allemagne

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

L’agriculture allemande constitue le socle d’un secteur économique puissant qui, si l’on inclut l’amont et l’aval (y compris la gastronomie), employait en 2012, selon des données encore provisoires, 10,9 % de la population active et 6,3 % de la valeur ajoutée brute.

L’agriculture allemande présente une grande diversité régionale et bénéficie de politiques différenciées par Land. Le Sud (Bavière, Bade Wurtemberg et Hesse) compte de nombreuses petites exploitations familiales, fortement soutenues par les Länder, notamment au travers du 2nd pilier. Les nouveaux Länder sont caractérisés par de très grandes exploitations et tournées vers les grandes cultures ou le maraîchage, le plus souvent issues des grandes coopératives de l’ancienne RDA, qui emploient de nombreux salariés. L’Ouest (Basse-Saxe, Schleswig-Holstein et Rhénanie du Nord) constitue la région agricole en plein essor (production porcine et laitière), qui développe des synergies avec le Danemark et les Pays-Bas voisins.

Au cours des dernières années, les productions animales se sont fortement développées et en particulier la production porcine (hausse de 35 % des abattages entre 2000 et 2012), tout comme les valorisations énergétiques des productions agricoles (biogaz notamment). La nouvelle loi sur l’énergie devrait néanmoins mettre un coup d’arrêt au développement de la biomasse à des fins énergétiques. Par ailleurs, le secteur de l’élevage est sous la pression constante des groupes de protection de l’environnement et de protection animale, laquelle figure dans le contrat de la nouvelle coalition.

L’Allemagne est, en 2012, le 2e importateur mondial de produits agroalimentaires derrière les États-Unis. Si sa balance commerciale dans ce secteur est négative, elle tend à se réduire. En effet, ses exportations croissent et l’Allemagne est désormais le 3e exportateur mondial derrière les États-Unis et les Pays-Bas, mais devant la France, qu’elle a dépassée en 2007.

En 2012, les Pays-Bas, l’Italie et la France restent de loin les premiers partenaires de l’Allemagne, à l’import comme à l’export de produits agro-alimentaires. Néanmoins, la part

de l’UE à 27 dans le commerce extérieur agroalimentaire allemand (76 % des exportations, 69 % des importations en 2012) régresse doucement. Hors UE, les principaux clients de l’Allemagne sont la Russie, la Suisse, les États-Unis suivis de l’Arabie Saoudite et de la Chine et ses principaux fournisseurs sont le Brésil, les États-Unis, la Chine, suivis de la Suisse et de la Turquie.

Les relations franco-allemandes se caractérisent par la densité des échanges au plan politique, professionnel et économique pour rechercher des compromis sur les grandes négociations européennes et internationales comme pour développer des coopérations économiques et scientifiques.

Production agricole

L’Allemagne est le 2e producteur agricole en valeur de l’union européenne derrière la France (55,7 Md€ de productions agricoles en 2012). Plus de la moitié du territoire allemand est utilisé à des fins agricoles, soit en 2011 16,7 Mha. 71 % de la surface agricole sont labourés et les céréales sont les principales productions végétales (55 % en 2013). De plus, 13 % des terres arables ont des utilisations non agricoles : biocarburants, mais aussi biomasse et biogaz. La valeur de la production agricole allemande se répartit quasiment équitablement entre les productions végétales (51 % de la valeur de la production totale) et les productions animales (49 %). Dans ces deux secteurs, la production de plantes fourragères et la production de lait arrivent en tête avec respectivement 16,1 % et 19,4 % de la valeur totale.

Le nombre d’exploitations agricoles diminue de 2,2 %/an et atteint 288 200 en 2012. Le nombre d’exploitations en 2013 est estimé à 283 600. Les salariés agricoles ne représentent que 18 % du total de la main d’oeuvre agricole, la majorité de la main d’oeuvre étant d’origine familiale (52 %) ou saisonnière (30 %).

Si en 2012 la taille moyenne des exploitations est de 58ha en moyenne, le contraste de structures entre Est et Ouest reste très marqué : dans les nouveaux Länder où la structure agricole est héritée des kolkhozes de la période communiste, les exploitations font en moyenne 235ha tandis que l’agriculture de l’Ouest conserve une organisation plus petite avec des exploitations de 46 ha en moyenne, même si cette dernière est en constante augmentation.

En 2012, environ 25 700 exploitations cultivent de la vigne en Allemagne, sur une surface de 99 584ha. La récolte de 2013 est inférieure de 8 % à celle de 2012, mais présente en contrepartie une meilleure qualité. L’Allemagne est le 9e producteur de vin mondial et le 4e à l’échelle européenne. Bien que les Allemands soient de grands consommateurs de vin rouge, la production nationale est principalement constituée de vins blancs, ce qui n’empêche pas le secteur de réaliser la majeure part de son chiffre d’affaires sur le marché intérieur.

Le nombre d’exploitations agricoles en agriculture biologique est en constante augmentation ces dernières années (+2,3 % en 2012). Le marché intérieur de ces produits est en forte croissance et le chiffre d’affaires du secteur est passé de 6,64 à 7,04 Md€ entre 2011 et 2012. Au 31 décembre 2012, 6,2 % des surfaces agricoles allemandes sont cultivées en bio (+1,8 % par rapport à 2011), soit plus d’1 Mha et plus de 23 000 exploitations (8 % du total).

La surface en forêt représente 31 % de la surface du pays, avec un volume sur pied de plus de 3,4 Mdm3 en 2010, le plus important de l’union européenne, devant la Suède et la France. Le secteur de l’industrie du bois emploie 491 600 personnes pour un chiffre d’affaires de 87Md€ en 2012. 35 % de la forêt privée appartiennent à des exploitants agricoles, soit 1,4 Mha.

Dans la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, la biomasse est l’une des plus importantes sources d’énergie (30 %) après l’éolien (36 %). Les ventes d’énergies renouvelables des agriculteurs allemands représentent environ 17 % de la production agricole finale en 2012, soit un total de 8,2 Md€.

L’industrie agroalimentaire allemande a un chiffre d’affaires total de 169Md€ en 2012, soit une augmentation de 3,6% par rapport à 2011, réalisé dans près de 67 000 entreprises employant 555 000 personnes. L’industrie de la viande domine largement avec 24% du chiffre d’affaires total. On retrouve ensuite l’industrie laitière avec 15 % du chiffre d’affaires. Cette répartition montre la forte orientation animale de l’industrie agroalimentaire allemande. La croissance de ce secteur s’appuie en grande partie sur les exportations qui ont augmenté de 11 % en 2012 par rapport à 2011.

Après 12 ans de politique très soutenue en faveur des énergies renouvelables, qui a permis d’abaisser la part du nucléaire dans le mix électrique allemand à 15 %, une réforme est en cours au ministère de l’environnement. Cette nouvelle loi vise à réduire progressivement le soutien aux nouvelles installations de biogaz, qui représente un dispositif coûteux. En 2013, la biomasse compte pour 30 % de l’électricité renouvelable allemande, soit 3 530 MWatt de puissance installée dans 7 770 installations. Le gouvernement voudrait ainsi réorienter les investissements des agriculteurs (à 57% dans le biogaz) vers d’autres sources d’énergie (comme l’éolien et ainsi lutter contre la «maïssisation» des terres agricoles.

Politique agricole

L’agriculture relève de la « compétence législative concurrente », ce qui signifie que tant que l’État fédéral n’a pas légiféré, les Länder sont autorisés à le faire. Quant à la politique structurelle agricole (2nd pilier), elle relève des Länder avec le concours (financier essentiellement) du Bund (la Fédération).

Dans la pratique, à l’exception de la mise en oeuvre du 2nd pilier, c’est la Fédération qui légifère en matière agricole et négocie avec les instances communautaires (pour le compte des Länder dans le cadre du 2nd pilier) tandis que les Länder mettent en oeuvre. Les 16 ministres de l’agriculture des Länder et le ministre fédéral se retrouvent au moins deux fois par an dans le cadre de la « conférence des ministres de l’agriculture » pour définir les grandes orientations de la politique agricole allemande.

Dans le contrat de coalition qui trace les priorités de la 18e législature (2013-2019), le Gouvernement a mis l’accent sur trois thématiques : le développement rural, l’information des consommateurs et la protection animale pour laquelle l’objectif est de faire reprendre les avancées dans la réglementation européenne.

Le découplage des aides directes, total au niveau de chaque Land depuis 2013, va être poursuivi de façon à aboutir, en 2019, à un montant unique à l’hectare sur l’ensemble du territoire fédéral. Un transfert de 4,5 % de l’enveloppe du 1er pilier vers celle du 2nd pilier devrait contribuer à renforcer le développement rural. Pour la période 2014-2020, le montant accordé au 2nd pilier est de 7,049 Md€ avant transfert de 4,5% depuis le 1er pilier et de 8,277 Md€ après transfert, ce qui correspond à environ 1,38 Md€/an. Chaque Land établira son programme de développement rural. La partie de ce programme qui est cofinancée par la Fédération est mise en oeuvre au travers du GAK 1, qui prévoit en particulier la participation financière de la Fédération (60 %) et des Länder (40 %) au financement de la contrepartie nationale.

Echanges commerciaux

Le commerce extérieur global de l’Allemagne continue de croître en 2012 avec une hausse de 3,4% des exportations et de 0,7 % des importations pour atteindre 199 Md€ en 2013, tous produits confondus. La France reste en 2013 le 1er partenaire commercial de l’Allemagne, tous produits confondus, du fait de sa proximité géographique. Si le solde du commerce allemand, tous secteurs confondus, est positif (+ 158 Md€), la balance commerciale agroalimentaire est quant à elle négative avec un déficit de 12,6 Md€ en 2012, qui tend néanmoins à se réduire. L’Allemagne est en effet le 2e importateur mondial de produits agroalimentaires et le 3e exportateur. Ses exportations sont destinées à 76 % à des États membres de l’Union européenne. L’Allemagne reste en 2012 le 1er client de la France, mais on peut noter que la France se positionne également très bien sur le marché agricole allemand : en 2e position pour les exportations et les importations en 2012, derrière les Pays-Bas. Concernant le commerce agricole avec les pays tiers, les importations allemandes proviennent avant tout du Brésil, des États-Unis et de la Chine. Les exportations sont, quant à elles, principalement dirigées vers la Russie, les États-Unis et la Suisse.

Les fruits et légumes représentent les principales importations de l’Allemagne fortement déficitaire dans le secteur. 75% des importations allemandes issues de pays hors UE proviennent de pays en développement et concernent notamment le café, les oléagineux et les fruits exotiques.

Les exports concernent quant à eux principalement des produits animaux, comme le lait et les produits laitiers (fromages), mais aussi les produits de boucherie-charcuterie.

Accords internationaux

L’Allemagne est membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis le 1er janvier 1995 et des organisations normatives reconnues par l’accord SPS (accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires) de l’OMC: le Codex alimentarius, la Convention internationale pour la protection des végétaux et l’Organisation mondiale de la santé animale.

Par ailleurs, elle est membre de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et une coopération renforcée avec la France, depuis quelques années, permet d’harmoniser nos positions au sein de cette institution ainsi qu’au sein du G20. Elle est également membre de l’Organisation mondiale de la vigne et du vin (OIV).

L’Allemagne mène une politique de coopération internationale avec plusieurs pays, structurée autour de programmes (programme Afrique, programme Amérique du sud) et d’accords de coopération signés entre les ministères de l’agriculture, à haut niveau (secrétaire d’État le plus souvent) et prévoyant des rencontres formelles une à deux fois par an. Elle mène ainsi une politique particulièrement active dans des pays en développement comme la Sierra Leone, l’Éthiopie, le Maroc et en projette d’autres en Zambie et au Kenya. Ces programmes, adaptés aux problématiques régionales, permettent la transmission de savoirs, de savoir-faire et de technologies allemands par le biais de fermes expérimentales et de centres agricoles. Cette politique de coopération économique est un point crucial de la politique internationale allemande. L’Allemagne a également une coopération renforcée avec les Pays-Bas, le Brésil, la Russie, la Chine, l’Égypte et l’Ukraine. L’Allemagne, l’un des 6 pays fondateurs de l’Union européenne, est particulièrement impliquée dans la mise en oeuvre de la politique agricole commune depuis sa création. Une coopération très étroite existe avec la France. La relation franco-allemande est souvent considérée comme un moteur dans la conclusion d’un accord en Conseil. Dans le cadre du Traité de l’Élysée, dont le 50e anniversaire a donné lieu à de nombreuses manifestions en 2013, a été instauré le conseil des ministres franco-allemand qui se tient annuellement, alternativement en Allemagne et en France. Des échanges de fonctionnaires ont lieu régulièrement entre les 2 ministères chargés de l’agriculture. L’importance du travail bilatéral sur les négociations communautaires favorise également le développement de coopérations plus techniques (bioénergies, agro-écologie...). Une coopération dans les domaines sanitaire et phytosanitaire a été développée dans le cadre des négociations des conditions sanitaires d’exportation des produits agricoles et agroalimentaires en raison de nos intérêts communs à l’exportation vers les pays tiers (groupe de travail informel associant aussi les Pays-Bas et le Royaume-Uni). Enfin, la France est associée avec l’Allemagne sur un projet de jumelage européen visant au renforcement des capacités des services phytosanitaires en Ukraine.

Relations bilatérales

L’Allemagne, l’un des 6 pays fondateurs de l’Union européenne, est particulièrement impliquée dans la mise en oeuvre de la politique agricole commune depuis sa création. Une coopération très étroite existe avec la France. La relation franco-allemande est souvent considérée comme un moteur dans la conclusion d’un accord en Conseil.

Dans le cadre du Traité de l’Élysée, dont le 50e anniversaire a donné lieu à de nombreuses manifestions en 2013, a été instauré le conseil des ministres franco-allemand qui se tient annuellement, alternativement en Allemagne et en France. Des échanges de fonctionnaires ont lieu régulièrement entre les 2 ministères chargés de l’agriculture.

L’importance du travail bilatéral sur les négociations communautaires favorise également le développement de coopérations plus techniques (bioénergies, agro-écologie...).

Une coopération dans les domaines sanitaire et phytosanitaire a été développée dans le cadre des négociations des conditions sanitaires d’exportation des produits agricoles et agroalimentaires en raison de nos intérêts communs à l’exportation vers les pays tiers (groupe de travail informel associant aussi les Pays-Bas et le Royaume-Uni).

Enfin, la France est associée avec l’Allemagne sur un projet de jumelage européen visant au renforcement des capacités des services phytosanitaires en Ukraine.

Sources : Banque mondiale, PNUD, douanes françaises citées par Ubifrance 2012 et 2013 , douanes allemandes, MAAF, Ambassade de France en Allemagne, Eurostat.

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