Alexandre Martinez, conseiller agricole Pologne et Pays baltes
Alexandre Martinez, conseiller agricole Pologne et Pays baltes©sopexa

En poste à Varsovie, Alexandre Martinez est conseiller agricole auprès de l’Ambassadeur de France en Pologne. Il décrypte les politiques agricoles de la Pologne et des Pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie) et explique les positions françaises pour mieux défendre nos intérêts et ceux de nos entreprises.

Quel est le rôle d’un conseiller agricole ?

La lettre de mission d’un conseiller agricole comporte trois grands axes. Un axe de veille tout d’abord. Nous sommes là pour comprendre et être capable d’expliquer à nos collègues parisiens comment fonctionnent l’agriculture et l’agroalimentaire du pays qui nous accueille, mais aussi le mode de prise de décision autour des grandes négociations communautaires ou multilatérales.

Le deuxième axe c’est l’influence ; une fois que l’on sait comment ça marche, on sait comment procéder pour éventuellement faire changer les positions, pour convaincre du bien fondé de notre manière de voir les choses.

L’influence peut se traduire par la coopération. Nous réalisons, par exemple, des échanges d’expérience entre administrations pour promouvoir nos idées et rapprocher les modèles français et polonais. C’est le cas sur les 4 pays dont je m’occupe et c’est particulièrement intéressant à l’heure où les négociations sur la nouvelle Politique agricole commune rentrent dans une phase finale.

Le troisième axe est celui de la diplomatie économique et de l’appui aux exportations de produits français qui a retrouvé récemment toute sa dimension au sein des ambassades.

Quelles ont été les étapes clés de votre parcours ?

Cela fait un peu plus de trois ans que je suis en Pologne. Ingénieur agronome de formation diplômé d’AgroParisTech, j’ai intégré le corps des ingénieurs d’État du Génie rural, des Eaux et Forêts [1]. J’ai suivi une spécialisation agronomie tropicale et occupé mes premiers postes au Cameroun, en Afrique, et dans les Antilles britanniques sur l’île de la Grenade. Dans ces deux pays, je me suis occupé de la professionnalisation d’organisations paysannes dans les secteurs cacao et café.

J’ai rejoint ensuite le ministère de l’agriculture, où j’ai passé sept ans en administration centrale au bureau des relations extérieures de l’Union européenne sur la politique commerciale et puis au bureau des fruits et légumes.

Début de carrière très international puis centrée sur l’analyse, la conception et la mise en œuvre des politiques publiques, j’ai donc souhaité ensuite prendre un peu de hauteur et me suis dit qu’une capitale comme Varsovie permettrait de voir dans son ensemble une politique en pleine adaptation au service d’une agriculture pleine de potentiel. C’était aussi la capitale qui s’est naturellement dessinée pour des raisons personnelles, puisque je suis "polonisant" et que mon épouse est polonaise.

Sur quels dossiers êtes vous aujourd’hui mobilisés ?

En 2013, l’actualité principale va plutôt tourner autour de la Lituanie puisque ce pays assure à partir du 1er juillet la présidence du Conseil de l’Union européenne et donc la deuxième partie de cette année va être centrée sur leur programme. J’ai déjà l’expérience de la présidence polonaise il y a deux ans. C’est une période qui mobilise beaucoup le conseiller qui assiste les collègues français qui participent aux différentes réunions thématiques. Et s’ils ne peuvent s’y rendre, c’est à lui de tenir le micro.

Je citerai aussi la coopération en cours pour rapprocher nos modèles sanitaires. Plusieurs formations entre inspections vétérinaires ou phytosanitaires nous permettent de créer des habitudes de travail entre des fonctionnaires français, polonais et lituaniens. Ces liens nous aident ensuite dans les prises de position à Bruxelles, dans les négociations pour constituer des coalitions. Et lorsqu’un appel d’offre de jumelage avec les nouveaux voisins de l’Union européenne, l’Ukraine, la Biélorussie, par exemple, est lancée , nous pouvons plus facilement monter ensemble des consortiums pour rapprocher ces pays de nos modèles sanitaires et vétérinaires.


Répertoire ministériel des métiers

Le répertoire des métiers du ministère chargé de l’agriculture décrit l’ensemble des métiers exercés par les personnels du ministère, soit par filières d’emplois, soit par regroupement de compétences. Retrouvez la fiche métier correspondante.


[1] Le corps des IGREF a fusionné depuis avec celui des Ponts pour devenir le corps des ingénieurs des Ponts, des Eaux et Forêts (IPEF)

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