Accueil > Magazine > En Bref > En bio comme en conventionnel, les agriculteurs valorisent les déchets verts (...)

En Bref

En bio comme en conventionnel, les agriculteurs valorisent les déchets verts des villes

06/06/2011

Charles et sa mère Roselyne Dupille cultivent des céréales bio dans les Yvelines. Depuis 1995, la ferme s’est dotée d’une compostière afin d’avoir un fertilisant naturel en recyclant au passage les déchets verts des communes voisines. Aujourd’hui 6 000 tonnes de compost par an sont produites. Un succès.

JPEG - 53.4 ko
Charles et Roselyne Dupille, agriculteurs bio à Flacourt ©Noemie Debot min.agri.fr

A la ferme de Roselyne Dupille et son fils Charles, le bio ce n’est pas nouveau. Depuis 1995, ils cultivent leurs 305 ha de blé, maïs, féveroles et tournesols, sans engrais chimique et ont installé une compostière sur leur exploitation à Flacourt dans les Yvelines. « C’est mon mari qui a eu l’idée de cultiver les céréales en bio. Mais à l’époque c’était très novateur et il a fallu qu’on trouve un fertilisant naturel. C’est là qu’on a commencé à faire du compost », explique Roselyne Dupille. Un procédé qui assure un amendement naturel pour la ferme et aussi pour plusieurs exploitations agricoles alentours car aujourd’hui 6 000 tonnes de compost sont produites par an.

JPEG - 31.6 ko
Le compost produit répond à des normes strictes©Noemie Debot min.agri.fr

Pour faire du « bon compost », 10 000 tonnes de déchets verts (branchages, pelouses...) provenant de la communauté d’agglomération de Mantes en Yvelines (Camy) sont apportées sur la plateforme de Flacourt appartenant à la ferme Dupille. Grâce à un processus de plusieurs mois, les déchets sont valorisés en compost. Le compost améliore la structure du sol et selon sa composition peut apporter des éléments fertilisants à diffusion lente.

Pour Charles, le fils qui a repris la ferme depuis quelques années, le compost est une réelle satisfaction : « même si la compostière me demande pas mal de temps pour en assurer la logistique, le résultat sur mes cultures est flagrant. Aujourd’hui mes terres sont presque trop riches. Je n’ai pas besoin d’ajouter de fertilisants pendant deux ans. Et les autres agriculteurs qui y ont goûté ne peuvent plus s’en passer ! »

Un compost de qualité

La compostière de l’exploitation Dupille reste la seule des Yvelines. Et depuis peu, Roselyne et Charles ont rejoint la soixantaine d’adhérents de l’association des Agriculteurs composteurs de France (ACF). Fin mai, l’association a tenu son assemblée générale à Flacourt. L’occasion pour les dirigeants de rencontrer ses membres et visiter la ferme.

« Chaque agriculteur doit respecter notre charte interne afin de fournir un compost de qualité. En venant chez eux, on s’assure de leur démarche », explique François Dusannier, président d’ACF. La compostière doit être sécurisée et bien s’intégrer dans son environnement. Dans le cadre de cette charte, l’agriculteur composteur contrôle la dégradation et l’hygiénisation des matières organiques en maîtrisant la température pendant la fermentation. Ces critères lui permettent de garantir l’innocuité, la valeur agronomique de l’amendement organique final et sa conformité à la norme de référence pour le type de compost concerné.

JPEG - 32.7 ko
déchargement de déchets verts©Noemie Debot min.agri.fr

À l’échelle nationale, une charte sur la qualité des composts issus des déchets de la collecte publique a aussi été envisagée par le ministère en charge de l’environnement (MEDDTL) dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui, cette charte n’a pas abouti notamment du fait des problèmes posés par le traitement des déchets non triés des ménages mais la valorisation de la matière organique par le biais du compostage ou de la méthanisation reste d’actualité. A ce titre un projet de décret du MEDDTL prévoit que dès 2012, les « gros » producteurs privés de biodéchets seront obligés de les trier et de les faire valoriser . Le but étant de diminuer progressivement l’incinération des déchets et la mise en décharge.

Liens utiles :

Questions - réponses

Quelle part du territoire métropolitain les sols artificialisés occupent-ils ?

Plan du site Foire aux questions Les sites du ministère Autres sites Fil RSS Mentions légales