Accompagner les agriculteurs dans leur démarche DEPHY


À Présent en reconversion dans une station expérimentale près d’Angers, Soizick Rouger a pendant deux ans été animatrice pour l’association Adage 35, dont les agriculteurs membres travaillent à réduire leur consommation d’intrants. Toujours engagée dans une démarche réflexive sur les systèmes de cultures innovants, elle revient pour nous sur son rôle d’ingénieur réseau au sein de l’association, dans le cadre du réseau des fermes DEPHY.


 

 

Tout d’abord, pouvez-vous rappeler quelle est la raison d’être de l’association Civam Adage 35 ?

L’association, implantée près de Rennes, regroupe une centaine d’agriculteurs et d’éleveurs bretons qui font le choix d’une agriculture raisonnée. Afin de diminuer leur consommation de pesticides, ils ont de plus en plus recours à la prairie dans la gestion de leur exploitation laitière. La prairie est un levier intéressant dans la baisse des produits phytopharmaceutiques : c’est pratique et économe. L’idée est que l’agriculteur laisse ses bêtes à l’extérieur le plus longtemps possible. Ainsi, il réduit les coûts liés à la récolte et à la distribution de nourriture, et parce que la vache répand elle-même les éléments fertilisants dans le pré, il utilise bien moins de pesticides. Quand l’IFT (Indicateur de Fréquence de Traitements phytosanitaires, ndlr) moyen en Bretagne est de 2, la moyenne sur nos cultures est de 0,3.

L’association Adage 35 est engagée dans le réseau des fermes DEPHY. En tant qu’animatrice, quel est votre rôle ?

Depuis 2010, j’étais en effet ingénieure réseau, c’est-à-dire que j’accompagnais un groupe de neuf agriculteurs adhérents à l’association Adage 35 dans leur démarche de réduction des pesticides. Mon rôle consistait à organiser et animer des réunions d’échange dans lesquelles chacun argumentait sur ses pratiques, ses problèmes et ses réussites. Ensemble, on détermine comment ils arrivent à atteindre le niveau bas de recours aux produits phyto pharmaceutiques et de quelle manière ils gèrent les adventices, les maladies et les ravageurs. Autour de la table, on dit ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, on accepte les conseils du voisin, c’est ce qui rend la démarche intéressante. Et puis de mon côté, je m’assure qu’avec un faible recours aux pesticides, les agriculteurs conservent un système rentable et sont épanouis.

L’année passée, vous étiez également ingénieure territorial. En quoi cela consiste-t-il ?

En tant qu’ingénieure territoriale, j’animais également un groupe de dix ingénieurs réseaux en Bretagne et en Normandie, dans le cadre de la démarche DEPHY. Cette fois, ce sont les ingénieurs qui échangent entre eux et qui s’interrogent sur la meilleure manière d’accompagner les agriculteurs. Être garant de la démarche DEPHY sur le terrain, ça demande réflexion et entraide. Je m’assurais que la collecte des données soit réalisée dans les formes et, tout aussi important, que ces données soient de bonne qualité. Ensuite à partir de là, j’avais pour tâche d’organiser une synthèse à mon échelle.


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