Tuberculose bovine

11/10/2013

La tuberculose bovine est une maladie contagieuse due à des bactéries qui sont plus ou moins adaptées à certaines espèces.

Situation actuelle

Depuis quelques années, les autorités vétérinaires font face à une augmentation du nombre de cas qui sont passés d’une cinquantaine à une centaine par an avec une concentration dans certaines zones localisées en Côte d’Or, en Dordogne, en Camargue et dans le Sud-Ouest. La maladie s’est également développée chez certaines espèces d’animaux sauvages (sangliers, cerfs et blaireaux), ce qui rend son éradication plus complexe.

La situation est, début 2013, globalement stationnaire : on n’enregistre pas de diffusion active de la maladie mais des difficultés subsistent pour l’éradiquer dans les zones infectées. Depuis 2012, on a mis en évidence des foyers sporadiques dans certaines zones dont certains départements de l’Ouest : 35-50-53, zones dans lesquelles la surveillance a été renforcée de manière ciblée.

Une augmentation significative du nombre de cas pourrait mettre en péril le statut officiellement indemne de la France, qui favorise le commerce international de bovins. Plus de 1,3 million de bovins ont été échangés en 2011 principalement avec l’Italie et l’Espagne. De même, il facilite les importations par les pays tiers d’animaux reproducteurs (environ 50.000 animaux en 2011).

Dans les années 1950, environ le quart des troupeaux bovins étaient touchés par la tuberculose bovine, maladie d’origine bactérienne due à Mycobacterium bovis

Actualités

Surveillance de la tuberculose en élevage : le dispositif expérimental déployé à toute la France
Lorsque une suspicion de tuberculose est détectée en élevage, la Direction Départementale de la Protection des Populations peut proposer un protocole de gestion expérimental. Ce protocole a pour objectif de documenter scientifiquement une stratégie alternative au blocage et recontrôle 6 semaines plus tard en ayant recours au test de dosage de l’interféron Gamma (IFG).
Dans le cadre de ce protocole, des modalités de gestion assouplies sont possibles mais des données doivent être recueillies sur les réactions aux tests cutanés, à l’interféron gamma et au statut du cheptel vis à vis d’abattage(s) diagnostique(s) d’animaux réagissant. En fonction des résultats obtenus, les résultats scientifiques pourront servir d’argumentaire à une évolution de la réglementation relative à la lutte contre la tuberculose bovine.

Description de la maladie

Il existe une souche bovine (Mycobacterium bovis), bactérie responsable de la tuberculose bovine, qui peut être transmise à l’homme dans certaines conditions mais qui touche principalement les bovins.
En France, plus de 99% des cas de tuberculose chez les humains sont dûs à la souche humaine de la maladie (Mycobacterium tuberculosis).

La maladie se transmet aux animaux
- Par inhalation de gouttelettes émises lors de la toux ou d’aérosols contaminés (lorsque les bovins se reniflent de mufle à mufle par exemple).
- Par ingestion, inhalation ou léchage de matières contaminées : lait, eau d’abreuvement, fourrage, pierres à lécher, etc.
- Certaines sécrétions comme le sperme ou l’urine peuvent également être contaminantes.

Comme la maladie évolue lentement, pendant des mois, voire des années, avant qu’elle ne tue un animal atteint, celui-ci peut la transmettre à de nombreux autres animaux de l’élevage avant de commencer à présenter des signes cliniques.

Prévention de la maladie

L’assainissement du cheptel se fait par détection de la maladie dans les troupeaux et élimination des bovins issus des troupeaux infectés, la lutte par traitements antibiotiques ayant toujours été interdite pour des raisons de santé publique.

Le nombre d’animaux abattus dans les foyers est comparable d’une année sur l’autre : en 2010, 12.000 bovins ont été abattus et en 2011, 10.000.

Au cours des années 2000, le taux de troupeaux infectés s’élevait à moins de 0,05% ; il est actuellement de 0,08%. Grâce à des efforts de lutte conséquents, ce taux a pu être maintenu en deçà de 0,1%, ce qui a permis à la France d’obtenir et de conserver le statut "officiellement indemne de tuberculose bovine" reconnu dans toute l’Europe.

Le faible niveau d’infection obtenu a permis de réduire la pression de surveillance dans la plupart des départements, cette surveillance étant très contraignante pour l’ensemble de la filière. La surveillance à l’abattoir a toutefois été maintenue de façon systématique. Afin de préserver les bénéfices de l’assainissement obtenu et d’éviter que la maladie ne s’installe durablement dans la faune sauvage, il convient d’agir pour inverser la tendance.

A cet effet, le ministère travaille au renforcement du partenariat avec les acteurs du milieu de la chasse ( ONCFS, FNC,…) et à l’élaboration d’un cadre réglementaire définissant les mesures de lutte contre la tuberculose chez les animaux sauvages.

Cette situation ne modifie pas le risque pour la santé publique qui reste négligeable compte tenu de la faible prévalence de la maladie (environ une centaine de nouveaux cas par an) et des mesures réglementaires de sécurité sanitaire pour les produits alimentaires issus des bovins : inspection systématique des carcasses, contrôles réguliers des élevages livrant du lait cru pour la consommation humaine, traitement thermique du lait issu des troupeaux suspects. Les problèmes de recrudescence de tuberculose rencontrés actuellement chez l’homme sont dûs à une autre souche de bactérie ( Mycobacterium tuberculosis)

Un plan d’action national

  • La DGAL a mis en place en novembre 2010 un plan d’action national afin de renforcer le dispositif de surveillance existant. Ce plan s’articule en trois axes :
    - Renforcer la prévention
    - Poursuivre l’éradication
    - Renforcer le pilotage à tous les niveaux et mobiliser les ressources nécessaires

Le dépistage précoce réalisé de manière plus intensive dans les zones à risque a permis de mieux maîtriser la diffusion de la maladie. Le nombre de nouveaux foyers détectés a ainsi diminué en 2011 par rapport à 2010 ( - 25% du taux d’incidence de la maladie).

  • Une deuxième version du plan d’action national de lutte contre la tuberculose bovine a été établie en 2012 après concertation avec les partenaires techniques et professionnels. Ce plan prévoit un renforcement des mesures de gestion lors de suspicions de tuberculose, conformément à la réglementation européenne.

Le renforcement du pilotage de ce plan et son positionnement interministériel ont vocation à garantir que les éléments identifiés seront mis en œuvre et qu’au besoin de nouvelles adaptations
pourront être apportées pour faire face à l’évaluation de la situation.

Ce plan positionne la lutte contre la tuberculose bovine dans les priorités de la Direction générale de l’Alimentation pour les trois prochaines années.

Afin d’assouplir le dépistage de la maladie, la France teste depuis début 2012 une nouvelle méthode par intéféron gamma, suite aux avis favorables émis par l’EFSA et l’Anses. Ce nouveau test permettra de bloquer les troupeaux suspects de maladie moins longtemps.

Un protocole expérimental a été défini et mis en œuvre début 2013. La pertinence de l’utilisation du test interféron gamma devra être confirmée avant qu’il soit adopté au niveau européen.

Un protocole expérimental a été défini et mis en œuvre début 2013. La pertinence de l’utilisation du test interféron gamma devra être confirmée avant qu’il soit adopté au niveau européen.

La Lutte contre la tuberculose en 2010 et 2011 représentait environ 20 millions d’euros dont environ 75 % en assainissement des foyers (indemnisation des animaux abattus). Les mesures prévues par le plan d’action représentent un surcoût d’environ 10 millions d’euros en indemnisation (60 %) et en renforcement des moyens de surveillance (20 %) et des aides aux structures en charge de la lutte contre la maladie (20 %) pourront être apportées pour faire face à l’évolution de la situation.

Les fondamentaux

Pour en savoir plus 

Bulletins épidémiologiques Anses-DGAl : bilan annuel de la situation sanitaire

Plate-forme ESA