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Très haut-débit : un enjeu stratégique

19/01/2012

Depuis plus d’un siècle, la course au progrès est engagée pour désenclaver les territoires ruraux isolés. Ce fut le cas des chemins de fer, de l’électricité, du téléphone, des infrastructures autoroutières et plus récemment de l’Internet. Prochain volet de cette longue saga : le très haut-débit. Mais de quoi s’agit-il ?

Le monde de demain sera fait d’échanges numériques dans tous les secteurs : le travail, la santé, la formation, la consommation, l’administration. Depuis plus d’une décennie l’Internet s’est généralisé sur l’ensemble du territoire, mais l’accélération vertigineuse des technologies, des applications et donc des besoins, rendent aujourd’hui nos infrastructures sous-dimensionnées. Dix ans d’investissement pour que les Français accèdent à l’ADSL (20 Mbits en moyenne) et l’on parle aujourd’hui d’un monde numérique qui ne se fera pas sans le très haut-débit (100 Mbits, voire beaucoup plus). La différence ? La même qu’entre une autoroute et un chemin vicinal : la capacité à véhiculer les très grosses charges de données qu’imposent le transfert d’images vidéo, l’interactivité ou l’accès à des bases de données gigantesques en temps réel.

Ce qui intéresse les territoires ruraux, c’est que ce monde à très haut-débit va permettre de vaincre les distances qui les séparent des centres urbains. Les atouts de la campagne (qualité de vie, environnement, prix de l’immobilier, etc.) vont enfin pouvoir devenir des arguments décisifs à une implantation rurale, dès lors qu’il n’existera plus de différence entre présence réelle et présence virtuelle pour la majeure partie des actes de la vie. Le monde de l’entreprise l’a d’ailleurs bien compris puisque bon nombre d’entre elles, de plus en plus interconnectées, réfléchissent à leur implantation non plus en terme de proximité physique (avec les villes), mais de présence territoriale globale où il est question de cloud computing (informatique dématérialisé) et de travailleurs mobiles.

L’enjeu est donc stratégique pour la France dont le territoire est à plus de 80 % rural. L’heure est aux débats et aux programmations pour mettre en œuvre le déploiement de ces réseaux. Débat sur les technologies : fibre optique, satellites, Wifimax, augmentation des performances des réseaux actuels… Mais surtout, débats sur les coûts et les investissements nécessaires. En juin 2010, le gouvernement a lancé le programme national très haut-débit (PNTHD) avec un engagement budgétaire de 2 milliards d’euros. Dans le cadre de ce programme, les opérateurs privés ont été invités à déclarer leurs intentions de déploiement sur le réseau français. Rendues publiques en mai 2011, ces déclarations d’intention montrent une évidence : le raccordement d’une habitation isolée en fibre optique pouvant coûter jusqu’à 5 000 € pour moins de 100 € en ville, les opérateurs privés préfèrent investir dans les zones à forte densité que dans les campagnes.

Le spectre d’une fracture numérique entre rural et urbain inquiète dès lors les collectivités, les élus et les porteurs de projets en milieu rural. Pour palier à ce risque, le gouvernement a ouvert, le 27 juillet 2011, un guichet destiné à cofinancer les projets de déploiement de fibre optique des collectivités territoriales. Doté de 900 Millions d’€ au titre du volet numérique des investissements d’avenir, il permettra de soutenir les investissements des cinq premières années des collectivités qui s’inscrivent en complémentarité avec les initiatives privées. La course au très haut-débit pour tout le monde en 2025 est donc lancée et doit s’inscrire dans la durée. Placées sous le haut-patronage du ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, les assises du numérique (30 novembre 2011, Université Paris-Dauphine) seront l’occasion pour les professionnels, les élus et les pouvoirs publics de faire le point sur les avancées de ce chantier prioritaire pour l’avenir.

Internet au service des familles

Suite à une étude qui recensait les freins à l’emploi des femmes, le pays d’Epernay a mis en place en 2010 www.fairegardermonenfant.fr, un portail Internet qui recense tous les modes de garde possibles sur le territoire. En un clic, une famille peut connaître les disponibilités et les coordonnées des modes d’accueil des enfants de 0 à 6 ans sur 123 communes.
Il suffit ensuite de contacter directement la personne ou la structure choisie. Ce portail permet aux familles de trouver rapidement une solution dans les cas d’urgence sans avoir à se déplacer. Une administratrice a pour mission de faire vivre le site et de répondre aux demandes des partenaires et des familles. -> www.fairegardermonenfant.fr