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Territoires et ruralité : quels enjeux?

19/01/2012

« Dis moi où tu habites, je te dirai qui tu es » … qui pourrait se risquer à une telle affirmation ? En quelques années, l’opposition ville / campagne a perdu de sa pertinence tant les modes de vie ont changé. Si Paris et les grandes métropoles régionales restent des pôles économiques majeurs, l’exode rural s’est inversé. Un mouvement démographique qui s’accompagne de nombreux autres bouleversements. Le TGV vient de fêter ses 30 ans, Internet renouvelle les loisirs et l’organisation du quotidien. Les nouvelles technologies modifient les pratiques professionnelles. Le développement des énergies renouvelables crée des opportunités économiques. Dans de nombreux secteurs, des activités et des formes d’emplois différentes se mettent en place. Une nouvelle carte de France se dessine. L’enjeu est majeur pour les territoires ruraux et leurs habitants.

Vivre à la campagne ? Depuis une quinzaine d’année, c’est une évidence pour de nombreux ménages qui y voient de nombreux avantages : plus d’espace, plus de temps, moins de stress, des logements plus accessibles, une vie quotidienne plus facile, une vie sociale plus immédiate qu’en ville, etc.
Dans l’imaginaire collectif, il n’est plus ringard d’habiter à la campagne. Depuis 1990, les campagnes françaises gagnent des habitants, dans presque toutes les régions. Une mutation démographique qui met fin à plus d’un siècle d’exode rural. Les néo-ruraux sont, le plus souvent, des familles avec enfants ou des retraités actifs.
Pour autant, ce dynamisme ne bénéficie pas de la même manière à tous les territoires. Le littoral fait partie des territoires les plus convoités. Les grandes métropoles régionales drainent une populations importante dans les départements ruraux voisins. De nombreuses communes auparavant “rurales” sont désormais dans l’aire urbaine.
Le phénomène de périrubanisation ne se limite pas aux plus grandes villes de l’Hexagone. Et par ailleurs, une région trés rurale comme le Limousin a su enrayer un déclin de population pourtant très marqué en menant notamment de nombreuses actions pour favoriser l’arrivée et l’installation de nouveaux ruraux.

"Trois France rurales"

La campagne française est loin d’être homogène. La Datar a dressé une typologie qui distingue “trois France rurales”. Les territoires à dominante résidentielle en périphérie des villes, les campagnes à dominante agricole et enfin les espaces multifonctionnels, avec des ressources patrimoniales importantes et attractives. Onze millions de français vivent aujourd’hui à la campagne dont près de la moitié en zones isolées.

©Pascal.Xicluna/Min.Agri.Fr

Pour mieux prendre en compte cette diversification des espaces ruraux et leurs nouveaux enjeux, une grande consultation publique a été lancée en 2010, avec la volonté de partir des habitants et de leurs besoins. Plus de 80 000 personnes ont participé aux Assises des territoires ruraux. Plusieurs priorités ont été mises en avant —les transports, l’accès à la médecine de proximité, le développement des services à la personnes, le logement— avec une attention particulière pour l’accès à l’Internet haut débit. Pour les pouvoirs publics, l’Internet a très haut débit, fixe et mobile, est une infrastructure majeure du développement économique et social des 40 ou 50 prochaines années. Le gouvernement a lancé en juin 2010 le programme national très haut débit, avec l’objectif final que tous les foyers aient accès, avant 2025, à un service très haut débit grâce à la fibre optique ou à la technologie la mieux adaptée à leur territoire. Autre axe majeur de l’action publique pour soutenir les projets innovants, créateurs d’emplois en milieu rural : les pôles d’excellence rurale (PER).

Deux génération de pôles d’excellence rurale

Depuis 2005, deux générations de PER ont été labellisées. Les domaines d’interventions sont très variés : la promotion des richesses naturelles, culturelles et touristiques, la valorisation et la gestion des bioressources, l’offre de services et l’accueil de nouvelles populations, l’excellence technologique pour des productions industrielles, agricoles, artisanales et des services localisés.
Cela a permis de maintenir et de créer plus de 40 000 emplois en espace rural. Une nouvelle génération de 264 pôles d’excellence rurale (décret de labellisation septembre 2011) vise à faire émerger des projets générateurs d’activités économiques, d’emplois directs, de valeurs ajoutées et de développement local en favorisant de nouvelles dynamiques territoriales.

En septembre 2011, lors de la présentation du budget de son ministère pour 2012, Bruno Le Maire a annoncé une enveloppe de 287 millions d’euros pour la politique d’aménagement du territoire, avec deux objectifs majeurs : renforcer la compétitivité et l’attractivité des territoires (114 millions d’euros) et favoriser le développement solidaire et équilibré des territoires (146 millions d’euros). Rappelons qu’au-delà de ce programme relevant du ministère chargé de l’aménagement du territoire, les crédits alloués à l’ensemble des politiques d’aménagement du territoire et répartis sur les différents budgets ministériels représentent 5 milliards d’euros.

Tous les pôles d’excellence rurale sont sur http://poles-excellence-rurale.datar.gouv.fr/

Retrouvez le magazine des territoires et la prospective Territoires2040 sur territoires.gouv.fr