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Sécheresse, aridité, manque d’eau, stress hydrique... le point sur la question

04/04/2012

Sans eau, pas d’agriculture. Comme toutes les activités humaines, cultures et élevages ont un besoin vital de l’eau qui circule dans la nature. Un déficit prolongé de cette ressource peut affecter l’activité agricole. Mais qu’entend-on vraiment par sécheresse ?

Avec ses 2 000 milliards de m³ d’eau souterraine, avec ses pluies habituellement abondantes et son réseau hydrométrique très dense, la France ne manque a priori pas d’eau. Elle reçoit chaque année environ 400 milliards de m³ d’eau de pluie, dont les deux tiers s’évaporent. Les 175 milliards de m³ restant alimentent quant à eux les eaux de surface et souterraines.

Toutefois, la quantité des eaux souterraines peut varier en fonction de leur niveau de prélèvement et de leur taux de renouvellement. Ainsi, un déficit pluviométrique pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, l’hiver, va empêcher les nappes phréatiques souterraines de se recharger suffisamment.

Les sols agricoles constituent un stockage intermédiaire (réserves superficielles) qui assure l’alimentation des productions végétales. Ces réserves superficielles sont généralement saturées l’hiver et leurs surplus alimentent les nappes phréatiques. Au printemps et l’été, elle se réduisent à la faveur de l’évaporation des plantes en place, pour s’annuler en pratique au cours de l’été et se recharger à nouveau en automne.

"Au-delà du mois d’avril, l’eau de pluie se trouve essentiellement absorbée par les plantes"

La sécheresse peut se définir comme un épisode de manque d’eau, plus ou moins, long mais suffisant pour que les sols et la flore soient affectés. Ce phénomène peut être cyclique ou exceptionnel, et peut concerner une zone géographique plus ou moins vaste.

La définition de l’état de sécheresse n’est pourtant pas une notion absolue, elle varie selon les régions du monde et leurs ressources en eau. Lorsque ce manque se manifeste en hiver, il empêche le bon remplissage des nappes phréatiques (réserves d’eau), qui s’effectue à cette période de l’année. Car au-delà du mois d’avril, l’eau de pluie se trouve essentiellement absorbée par les plantes en pleine croissance, ou s’évapore du fait de la chaleur. La sécheresse peut également être accentuée par des températures élevées, notamment en été, qui provoquent un assèchement des sols et une évaporation plus importante de l’eau disponible.

On distingue par ailleurs trois types de sécheresse, qui correspondent à des situations distinctes :

La sécheresse météorologique ou atmosphérique, liée à une pénurie de précipitations pendant une période prolongée.
Lorsque ce manque de pluie a une incidence directe sur les cultures en cours de saison de végétation (au printemps et en été), on parle de sécheresse agricole. Cet impact plus ou moins marqué dépend de la nature du sol et de son degré d’humidité, mais également des pratiques culturales, du type de plantes concernées.

La sécheresse hydrologique se produit quant à elle quand les réserves en eau des sols et les cours d’eau descendent en dessous de la moyenne. Elle peut être la conséquence d’une sécheresse météorologique en automne et en hiver particulièrement longue et intense, mais aussi celle d’une surexploitation des ressources en eau.

Une sécheresse persistante peut présenter des conséquences multiples :

  • dans le cas d’une sécheresse agricole elle peut impacter les productions agricoles d’une région, favoriser les risques d’incendie de prairies ou de forêts,
  • dans le cas d’une sécheresse hydrologique, réduire la production hydroélectrique, limiter la navigation fluviale, et aussi perturber les approvisionnements en eau potable..

La sécheresse s’évalue directement à partir des données pluviométriques par comparaison avec les normales ou les moyennes ( en général trentenaires) sur la période de déficit considérée. Dans ce sens toute sécheresse est relative par rapport au climat moyen de la région concernée.

Elle est également relative par rapport aux besoins en eau et marque un écart entre la disponibilité et la demande en eau pour l’homme, son agriculture et ses différentes activités.


Conséquences des conditions climatiques sur l’agriculture : le Ministère de l’Agriculture mobilise ses services

12/04/2012

Le ministre en charge de l’Agriculture a présidé aujourd’hui une première réunion sur les conditions climatiques exceptionnelles de début 2012 avec les syndicats représentatifs (FNSEA, Jeunes Agriculteurs, Confédération Paysanne, Coordination Rurale), l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture, les services du Ministère de l’Agriculture et du Ministère de l’Environnement. (...)
 

Pour en savoir plus sur l’épisode de sécheresse du printemps 2011 :