Les antibiotiques sont aujourd’hui largement utilisés pour traiter les infections bactériennes, aussi bien en médecine humaine qu’en médecine vétérinaire. Mais si l’antibiotique détruit ou inhibe les souches sensibles, il permet paradoxalement aux bactéries plus résistantes de survivre et de se multiplier.
De plus en plus de souches de micro-organismes se montrent ainsi résistantes aux antibiotiques. Comment, dans ces conditions, traiter efficacement les infections chez l’animal ? Le plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire, lancé en novembre 2011 par le ministère en charge de l’agriculture et de l’alimentation, vise justement à réduire ce risque et préserver l’efficacité des antibiotiques.
Consulter le Plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire (PDF - 2.5 Mo)
Dans le domaine vétérinaire, plusieurs actions ont déjà été initiées par les pouvoirs publics pour surveiller l’évolution de l’antibiorésistance. Les professionnels ont également mené des actions pour promouvoir le bon usage des antibiotiques. Depuis 2006, l’utilisation en élevage des antibiotiques comme facteurs de croissance est interdite dans tous les pays de l’Union européenne. Et dès 1999, le ministère en charge de l’agriculture a financé la mise en place un suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques.
Les antibiotiques sont en effet des médicaments particuliers, à la fois limités en nombre et indispensables à la santé de l’homme et des animaux. Pour cette raison, leur utilisation doit désormais être pensée différemment, et il convient d’y avoir recours de façon plus prudente et plus ciblée que par le passé.
D’après les données collectées, le niveau d’exposition global des animaux aux antibiotiques a diminué, toutes familles d’antibiotiques confondues, de 12,1% entre 2007 et 2010. Bien que la tendance reste à confirmer, cette baisse traduit la prise en compte de ces préoccupations nouvelles par les acteurs professionnels et leurs efforts pour réduire le recours à ces molécules.
Pour autant, beaucoup reste à faire et le plan national présenté par le ministère en charge de l’agriculture le 17 novembre doit permettre de mobiliser de manière cohérente et soutenue l’ensemble des professionnels concernés.
L’objectif du plan d’action est double. Il vise d’une part à diminuer la contribution des antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire à la résistance bactérienne, et d’autre part à préserver sur le long terme les moyens thérapeutique, d’autant plus que la perspective de développement de nouveaux antibiotiques, en médecine vétérinaire, est réduite.
Les 40 mesures prévues se déclinent en 5 axes :
- Axe 1 : Promouvoir les bonnes pratiques et sensibiliser les acteurs aux risques liés à l’antibiorésistance et à la nécessité de préserver l’efficacité des antibiotiques
- Axe 2 : Développer les alternatives permettant d’éviter les recours aux antibiotiques
- Axe 3 : Renforcer l’encadrement et réduire les pratiques à risque
- Axe 4 : Conforter le dispositif de suivi de la consommation des antibiotiques, et de l’antibiorésistance
- Axe 5 : Promouvoir les approches européennes et les initiatives internationales
L’un des objectifs poursuivis est la réduction de 25% en 5 ans de l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire, en développant les alternatives permettant de préserver la santé animale tout en évitant de recourir à certaines molécules. Mais au-delà de l’aspect quantitatif, une prise de conscience est nécessaire pour que chacun évolue de manière coordonnée dans ses pratiques.
S’exprimant le 18 novembre 2011, à l’occasion de la Journée Anses sur l’antibiorésistance en santé animale, Pascale Briand, directrice générale de l’alimentation au ministère en charge de l’agriculture, a présenté le plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire.
Après avoir rappelé le « défi majeur » que représente l’émergence de résistances aux antibiotiques, Mme Briand a souligné la qualité des travaux du comité national de coordination pour un usage raisonné des antibiotiques en médecine vétérinaire, mis en place en novembre 2009. « Aboutissement d’une vaste réflexion collective », ce plan constitue « un véritable outil de gouvernance, assurant pilotage et coordination des actions à conduire. C’est notre feuille de route pour les 5 ans à venir », a-t-elle ajouté.
