Forêts tropicales : Publication du 3ème rapport du Groupe national sur les forêts tropicales : un nouveau souffle dans la gouvernance des forêts mondiales.
Le Groupe national sur les forêts tropicales (GNFT) publie à l’occasion de la conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio+20) son nouveau rapport intitulé « Forêts tropicales : point d’étape et nouveaux défis. Quelles orientations pour les acteurs français ? ».
Ce rapport, le troisième produit par le GNFT après ceux de 2003 et de 2006, fait suite à la conférence des acteurs français sur la forêt tropicale qui a eu lieu les 11 et 12 janvier 2012 à Paris. Élaboré de manière collaborative avec 300 experts représentant 120 organisations, il vise à faire le point sur les enjeux forestiers tropicaux entre acteurs français concernés – administrations, secteur privé, milieux scientifiques, associations – pour définir de nouvelles orientations face aux défis émergents, aussi bien en France d’outre-mer qu’avec les pays partenaires.
Le ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt est concerné au premier chef par la gestion et le devenir des forêts tropicales.
En effet, avec ses 8,3 millions d’hectares de forêts en Outre-mer, la France occupe le rang de premier pays forestier tropical de l’Union européenne. Ainsi, les questions qui se posent au niveau international sont très directement articulées avec la politique forestière française. La gestion durable et multifonctionnelle des forêts d’outre-mer est une responsabilité et un enjeu majeur pour le ministère, dans une volonté de production de bois, de services environnementaux et de protection de leur biodiversité exceptionnelle.
Au niveau mondial, les forêts tropicales jouent un rôle essentiel dans les grands équilibres écologiques, économiques et sociaux. Fort d’une expérience longue et diversifiée en gestion forestière tropicale et en aménagement du territoire, le ministère entend agir opérationnellement en faveur de la promotion de la gestion durable des écosystèmes forestiers tropicaux.
Enfin, la France occupe une place importante en matière d’exploitation, d’importation et de transformation de bois tropicaux. Le ministère appuie les démarches des acteurs du marché français du bois tropical en faveur de la gestion durable des forêts et du commerce responsable et légal du bois.
Le contenu du 3ème rapport du GNFT : quelles nouveautés ?
Dans une première partie, l’ouvrage rappelle le bilan de la situation des forêts tropicales et dresse les grandes lignes de l’intervention française. La déforestation, qui touche essentiellement les forêts tropicales, est en baisse (13 millions d’hectares par an dans les années 2000 contre 16 millions dans les années 1990), mais demeure très préoccupante. La dégradation des forêts tropicales est également une source d’inquiétude importante, notamment pour la biodiversité et le climat. Face à cette situation, la France reste très engagée en faveur des forêts tropicales et son niveau d’aide a considérablement augmenté ces dernières années. Le montant total des aides françaises engagées sur les forêts tropicales atteint ainsi plus de cent million d’euros par an (voies bilatérales, européennes et multilatérales confondues), avec une tendance à la hausse du fait du soutien au mécanisme de lutte contre la déforestation (REDD+) de la Convention climat.
Le rapport fait ensuite le point sur les enjeux émergents et sur les actions nécessaires.
Sept thèmes principaux sont approfondis : (i) la gestion durable des forêts de production ; (ii) les modèles de conservation et de restauration des forêts de protection ; (iii) l’essor des demandes énergétique, alimentaire et minière mondiale et leur impact sur la déforestation ; (iv) les problématiques de légalité et de durabilité dans le commerce du bois tropical ; (v) les investissements et le financement des externalités environnementales ; (vi) la gouvernance locale, nationale, régionale et mondiale ; (vii) la recherche et l’amélioration des connaissances.
Le GNFT rappelle ainsi les acquis en termes d’aménagement des forêts tropicales dédiées à la production de bois, tout en insistant sur la nécessité d’augmenter les bénéfices sociaux et environnementaux des concessions forestières aménagées, et d’encourager d’autres modèles. Il souligne également l’émergence de la restauration des écosystèmes forestiers dégradés comme un enjeu considérable et appelle à travailler sur la maîtrise de la demande, la certification des filières et la réduction des gaspillages de manière à limiter la pression sur les forêts tropicales générée par la demande alimentaire, énergétique et minière. Le rapport soutient la poursuite des efforts pour lutter contre l’exploitation illégale de bois et le commerce associé (plan d’action FLEGT de l’UE). Il considère par ailleurs que la création d’une agence spécialisée des Nations Unies sur l’environnement, soutenue par l’Union européenne et l’Union africaine à Rio+20, permettrait de donner un nouveau souffle à la gouvernance mondiale des forêts.
Les objectifs du groupe national de travail sur les forêts tropicales
Le groupe national sur les forêts tropicales (GNFT) est un organe consultatif informel dont l’objectif est de discuter de la doctrine et des orientations françaises sur les forêts tropicales. Créé en avril 2002 dans le sillage de la sixième Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique de La Haye, communément appelée « Sommet des forêts anciennes », ce groupe est piloté conjointement par les représentants des principaux ministères concernés (ministères en charge des affaires étrangères, de l’écologie, de la forêt et des Outre-mer). Les parties-prenantes à ce groupe sont des acteurs du secteur privé (filière bois, grande distribution, finance), des ONG écologistes et de développement, des représentants des consommateurs et d’élus, des administrations, des établissements publics et des organismes de recherche.
Sans jamais chercher à minimiser les problèmes identifiés et à masquer les sensibilités parfois différentes pour les traiter, les rapports du GNFT dessinent progressivement les contours d’une vision partagée des acteurs français agissant dans le domaine de la protection et du développement. Ils proposent des orientations politiques et stratégiques aux acteurs français et contribuent en particulier à réorienter graduellement les priorités et modes d’intervention du gouvernement français et des agences publiques, aussi bien en France d’outre-mer qu’au travers de la diplomatie des biens publics globaux et de l’aide bilatérale, européenne et multilatérale.




