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DossierForêt : un nouveau tourisme vert voit le jour

Opération forêt ouverte à Fontainebleau

27/04/2012

Les forêts domaniales d’Ile-de-France accueillent chaque année près de 100 millions de visiteurs. Un public qu’il faut orienter, renseigner, sécuriser… tout en préservant ces espaces naturels sensibles ! À travers l’axe 3 du Feader, l’Union européenne participe à la mise en valeur de ce patrimoine aux côtés de l’Agence des espaces verts, de l’ONF et des pouvoirs publics.


©Cheick.Saidou/Min.Agri.Fr

Petit à petit, les espèces de sous-bois reprennent leur place entre les racines d’arbres et les blocs de grès nouvellement installés. Il y a quelques semaines pourtant, ce sentier forestier était en pleins travaux. Nous sommes en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), à proximité du site très fréquenté de la Tour Denecourt. « Sur un terrain en pente et sableux comme celui-ci, le passage du public et la pluie accélèrent l’érosion », explique Muriel Gozal, chef du service accueil, biodiversité, cynégétique à l’Office national des forêts (ONF). Un escalier a donc été aménagé sur cette zone sensible pour sécuriser le passage des visiteurs et pour stabiliser le terrain. Mais pas n’importe quel escalier, le site est classé ! D’aspect très naturel, la structure en pierres sèches a demandé un lourd travail de terrassement, avant d’installer les blocs de grès de Fontainebleau dont certains pèsent plusieurs centaines de kilos.

Construction de rambardes de sécurité, élagage paysager ou de sûreté, entretien des allées et création de sentiers découverte, installation de panneaux de signalisation ou aménagement de pistes cyclables ou cavalières… Un grand nombre de travaux sont mis en œuvre chaque année dans les forêts domaniales d’Ile-de-France pour améliorer l’accueil du public. En 2005, le Fonds régional pour l’amélioration de l’accueil du public (Fraap) en forêt domaniale a été créé dans une logique de gestion durable des forêts conciliant l’accueil du public, la protection des milieux sensibles et la prise en compte des paysages. Ce dispositif est financé par le Conseil régional d’Ile-de-France, les collectivités, l’Office national des forêts (ONF) et le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). « En règle générale, les projets sont pris en charge à hauteur de 40% par l’agence des espaces verts (AEV) du Conseil régional d’Ile-de-France. Ces budgets sont abondés par 10% de crédits Feader au sein du Fraap, avec un plafond annuel de 100 000 euros. Le Conseil général concerné apporte ensuite 20 à 30% de la somme totale et les dépenses restantes sont réparties entre l’ONF et les communes participantes », précise Marc Fournier de la direction régionale et interdépartementale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Driaaf) d’Ile-de-France.

Liaison inter-forestière

Sur le terrain, c’est l’ONF qui conduit les projets. « Quand une intervention est nécessaire, les agents forestiers le signalent et nous étudions alors les modalités pratiques avant de soumettre un projet d’aménagement au comité de consultation du massif, constitué de tous les acteurs locaux, collectivités et utilisateurs de la forêt », explique Frédéric Blanc, chef de projet Forêt-Patrimoine. Le cas échéant, la Commission des sites classés peut également être consultée. C’est ainsi qu’entre Roissy-en-Brie et Ozoir-la-Ferrière, en Seine-et-Marne, un grand aménagement de liaison inter-forêts a été réalisé grâce à des crédits nationaux, régionaux, départementaux et municipaux, le tout avec l’appui du Feader.
Le projet a vu le jour dans les années 90 mais la première tranche de travaux ne s’est achevée qu’en 2008. Dans un premier temps, les pouvoirs publics ont acquis quelque 70 hectares de terres agricoles, qui ont ensuite été aménagés et boisés pour un budget global approchant le million d’euros.

L’objectif est toujours le même : mieux accueillir le public et mieux valoriser le patrimoine naturel. « Nous avons voulu recréer une continuité forestière en aménageant cette liaison entre les massifs de Notre-Dame et d’Armainvilliers (Seine-et-Marne), qui étaient séparés par une bande de terres agricoles. Cette réalisation est le fruit d’une volonté commune de tous les acteurs de ce territoire : les forestiers, les municipalités, les associations d’usagers et les écologistes », précise Muriel Gozal de l’ONF. Entre les deux zones boisées, les anciennes terres à céréales ont été plantées de quelque 25 000 plants d’arbres et arbustes d’essences fruitières et forestières, avec la création de prairies, de zones humides et de fossés sinueux pour favoriser la biodiversité et limiter les écoulements d’eau. À terme, ces aménagements offriront une transition douce entre les deux forêts, permettant le passage du public et de la faune sauvage tout en apportant un agrément paysager aux communes voisines. Un exemple parmi d’autres des réalisations auxquelles le Feader apporte son soutien pour améliorer la qualité de vie en zone rurale et périurbaine.