En 2009-2010, l’agriculture biologique concerne 3,5 % des exploitations françaises. Les exploitants bio pratiquent davantage la vente en circuit court, comme Susana Teixera et Richard Fatout, jeunes maraîchers bio dans le Morbihan. Leur installation a été facilitée par la mairie de Locmariaquer et le conservatoire national qui leur louent des terres. Une initiative novatrice de la part des collectivités territoriales.
Courbés en deux sous des serres où la chaleur est écrasante en ce mois de juillet, Susana Teixeira et Richard Fatout cueillent des tomates. Ces jeunes maraîchers se sont installés en février 2011 à Locmariaquer, une petite commune du Morbihan. Pour ce couple, le rêve d’agriculture biologique a pu devenir réalité grâce à la mairie et au Conservatoire du littoral qui leur ont loué respectivement 11 et 15 ha. Richard, 26 ans, avait entendu parler de ces terres agricoles proposées à la location lorsqu’il passait son brevet professionnel responsable d’exploitation agricole (Bepra). « Nous voulions nous installer mais nous n’avions pas l’apport suffisant. Nous avons rencontré le maire en juillet 2010 et à partir de là, tout est allé très vite », raconte Susana. Ils signent le bail, installent des serres, plantent une dizaine de variétés de légumes… Et depuis le printemps, ils récoltent et revendent leur production au marché local et au camping municipal. « Travailler la terre c’est valorisant », reconnaît Susana. Cette ancienne commerciale de 42 ans vit sa reconversion avec enthousiasme. « On a trouvé notre équilibre. Avec ce lieu de vie idéal, face à l’océan, on supporte mieux les contraintes comme le travail le week-end. Et je suis portugaise, du coup je supporte bien la chaleur sous les serres », s’amuse-t-elle.
Un territoire à appréhender
Susanna et Richard sont les seuls maraîchers de Locmariaquer. Depuis que le bail a été signé, début 2011, ils exploitent en agriculture biologique. La terre, non cultivée depuis 7 ans, se prête bien à la bio. Comme ils démarrent en bio, ces jeunes agriculteurs ont eu recours a quelques astuces : pour désherber les plantes invasives, un bouc fait l’affaire, pour polliniser, une ruche de bourdons se charge du travail… Le lycée horticole Saint-Jean-Brévelay dans le Morbihan apporte aussi son aide. « Ils nous ont montré les variétés de salades à planter pour faire du Mesclun, un mélange très prisé dans les restaurants du coin », précise l’agriculteur. D’ici la fin de l’année 2011, un bâtiment agricole va être construit par la commune. Le lieu servira pour la vente à la ferme. Des moutons brouteront également sur les terres du Conservatoire du littoral. « Nous ne voulons faire que du circuit court de manière à assurer la qualité de nos produits », souligne Richard. Dans l’intention de faciliter, jusqu’au bout, leur installation, la mairie leur loue un appartement dans le centre-ville. Un aménagement propice à la vie de la famille car leur petite fille ira bientôt à l’école de la commune. Contrairement à la plupart des agriculteurs, Richard et Susana ne se soucient pas de la transmission de leur exploitation car ils sont en location. « On donnera à nos enfants notre amour des plantes, affirment-ils. Pour le reste, on pense que cette terre doit rester cultivée longtemps, même si ce n’est plus nous qui la travaillerons. »
Pour en savoir plus, lire la publication d’Agreste : Exploitations agricoles en production bio.





