Depuis 15 ans, Retrouvance® permet aux marcheurs de découvrir les plus beaux massifs forestiers. Sept circuits sont proposés, dans le Limousin, en Ardèche, la Drôme, les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence ou encore en Ariège. Avec deux tiers du chiffre d’affaires qui revient au territoire, les circuits Retrouvance® participent à l’économie locale.
En route dans la vallée de la Roanne, en Drôme provençale....
Au pied du gîte forestier des Raux, dans la vallée de la Roanne, une route quasi déserte serpente entre les collines de la Drôme provençale. Debout depuis 6h, certains ont pu profiter du lever du soleil. Les autres ont quitté leur nid un peu plus tard, ils arrivent tout juste. Chaussures aux pieds, sac à dos et bâtons de marche…
Sous le regard attentif de Charly Camatte, forestier de l’ONF, les douze marcheurs du programme Retrouvance® se préparent à une nouvelle journée de randonnée. Avant le départ, c’est l’heure du ravitaillement. Chacun se sert de Picodon —le fromage de chèvre qui est l’une des spécialités locales— de salade de riz ou de lasagnes de légumes, de fruits en sirop, sans oublier le plus important, l’eau.
En route !
Déjà, la journée s’annonce chaude. Christophe, l’accompagnateur, ouvre la voie. Le groupe suit dans un esprit bon enfant. « Nous passons dans plein d’endroits où nous ne pourrions pas passer seuls », se réjouit Marcel. Chantal, Jean-Marie, Michelle, Annie et les deux Martine se connaissaient déjà. Membres d’une association de marcheurs à Beaune, en Bourgogne, les six compères ont fait le choix d’ouvrir leur groupe à d’autres personnes : « c’est notre état d’esprit, nous aimons rester ouverts et faire de nouvelles rencontres », précise Jean-Marie.
Arrive la première côte. Le silence s’installe. Chacun économise son énergie et ce n’est que le début. Les pins noirs d’Autriche défilent. Les grillons chantent. Comme un bruit de marée, le vent souffle. Il retourne les feuilles en leur donnant un aspect argenté. Agréable, ce brin de fraîcheur dans le cou. Les marcheurs font des sauts de puce. De temps en temps, Charly s’arrête pour pointer une orchidée, une pivoine ou un pin sylvestre. Ce versant de la montagne, il le connaît comme sa poche. Le paysage, quasiment lunaire il y a 150 ans, a bien changé. Le forestier évoque l’important travail de réhabilitation des terrains de montagne entrepris par l’ONF. Aujourd’hui encore, il s’efforce au quotidien d’éviter les risques dus à l’érosion.
Un sommet, ça se mérite !
Anne, tout en gardant son allure, explique « j’aime le principe du programme Retrouvance® qui contribue à revaloriser la forêt en faisant appel à des restaurateurs et d’autres commerces locaux ». Le sentier grimpe de plus en plus. Josette, avec son accent du soleil, vient de la région toulonnaise. À 67 ans, elle qui affirme « être au bout du rouleau » attaque les côtes avec la régularité d’un métronome, amusée de constater que “les jeunes” ont parfois des petits bobos aux pieds. Soudain, elle s’inquiète : « nos enfants sauront-ils apprécier comme nous de marcher à travers ces paysages ? » Chantal ferme la marche, à son rythme. Elle garde le cap. « C’est raide quand-même ! », s’exclame-t-elle. Arrivée au sommet du Serre Delègue, qui culmine à 1 482 mètres, elle peut enfin savourer. « Si j’avais su que c’était si dur, je ne serais peut-être pas venue. Mais là, je suis ravie ! » Devant ses yeux s’étend la vallée de la Roanne. Au loin, le Vercors transparaît à travers une légère brume bleutée. Elle s’allonge dans le champ de graminées, goûtant la fraîcheur du sommet.
Après l’effort...
Ce soir, les randonneurs reviendront peu avant 18h. Ils passeront la nuit dans des yourtes ou des gîtes forestiers réhabilités. « Il y a une bonne ambiance. Entre nous, c’est sans chichi », glisse Josette en souriant. Mais pas question de se laisser aller.
Après cette journée riche en émotions, les randonneurs prendront l’apéritif. Le moment idéal pour apprendre à se connaître. Ils tremperont les lèvres dans un verre de Clairette de Die, un vin pétillant local à base de Muscat. Et les langues se délieront. Puis, vaincus par la fatigue, nos douze randonneurs auront sans doute, dans leur sommeil, une pensée pour le papillon bleu qui ne voulait plus les quitter, les crêtes montagneuses et les sentiers bordés de fleurs. Quel lot de surprises attend encore les randonneurs ?
En savoir plus :
le site des circuits Retrouvance®




