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DossierLes agricultureS d’outre-mer

Les assises de l’outre-mer et le CIOM

20/10/2011

Le premier Conseil interministériel de l’outre-mer (CIOM) s’est réuni le 6 novembre 2009, initié par le président de la République. Ce conseil a fait suite aux États généraux de l’outre-mer, un ensemble de réunions où plus de 100 000 ultramarins ont pu exprimer leurs revendications et proposer des perspectives d’avenir pour leur territoire.

Une consultation sans précédent dont le but était de mettre fin à la crise qui a paralysé certains territoires d’outre-mer début 2009.

Le CIOM a retenu 137 propositions concrètes, avec trois axes d’action : permettre à l’outre-mer de vivre de sa propre production, défendre les intérêts des ultramarins en Europe et repenser les relations entre la métropole et l’outre-mer.

Dans un premier temps, le président de la République a lancé un plan en faveur du développement endogène des outre-mer qui comprend 10 mesures :

  1. permettre la diversification et le développement de filières agricoles puissantes
  2. préserver et mettre en valeur les espaces agricoles naturels ;
  3. renforcer le rôle des Chambres d’agriculture ;
  4. accentuer les transferts de technologies et l’innovation dans les outre-mer ;
  5. faire évoluer les approvisionnements des outre-mer au bénéfice de la production locale ;
  6. améliorer le financement des professionnels de l’agriculture et de la pêche ;
  7. développer et organiser la filière pêche ;
  8. donner à l’aquaculture les moyens de son développement ;
  9. valoriser la biodiversité ultramarine ;
  10. mettre en place un plan de rattrapage Mayotte 2015.

Le CIOM prévoit également que les services de l’État favorisent les regroupements des producteurs afin que le dialogue avec les distributeurs soit plus égalitaire.

© Xavier Remongin/min.agri.fr

Jean-Pierre Bastié, inspecteur général de l’agriculture, conseiller pour l’outre-mer au sein de la direction générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires, a été désigné rapporteur national dans le cadre des États-généraux de l’outremer, puis chargé en interministériel pour les ministères de l’agriculture et de l’outre-mer, de suivre et d’accompagner la mise en oeuvre des décisions du CIOM.

Par ailleurs, le CIOM a créé la fonction de commissaire au développement endogène. Directement placés sous l’autorité de Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l’outremer, les trois commissaires nommés en novembre 2010 vont s’attacher à développer les productions locales en structurant les filières et à favoriser l’insertion économique des territoires de l’outre-mer dans leur environnement régional.

Chaque territoire ultramarin sera également doté d’un institut technique agricole chargé d’accompagner les agriculteurs qui souhaitent s’engager dans la diversification.

L’État français consacrera 40 millions d’euros de plus par an en faveur du Posei France, le programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité des départements français d’outre-mer. L’office de développement de l’économie agricole d’outre-mer (Odeadom) est notamment chargé de la gestion des aides de ce programme. (Lire l’interview de la directrice de l’Odeadom, Isabelle Chmitelin).

Enfin, autre événement fort de cette année des outre-mer : en mars 2011, le territoire de Mayotte est devenu le 5e département d’outre-mer et le 101e département français.

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