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FocusLes abeilles, maillon essentiel de la biodiversité

Les abeilles, maillon essentiel de la biodiversité

02/06/2012

Les abeilles sont des acteurs de la biodiversité. Leur présence est non seulement indispensable à la production nationale de miel et d’autres produits de l’apiculture mais aussi à la pollinisation et donc à l’agriculture.
Les mortalités importantes d’abeilles enregistrées en divers points du globe et en France mobilisent la communauté scientifique, les professionnels et les pouvoirs publics.
Dans ce contexte, le ministère de l’agriculture et de l’agroalimentaire prévoit de mettre en place un plan global pour une apiculture durable. Un ensemble de mesures visant notamment à encourager les apiculteurs à augmenter le nombre de colonies sur le territoire français. Explications.

Quel rôle jouent les abeilles pour la biodiversité ?
Les abeilles sont un maillon essentiel de la biodiversité : elle permettent la pollinisation – le transport de grains de pollen permettant de féconder les plantes - de très nombreuses cultures et arbres fruitiers. En 2005, l’apport des insectes pollinisateurs dont l’abeille aux principales cultures mondiales est évalué à 153 milliards d’euros, soit 9,5 % de la production alimentaire mondiale.
Enfin, les abeilles sont indispensables à la production de miel et des autres produits de la ruche. L’agriculture française compte 800 000 ruches, réparties dans 12 000 exploitations en métropole, qui produisent 14 800 tonnes de miel. Dans les départements d’outre-mer, 490 exploitations pratiquent l’apiculture, avec 18 600 ruches pour une production annuelle de 230 tonnes de miel.

Pourquoi sont-elles menacées?
La mortalité élevée des abeilles et des pollinisateurs sauvages (bourdons, papillons) enregistrée en divers points du globe et en France mobilisent la communauté scientifique, les professionnels et les pouvoirs publics depuis plusieurs années.
Même si ce phénomène est identifié depuis 1947, il s’est généralisé à l’ensemble de la planète et s’est intensifié depuis une quinzaine d’années. Maladies (varroase, loque, nosémose), prédateurs (frelon asiatique), exposition aux pesticides, baisse des ressources alimentaires... Selon la communauté scientifique la surmortalité des abeilles et des pollinisateurs semble avoir plusieurs causes.
En France, un suivi des mortalités (surveillance passive) est mis en place chaque année afin d’analyser les accidents sanitaires qui surviennent dans les ruches. De plus, un réseau spécifique de surveillance active est en cours de développement sur six départements pilotes (Drôme, Bouches-du-Rhône, Cantal, Finistère, Haut-Rhin, Indre-et-Loire) avant son extension sur toute la France. Il permet de suivre l’évolution du cheptel des abeilles. Son objectif est d’estimer la prévalence des principales maladies des abeilles et des dépopulations/affaiblissements des colonies d’abeille. Sur ce dernier volet un protocole doit être testé dans un premier temps.
La question de la santé des abeilles n’est pas spécifique à la France. Au niveau communautaire, la Commission, le Conseil et le Parlement européen sont aussi mobilisés. Le laboratoire de Sophia Antipolis de l’Anses a été récemment mandaté comme laboratoire communautaire de référence.

Un plan global pour une apiculture durable
Confié à François Gerster, inspecteur général de la santé publique vétérinaire, un plan global pour une apiculture durable sera proposé au ministre de l’agriculture et de l’agroalimentaire en septembre 2012, avec des propositions concrètes établies en concertation avec la profession.
L’enjeu est de relancer le développement des cheptels, en limitant la mortalité, mais aussi en créant une filière d’élevage et de production d’essaims. Il s’agit tout à la fois de mettre en place des outils de sélection génétique et d’insémination artificielle, mais aussi de soutenir l’installation de nouveaux apiculteurs avec des formations dédiées, et de favoriser les bonnes pratiques apicoles et agricoles ainsi que de bonnes conditions environnementales, comme les jachères apicoles ou les prairies fleuries. Le programme apicole européen, dans le cadre du second pilier de la PAC, d’un montant de 5,5 millions d’euros, soutient notamment l’investissement pour la reconstitution de cheptels ou le développement des ruchers.

 
Video  : Un exemple d’action agricole au bénéfice des abeilles : les prairies fleuries.

Voir le Plan de développement durable de l’apiculture. Octobre 2012

Document : Pour télécharger Agreste Primeur ° 282 – mars 2012 « L’apiculture, une activité agricole de plus en plus professionnelle ».