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DossierLa Guyane

Les Hmong, du Laos à la Guyane

20/10/2011

Si la Guyane ne compte que 206 000 habitants, elle est toutefois composée de plus de 25 ethnies, avec leurs langues et leurs coutumes. Amérindiens, Brésiliens, Surinamiens, métropolitains ou descendants d’anciens colons, populations d’origine africaine, mais aussi Antillais, Haïtiens, et ethnies d’origine asiatique, parmi lesquelles les Hmong, qui représentent 1,5 % de la population.

© Xavier Remongin/min.agri.fr/Odeadom © Xavier Remongin/min.agri.fr/Odeadom

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L’histoire des Hmong est exceptionnelle à plus d’un titre, car il s’agit non d’une communauté installée en Guyane de longue date, mais d’un groupe de population arrivé en 1974, puis dans une seconde vague, en 1977. Fuyant le régime communiste du Laos, ils vivent alors dans les camps de réfugiés thaïlandais. Bénéficiaires du statut de réfugiés politiques octroyé par le Haut Commissariat des Nations-Unies, ils sont accueillis par plusieurs pays occidentaux, dont la France.

Les familles sont alors transférées vers la Guyane, où ils peuvent trouver des conditions de vie similaires à celles de leur pays d’origine. Les Hmong sont répartis dans quatre villages : Cacao, Javouhey, fondés par des religieux catholiques, ainsi que Roccocoua et Corossony. Au fil des ans, ils défrichent des centaines d’hectares, mettent en pratique leurs connaissances en agriculture et en maraîchage.

En dépit de sols pauvres, ingrats à travailler, les familles s’organisent et vendent leurs produits sur les marchés. Ils participent aussi à la soupe du dimanche sur Cacao et Javouhey, à la fête du ramboutan –fruit à la chair blanche et à la pelure duveteuse– où ils côtoient les autres communautés.

Aujourd’hui, les Hmong sont devenus les premiers producteurs de fruits et légumes de la Guyane en fournissant, chaque semaine, 60 tonnes de légumes au marché de Cayenne. La contribution de leur communauté à la vie économique guyanaise est essentielle.
Ils participent aussi aux organismes agricoles régionaux : Chambre d’agriculture, réseau Fredon... Afin d’améliorer les techniques de production, des actions de formation-professionalisation sont conduites sous maîtrise d’ouvrage du CFPPA de Matiti sur Cacao (à l’est), dans la suite logique du pôle d’excellence rurale piloté par le parc naturel régional.

C’est le cas également sur Javouhey (à l’ouest) où un projet est en cours, avec l’aide de la Daaf de Guyane, pour leur permettre de mieux répondre aux besoins de la restauration collective locale. Calibrage, conditionnement, transport, conservation, agro-transformation sont au cœur du projet.
En 35 ans, un impressionnant chemin parcouru…