Michel Sinoir, directeur de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de La Réunion, présente les missions des DAAF dans les régions et départements d’outremer.

Quel est le rôle des nouvelles directions de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt ?
Michel Sinoir : Les directions de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt mettent en œuvre dans les départements d’outre-mer l’ensemble des missions relevant du ministère chargé de l’agriculture, à l’exception de la pêche, confiée aux directions de la mer.
Créées depuis le 1er janvier 2011, elles sont les héritières des anciennes DAF et DSV. Seuls les agents de l’ex-DAF chargés de missions de police de l’eau et de la chasse ont été transférés aux DEAL, directions de l’environnement, de l’aménagement et du logement.
L’originalité de ces services adaptés spécifiquement pour les DOM tient à leurs missions : elles sont à la fois "départementales", comme la gestion des aides ou les contrôles sanitaires, et "régionales", comme la structuration des filières ou la politique alimentaire.
Comment les DAAF participent au développement endogène des départements et régions ultramarines souhaité par le Conseil interministériel de l’Outre-mer ?
L’agriculture et l’agroalimentaire contribuent fortement au développement local à partir des ressources propres de ces territoires lointains de la métropole, c’est-à-dire au développement endogène. En poids relatif, le nombre d’emplois dans les filières de production et de transformation agricole est plus important dans les DOM qu’en métropole.
Le Conseil interministériel de l’outre-mer a donné de nouveaux moyens financiers et réglementaires pour augmenter la part des produits locaux dans l’approvisionnement du marché local. Ce sont les DAAF qui mettent en œuvre sur le terrain les programmes spécifiques à l’outre-mer de la politique agricole commune, dont les crédits issus du CIOM, et qui contribuent à leur conception. Nos équipes sont en permanence au contact des producteurs, des transformateurs et des distributeurs pour faire passer le bon message.
L’originalité de la responsabilité des préfets et par délégation des DAAF outre-mer est la forte déconcentration et donc la forte capacité à l’adaptation locale permanente des instruments financiers disponibles. Le POSEI (programme spécifique à l’éloignement et à l’insularité) est élaboré selon une logique "du bas vers le haut", en lien étroit avec les administrations centrales et l’ODEADOM. Il constitue le premier pilier outre-mer et héberge depuis cette année la majeure partie des crédits du CIOM. Ainsi le programme DEFI est à l’origine une initiative locale.
Les plans de développement ruraux sont entièrement déconcentrés, et le préfet en est l’autorité de gestion dans chacun des DOM. Ils constituent le deuxième pilier de la PAC et le principal levier de modernisation des appareils de production en vue d’un développement agricole endogène.
Sans oublier les règles sanitaires appliquées par la DAAF de La Réunion, qui répondent aux mêmes standards européens qu’en métropole : le consommateur est donc assuré de la même sécurité sanitaire pour son alimentation, qu’elle soit issue de produits importés ou produite sur place.


