Mis en place à la suite du grenelle de l’Environnement, le plan Écophyto 2018 a pour objectif de réduire de 50 % l’usage des pesticides d’ici 2018, si possible. Ce plan vise notamment à réduire la dépendance des exploitations agricoles aux produits phytos tout en maintenant un niveau élevé de production agricole, en qualité comme en quantité. La déclinaison régionale de plan, sous le pilotage du Préfet, doit permettre de mobiliser les acteurs locaux et de prendre en compte les spécificités de chaque territoire.
En Martinique, les intempéries du mois d’avril ont retardé d’un mois le lancement de l’opération nationale Dephy Écophyto, le réseau de fermes pilotes du plan Écophyto 2018. Un groupe de 10 exploitations, qui font toutes de l’ananas, a été sélectionné. « Nous avons remis à chaque agriculteur un registre phyto à compléter. Avec l’ingénieur réseau, nous avons rencontré à plusieurs reprises ces agriculteurs pour voir comment ils utilisent cet outil d’enregistrement de données. Ces exploitants avaient déjà la volonté de réduire l’usage des produits et cherchaient à entrer dans une dynamique de groupe. Mais nous devons nous assurer qu’ils ne rencontrent pas trop de difficultés, que cet outil est bien adapté à la réalité du terrain, explique Hélène Marie-Nely, animatrice du plan Écophyto de la Chambre d’agriculture. Jusque-là, les agriculteurs notaient leurs pratiques dans des carnets papiers. Si le nouvel outil est fastidieux, ils peuvent se décourager et nous manquerons de données ! »
Dans un premier temps, la Chambre d’agriculture souhaite constituer une base sur les pratiques existantes pour voir comment les améliorer. À moyen terme, l’objectif est de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires. La surveillance biologique du territoire est réalisée en Martinique à partir d’un réseau d’observateurs des filières banane, canne, ananas et diversification, structuré sous l’égide de la Chambre. Le résultat des observations est publié dans le Bulletin de santé du végétal, diffusé sur les sites Internet de la fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) et de la Chambre d’agriculture, et diffusé sur papier à l’ensemble de la profession agricole. Quatre centres de formation professionnelle participent à l’opération Certiphyto.
« Fin juillet, nous avons formé environ 100 personnes : beaucoup de maraîchers, qui sont intéressés par le réseau de fermes de démonstration, mais aussi des conseillers, techniciens, vendeurs et professionnels hors du secteur agricole comme les agents des collectivités locales. Les personnes passent un test qui permet d’évaluer leur besoin de formation. À l’issue de la formation —différents modules sont prévus— un Certiphyto est délivré par FranceAgriMer. » À terme, le certificat sera obligatoire pour pouvoir acheter des produits phytos professionnels.
Comment éliminer les déchets phytosanitaires ?
Le plan Écophyto 2018, c’est aussi des mesures pour mieux organiser la gestion des déchets de produits phytopharmaceutiques, comme
les emballages vides et les produits non utilisés. Dans les département d’outre-mer, les partenaires se mobilisent pour organiser et financer un système local de collecte et d’élimination des produits phytosanitaires non utilisables (PPNU). En 2010, le ministère de l’outre-mer a investi 200 000 euros en Martinique, à la Réunion et en Guadeloupe pour cette opération. En Martinique, une campagne de collecte a été organisée du 15 au 24 juin sur cinq sites ponctuels. Ces PPNU ont ensuite été envoyés dans un centre de traitement en métropole. Le plan Écophyto 2018 a pour objectif de mettre en place un dispositif pérenne de collecte et de traitement des déchets de produits phytos. Une étude de dimensionnement sera ainsi lancée dès 2012.

